‹ Égypte ancienneChapitre 26 sur 53 · J2G LU N · texte numérisé non relu

J2G LU N

le sujet de la proposition, et signifie : je, le dieu Chons; le signe au-dessus est phonétique, et se lit il ou éiti, qui signifie donne, accorde.

Le deuxième groupe est également nhonétique , et se Vit sche-m (ou schenem), qui signifie alla'.

Dans le troisième groupe le pronom est exprimé phonétiquement, et il est suivi de la figure d'un roi; ce groupe se lit pephhont. sa majesté.

Le signe isole qui suit, le 4", est la lettre L, article au.

Le groupe d'après , n° 5, est terminé, à gauche, par deux signes qui avertissent que les quatre qui les précèdent forment le nom d'un pays : ces quatre signes sont en effet les lettres des sons fif schi t, n, et se lisent Baschten.

Le signe n° 6 est le même que le quatrième, et il a ici le sens du mot jwur.

Le groupe suivant est phonétique, et se lit no hem, avec le sens de délivrer.

Le groupe n° 8, tout phonétique, se compose des lettres T. S.; la première est I article féminin, et la deuxième, le signe S , l'abréviation de Si, fils , et ici fille, comme l'exige l'article féminin.

Le signe suivant est la tettreW, qui se prononce an, et qui est notre article ife dans la langue égyptienne.

L'homme debout avec une canne à la main est le signe figuratif de l'idée chef.

Le signe N est déjà expliqué, de; ainsi que le groupe final qui est le même que le cinquième de notre texte.

Cette inscription se lit donc mot à mot ; Je, dieu Chons, accorde aller Sa Majesté au pays de Baschtanpour délivrer la filte au chef du pays de Baschtan; c'est-à-dire : « Je consens à ce que Sa Majesté (le roi d'Égypte) se rende dans le pays de Baschtan , pour délivrer (ou pour épouser) la fille a"u chef de Baschtan , » et c'est le dieu Chons qui parle ainsi dans le texte (ligne 15*) d'une stèle historique qui existe dans les ruines du sud-est de Karnak , à Thèbes , stèle copiée par Cliampollion le jeune , et dont la traduction existe dans ses notes.

Tel rut l'état de l'écriture sacrée en

VERS

Egypte pendant une longue succession de règnes et d'événements , qui n'apportèrent , dans cet État , aucune variation notable. Ce n'est pas cependant que l'Égypte ignorât l'existence des langues et des systèmes d'écriture particuliers à d'autres peuples , et qui différaient entièrement de ceux qu'elle avait adoptés : et quoiqu'il ne nous soit pas donné de connaître complètement les usages , en ces graves matières , des nations civilisées contemporaines de la haute splendeur de l'Égypte, quelques faits avérés suffisent toutefois pour nous démontrer ces différences. Le patriarche Joseph ne parla d'abord à ses frères que par le secours d'un interprète qui connaissait à la fois la langue de Jacob et celle des Égyptiens. La variété des écritures devait être connue aussi bien que la variété des idiomes; deux papyrus écrits en phénicien ont été trouvés parmi des papvrus égyptiens dans un tombeau de la Thébaîde ; et l'on n'a pas appris que les invasions éthiopiennes aient, à cet égard , rien introduit de nouveau en Egypte. Sous les Perses , l'écriture et la langue des monuments et celles des contrats particuliers forent les mêmes que du temps des pharaons; les Perses y laissèrent cependant quelques traces d'écriture en caractères cunéiformes. Durant la domination des Grecs , les usages égyptiens ne subirent en ce point aucune modification , la langue égyptienne pour la population indigène , la langue grecque pour les Grecs ; l'écriture hiéroglyphique pour les monuments, récriture hiératique pour les choses sacrées; la démotiqiif pour les contrats, et pour ceux-ci une antigraphie ou seconde expédition en langue grecque ( la langue du gouvernement) , et avec ces deux circonstances assez remarquables, savoir : 1° que ces contrats étaient soumis au droit d'enregistrement, et que l'enregistrement était inscrit en langue grecque sur le contrat conçu en langue égyptienne; 2* que, devant les tribunaux', le contrat en langue égyptienne avait seul de l'authenticité, même à l'égard des nationaux grecs. On devine aisément con>

ÉGYPTE

bien de tels usages durent contribuer à étendre réciproquement parmi les deux populations la connaissance simultanée des deux langues. Le décret connu sous le nom de pierre Rosette, fut à la fois rédigé en égyptien et en grec , et publié en écriture hiéroglyphique , en écriture démotique , et en écriture grecque.

Durant ia nomination romaine , les anciens usages égyptiens furent conservés ; la langue grecque continua d'être celle du gouvernement ; les inscriptions des monuments publics furent tracées en caractères hiéroglyphiques ; les contrats particuliers continuèrent d'être écrits en caractères démotiques, parmi les Égyptiens. Il nous est parvenu de modestes stèles funéraires, où cette écriture populaire se retrouve encore; et ces vieilles institutions de l'Égypte devaient durer jusqu'au temps marqué

5our la fin des anciennes croyances ans l'ancien monde, et pour la substitution du christianisme à toutes les philosophies antérieures qui semblèrent se prêter , presque sans combat , à voir se résumer en une doctrine nouvelle et dominante , tout ce qu'il y avait eu en elles-mêmes de vrai , de bon et d'utile.

C'est en effet à l'établissement du christianisme parmi les Égyptiens, qu'on rapporte généralement la substitution de l'alphabet copte aux anciennes écritures égyptiennes : opération aussi simple dans son action, que

{nrofonde et efficace dans ses effets; car a langue égyptienne , écrite jusque-là au moyen des caractères hiéroglyphiques , hiératiques ou démotiques , fort nombreux , et d'expressions diverses , soit figurative , soit idéographique ou alphabétique , et représentant les uns les idées mêmes , les autres les mots signes des idées, ne fut plus écrite qu'avec une série de trente et un signes, d'une expression identique, tous représentant alphabétiquement les voix et les articulations propres à composer les syllabes et les mots de la langue parlée , et de ces trente et un signes , vingt-quatre sont ceux mêmes qui composent l'alphabet grec, et les sept autres

sont autant de signes de l'ancien alphabet démotique égyptien, introduitsdans le nouveau pour exprimer les sons propres à la langue égyptienne qui , inconnus dans la Tangue des Grecs . ne pouvaient pas se trouver dans leur alphabet. Tel est l'alphabet copte qui fut substitué aux anciennes écritures égyptiennes pour écrire la langue égyptienne, opération semblable à celle qui aurait aujourd'hui pour objet d'écrire la langue française avec les caractères grecs ou tous autres : ce seraient d'autres signes alphabétiques , mais ce serait toujours la même langue française.

L'époque et la cause de la substitution de ce nouvel alphabet à l'ancien , sont généralement rapportées, à l'introduction du christianisme en Égypte ; il serait plus exact de dire que ce fut à son influence, dès qu'il fut devenu dominant. C'est l'évangélistesaint Marc qui est considéré comme l'apôtre de rÉglise d'Alexandrie, que saint Pierre aurait désigné à cet eftet , et qui y seraitvnort vers le temps de Néron. Cette première époque du christianisme en Égypte fut sans influence sur les anciennes institutions nationales ; le temps seul pouvait les oblitérer insensiblement ; et nous trouvons , en effet, jusqu'en l'an 211 , les monuments publics ornés des tableaux et de l'écriture de l'ancienne religion. Les noms de Caracalla et de Géta sont inscrits sur ces tableaux.

A cette même époque, un Démétrius , le onzième successeur de saint Marc, était pourvu de 1 évéché d'Alexandrie ; vint ensuite Dioclétien, qui traita les chrétiens de telle sorte, que l'ère de son règne fut pour eux 1 ère des martyrs ; et ce n'est pas dans de telles circonstances que l'Eglise chrétienne pouvait être dans la nécessité de faire écrire sa liturgie dans une écriture

Es expéditive que ne l'était l'écriture ptienne démotique. C'est de cette me écriture que la généralité des savants pense que les soldats de Gordien se servirent dans l'inscription en plusieurs langues dont ils firent décorer le tombeau de cet empereur; cir-

L'UNIVERS

constance qui date aussi du troisième siècle , et qui , soit dit en passant , infirme hautement l'opinion des critiques qui , tels que Lacrozé et le P. Georgi , font remonter l'usage de l'alphabet copte jusqu'au règne du Pharaon Psammetichus ; ou bien tels que le P. Bonjour, D. Montfaucon, Jablonski , Valperga et Schow, oui le rapportent aux règnes d'Alexandre ou des Ptolémées, ou plus généralement à un temps antérieur à l'ère chrétienne.

Mais le docte Zoéga, malgré tant d'autorités contraires , n'a pas hésité à déclarer que l'alphabet copte ne lui paraissait pas avoir été adopté, au plus tôt, avant le troisième siècle de l'ère chrétienne. Ajoutons que, dans l'île de Phitoe, on adorait encore Isis et Osiris dans la seconde moitié du sixième siècle chrétien. Enfin , il reste assez d'incertitudes , dans l'esprit des meilleurs critiques , sur l'époque de la version copte de TAnoien et du Nouveau Testament , pour qu'on ne puisse tirer, de ces opinions diverses, aucunejlonnée précise, et utile à la question présenté. Le savant Michaelis a résumé toutes ces opinions, dont les unes tendent à démontrer des rapports patents entre la version copte et la version latine, et dont les autres la trouvent plus conforme au grec des Septante; et il existe peu de manuscrits coptes 'de ces textes sacrés, dans les divers dialectes coptes , qui paraissent antérieurs au septième siècle: les plus anciens sont écrits sur papyrus; les antres sur peau de gazelle, sur vélin , ou sur papier. On connaît aussi en langue et en caractères coptes, et des inscriptions funéraires, et un assez grand nombre de lettres missives écrites sur des fragments de poterie recueillis dans les ruines des anciennes villes égyptiennes ; mais bien peu de ces débris portent des dates; et la plus ancienne qu'on y ait retrouvée jusqu'ici est de l an 045 de l'ère chrétienne. 11 est remarquable toutefois que cette inscription copte chrétienne porte une double date , dont l'une est tirée de l'ère de Dioctétien ou des martyrs, et l'autre de l'ère de Mahomet ou deVhêgire,

{Van de Dioctétien CG2, et du Sarrasin 334 ) ; il est vrai aussi qu'à l'époque de cette inscription, déposée sur la tombe d'une chrétienne, les Arabes gouvernaient l'Égypte depuis trois siècles révolus. Les Coptes conservèrent leur alphabet longtemps encore après , comme le prouvent des manuscrits coptes qui ne sont pas antérieurs au seizième siècle de notre ère , époque qui fut , comme nous l'avons déjà dit , celle où la littérature copte jeta ses dernières lueurs, ét qui vit finir, sans espoir de retour, la langue et tous les systèmes d'écriture successivement usités en Égyptc, dont nous avons essayé de donner ici une idée sans doute trop sommaire ; mais nous avions aussi quelques mots à dire sur d'autres institutions de l'Égypte des pharaons.

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