‹ Égypte ancienneChapitre 43 sur 53 · IC · texte numérisé non relu

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L'UNIVERS

de bronze, qui portaient le nom et l image de la reine ; et cela fut fait dans la 33e année du règne de Philadelphc . inscrite sur une de ces monnaies.

Plusieurs autres établissements utiles fondés par Philadelphe recommandent son nom à la mémoire et à la reconnaissance des savants.

Philadelphe régna 38 ans , et mourut vers la fin de Tété de Tan 247 avant l'ère vulgaire.

L'éclat du règne de Ptolémée Philadelphe répondit à sa longue durée , et fut digne de son illustre origine. Il forme une des époques les plus mémorables dans l'histoire de la philosophie. Alexandrie , a-t-on dit, grande, riche et puissante , devint la cité des Grecs de toutes les régions , le centre du commerce des trois mondes , l'asile commun des lettres et des arts. Le poète Tliéocrite , l'un des ornements de la littérature grecque, composa un hymne en l'honneur de Ptolémée Philadelphe. Il y célèbre à la fois la gloire de son père Ptolémée Soter, les grâces et la beauté de sa mère Bérénice, enfin les suprêmes mérites de son héros Ptolémée Philadelphe , qu'il égale aux dieux. Le poète s'exprime dans le style le plus noble ; il proclame Philadelphe illustre à la fois dans la paix et dans la guerre , par sa magnificence envers les dieux auxquels il élève des temples ornés de statues d'or et d'ivoire; par sa générosité envers les poètes et les artistes qu'il attira auprès de lui ; enfin par sa piété envers son père et sa mère , auxquels il consacra des temples , des autels et des prêtres. Les prospérités inouïes de l'Egypte sont décrites dans ce poème avec un poétique enthousiasme; le nombre des villes qui la couvrent y est porté à 33,839 : enfin , indépendamment de l'Egypte , la Libye , l'Éthiopie, la Syrie, la Phénicie, Chypre et les Cyclades , la Lycie , la Carie et la Pamnhylie , sont rangées sous le sceptre de Philadelphe. Ce roi étudia l'histoire naturelle et la botanique. Il fit amener à Alexandrie les animaux rares des pays étrangers ; il les y envoyait cher-

cher à grands frais, et il en ornait ou ses jardins ou ses musées. Il vit que le goût de la poésie dramatique s affaiblissait , et il institua les /eux d' Apollon pour le ranimer. Enfin l'école d'Alexandrie prit son essor par l'association , dans un but de progrès, sous la protection royale , des savants les plus distingués qui étaient allés se fixer dans cette nouvelle capitale de l'empire égyptien ; c'est sur le sol égyptien que se formèrent les nouveaux disciples de Platon , d' Aristote , de Zenon et de Pythagore : les écoles des géomètres , des astronomes et des géographes y luttaient d'une heureuse rivalité avec celles des philosophes.

Les preuves de la munificence de Ptolémée Philadelphe subsistent encore sur les monuments de l'Egypte.

Ce roi fit construire le grand temple d'Isis à Philœ, et en commença à faire exécuter les sculptures. C'est là qu'on a trouvé les preuves d'une coutume égyptienne, qui consistait à donner au aieu du temple les traits de la figure du roi qui le faisait bâtir. Sur celui de Philœ , la déesse Isis est le portrait de la reine Arsinoé , femme de Philadelphe. Le même prince fonda le petit temple du sud , dans la même tte.

consacré à la déesse Athôr, et en fit construire le sanctuaire et les salles adjacentes. Le nom de la reine Arsinoé est associé à celui du roi dans les nombreuses inscriptions de ces éd i fices On les voit aussi inscrits sur l'édifio d'Edfou, où ils ne sont qu'une pieuse commémoration par leur troisième successeur Épiphane. Parmi les autre> monuments contemporains du règr>' de Philadelphe , il faut citer une belle statue colossale de ce roi, en granit rose , qui se voit au musée du Capitole , dans le cortile dei ConserwUori, où Champollion le jeune l'a , le premier, indiquée. Une autre statue se voit à la P'iUa Albani, et les inscriptions contiennent le prénom royal et Je nom propre du roi. Du reste, les noms de Ptolémée Philadelphe , des deux Arsinoé ses deux femmes , ne sont pas trèsrares sur les monuments égyptieus:

une inscription du musée du Louvre

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mentionne une des reines; et quant aux monuments d'origine grecque, outre les belles médailles en or de ces princesses, qu'il est facile de discerner Tune de l'autre par les traits <le leur visage, on peut rappeler que Stratonice, fille de Démétrius, roi de Macédoine, consacra une statue à la reine Arsinoé, fille de Soter et de Bérénice , sœur et femme de Philadelphe : une inscription du musée de Naples nous apprend cette curieuse particularité historique ; mais on ignore quel motif porta Stratonice à cet hommage envers Arsinoé. Les médailles de Ptolémée Philadelphe et des deux Arsinoé , particulièrement celles qui sont frappées en or, sont remarquables par leur style et leur belle exécution : on n'y a observé jusqu'ici aucune trace des symboles religieux particuliers au culte égyptien.

C'est au règne de Philadelphe qu'appartient un des événements mémorables de l'histoire des contrées méridionales voisines de l' Egypte. Diodore do Sicile rapporte, parmi les singulières coutumes des Éthiopiens, celle-ci; le collège des prêtres, séant à Méroé, envoyait, quand il le jugeait à propos, au roi régnant l'ordre de quitter le tr<me et de se donner la mort. Cet ordre émanait des dieux , et nul morte] n'avait le droit de s'y soustraire.

Du temps, de Ptolémée Philadelphe, l'Éthiopie ne dépendait plus de l'Égypte; nous avons avancé qu'elle s'en était séparée très -vraisemblablement dès l'avènement des Perses ; et il parait que l'Éthiopie avait repris son ancienne forme de gouvernement tout théocratique. Le roi contemporain de Philadelphe se nommait Ergamène : il se ressouvint peut-être de l'exemple donné en Égypte par Ménès; et, au lieu d'obéir a l'ordre des prêtres qui lui demandaient le trône et la vie, il se mit à la tête de ses troupes , marcha contre le Temple d'or, situé sur une hauteur presque inaccessible , s'en empara , fit mettre à mort tous les prêtres , et établit par son triomphe le gouvernement civil qui dura quelque temps après lui en Ethiopie.

27e Livraison. (Egypte.)

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