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ne dédaigna pas ce genre de gloire ou cette suprême satisfaction delà vanité humaine, bien rare dans les temps modernes, excepté, parfois, dans les contrées barbares nouvellement conquises à la civilisation. L'état de TOrïent fut, par ses richesses, plus favorable aux rois oui héritèrent des souverainetés fondées par le courage et le génie de Séleucus et de Ptolémee.
Le cinquième des princes de ce nom qui parvinrent au trône, fut surnommé Êpiphane - Euckariste ; il laissa en mourant, avec la reine Cleo pâtre sa veuve, deux fils et une fille, tous les trois en bas âge. Le premier-né lui succéda , et fut surnommé Philométor, surnom qui prouverait qu'il eut pour sa mèie une bien vive tendresse.
Le règne de Philométor, quoique l'un de ceux qui eurent une plus longue durée, n'offre cependant qu'un petit nombre de faits historiques d'une époque certaine. A peine âgé de cinq ans lorsqu'il parvint à la couronne a titre de premier-né des deux fils d'Épiphane , son père et son prédécesseur, comme lui Philométor resta, pendant ses premières années , sous la protection d'une régence qui fut moins orageuse que celle d'Épi phane, parce qu'elle ne cessa d'être immédiatement dirigée par la sagesse de Cléopâtre, mère du jeune roi d'Égypte.
Cependant Séleucus, qui avait hérité du vif désir d'Antiochus son père de posséder la Syrie, et gui ne se contentait pas de la moitié des revenus qu'il s'était réservée, faisait, pour reconquérir cette province sur les enfants de sa sœur, des préparatifs qui alarmèrent l'Égypte. Ce dut être dans cette circonstance que les ministres du jeune roi réclamèrent la protection de Rome ; le sénat ne la refusa point , et il députa , pour cet effet , Marcus vEmilius Lepidus, qui connaissait la cour d'Alexandrie où déjà il avait été envoyé pendant la minorité même d'Épiphane , père de Philométor; et ce fut a cause de cette mission que M. Mm\~ lius fit inscrire sur un denier de sa famille le titre de tuteur du roi (TVTOR RKG). Ce Romain était tribun mili-
28' Livraison. (Égtpte.)
taire à la bataille de Magnésie; Séleucus, gui attaquait Philométor, trouvait ainsi dans iEmilius le vainqueur de son père : cette circonstance put être un des motifs qui contribuèrent à fixer sur M. jEmilius le choix du sénat.
Séleucus fut surpris par la mort au milieu de ses projets : il cessa de vivre la 7* année du règne de Philométor; Antiochus Epiphane Jui succéda et occupa aussitôt une portion de la Célé- Syrie.
Peu de temps après, Cléopâtre, mère de l'enfant roi d'Égypte, mourut aussi , et ce fut à l'eunuque Eulaïus et à Leneus que sa tutelle fut confiée.
Les menaces d'Antiochus contre l'É gvpte devenaient chaque jour plus sé rieuses , méprisant la jeunesse du rov et l'inertie de ses tuteurs. Néanmoins, le roi de Syrie fit donner au sénat de Rome des explications à ce sujet»
tandis aue les tuteurs de Ptolémée pen* saient à reprendre la Célé-Syrie. Selon le rapport de Tite-Live , cela se passait sous le consulat de Publius Licinius Crassus et C. Cassius Longinus , nommés au mois de mai de l'an 171 avant 1ère vulgaire, et en même temps Ptolémée , qui avait atteint sa majorité , était alors couronné» Il fit frapper des monnaies à son nom l'année même où sa minorité cessa , la 14e de son âge , et la 9e de son règne, qui est en effet marquée sur les monnaies qu'on lui attribue , et qui répond aux premiers mois de l'an 172 avant l'ère chrétienne.
Les tuteurs du jeune roi ne furent pas doués de la sagesse de sa mère Cléopâtre à laquelle ils succédaient. Ils allèrent attaquer Antiochus dans la Syrie , acceptèrent une bataille qui se livra entre Péluse et le mont Casius , et dont le résultat fut la défaite totale de l'année égyptienne , défaite qui mit le jeune roi entre les mains d'Antiochus , lui ouvrit les portes de Memphis , de la plupart des villes de l'Égypte, et même de Péluse : son humanité à l'égard des vaincus lui en facilita la conquête.
L U NI VERS
Cette catastrophe arriva la 11e année tlu règne de Philométor. Il paraît , diaprés Porphyre, que les Alexandrins, aussitôt qu'Antiochus fut le maître de Memphis , où il retenait le jeune Philométor âgé de 16 ans seulement , placèrent sur le trône son frère Évergète afin de prévenir les incertitudes d'un interrègne ; que cette substitution de roi dura, pendant les années 11 à 15 du règne de Philométor; qu'à cette époque Antiochus, ayant renoncé à l'occupation de l'Égypte , Philométor revint à Alexandrie, et consentit à partager le trône avec son frère dont la présence avait certainement contribué a le conserver ; qu'ils régnèrent ainsi jusqu'à la 17* année comptée toujours de I époque de Philométor ; et que , par l'intervention des Romains, Évergète cessant de partager le trône , il accepta le gouvernement de la Libye , après quoi Philométor régna 18 ans encore, qui portent la totalité de son règne à 35 ans.
Saint Jérôme aioute qu'Antiochus , maître de Memphis, traita le jeune Ptoléinée Philométor avec beaucoup d'égards ; et , sous le prétexte spécieux de le rétablir dans ses droits, mais avec l'intention réelle de s'emparer du trône d'Égypte, il en occupa militairement les villes les plus importantes.
Ayant cependant éprouvé beaucoup de résistance , et même des échecs , il fit un traité avec le jeune roi , repassa en Syrie , et , deux ans après, il revint assiéger les deux fils d'Épiphane, Philométor et Évergète II , dans Alexandrie , jusqu'à ce que les envoyés de Home qui arrivèrent dans ces conjonctures l'obligèrent à rentrer dans ses Etats.
Tite-Live dit aussi qu'Antiochus ayant tenté mais sans succès de prendre Alexaudrie , il laissa Philométor à Memphis, lui promettant son assistance pour le replacer sur le trône qu'Évergète occupait à Alexandrie. Il espérait sans doute que les deux frères en venant aux mains , il lui serait plus facile de soumettre le vainqueur ; il se retira donc en Svrie, laissant néanmoins une garnison à Péluse. Mais
Philométor se réunit à Évergète; An tiochus , que cette réunion aurait dû satisfaire s'il avait sincèrement désire replacer Philométor sur le trône de ses aïeux , en fut péniblement affecté , et fit contre les deux frères des préparatifs plus formidables que ceux de la précédente guerre. Il envoya une flotte contre Chypre , et, dès les premier; jours du printemps , il se mit lui-mêint a la tête de son armée, marcha conte l'Egypte, traversa la Célé-Syrie, arriva à Péluse par terre et par mer , et »
dirigea par les plus courts chemins sur Alexandrie. Parvenu à quatre milh de cette ville il rencontra C. Popîlius; et eet envoyé lui montra , en traçant son cercle, comment le sénat de Rônv notifiait ses ordres à un puissant monarque qui Ti'eut à répondre que ce pe de mots : Je ferai ce qui plaît an sénat. Antiochus quitta l'Égypte dans un très-court délai , à compter du joui même de cette conférence.
Il résulte de tous ces témoignages réunis , que ce fut la onzième année de son règne que Philométor fut privé de la couronne par les conquêtes a'Antio chus ; qu'en son absence son frère Évergète fut placé sur le trône par le* Alexandrins, et qu'il l'occupa pendant
3uatre années; qu'il envoya demander es secours à Home ; que , dans cet intervalle , Evergète essaya vainemei ; de traiter avec Antiochus qui refusa de lui reconnaître le droit de faire h paix , et vint l'assiéger dans Alexandrie même; que, rappelé en Syrie par de< événements imprévus, il laissa Philométor à Memphis, Evergète dam Alexandrie, espérant que les dem frères se feraient la guerre ; que ledeux frères se réunirent , occupèreni ensemble le trône pendant deux années et qu'alors, dans la 17e du règne d? Philométor, Antiochus venant de noir veau attaquer l'Égypte et assiéger Alexandrie, C. Popihus l'obligea, au nom du sénat, à retourner dans ses propres États.
Ce fut donc C. Popilius qui vint délivrer l'Égypte des armées et de la présence d' Antiochus , régla aussi les différends qui s'étaient élevés eotre
ÉGYPTE
les deux frères rois , et les jugea selon ce qui était prescrit par les lois du royaume. En conséquence , Philométor resta seul possesseur de la couronne ; Évergète reçut le gouvernement de la Libye et de la Cyrenaïque , où les Romains , peu de temps après , l'obligèrent de rester.
A peine Antiochus fut-il de retour dans ses États qu'il y mourut , et la même année de sa malheureuse expédition contre les lils de sa sœur, année qui fut, comme le dit Porphyre, la onzième et la dernière de son règne. Ses ambassadeurs étaient allés à Rome pour déclarer au sénat combien l'arrangement dicté par Popilius lui était agréable: ceux de Ptolémée témoignaient en même temps sa gratitude envers Le sénat et le peuple romain , et ils exprimaient sans doute des sentiments plus vrais que ceux que montrait Antiochus.
En attendant, la discorde renaissait entre Évergete et Philométor. Le premier, peu satisfait de la décision qui le faisait descendre du trône pour le rendre à Philométor seul, et lui donnait pour apanage la Cyrénaïque avec la Libye , se rendit à Rome pour demander qu'elle fut réformée par le sénat. Il était à pied; il fut reconnu en arrivant par Démétrius , Ois de Séleucus , qui lui offrit les moyens d'entrer à Rome, et d'y vivre d'une manière plus convenable à son rang et à sa naissance.
Évergète réclamait auprès du sénat contre le partage qui avait été fait par C. Popilius entre son frère et lui ; il exposait qu'il ne lui suflisait pas de la Libye et de la Cyrénaïque , et que File de Chypre devait être ajoutée à son apanage. Le sénat y consentit; mais Philométor refusa d'exécuter sa décision , et des envoyés de Rome partirent aûn de mettre Évergète en possession de Chypre. Le sénat avait voulu que cela se fft sans employer de soldats , ne prévoyant pas l'opposition de Philométor. Dès qu'il la connut, les envoyés de Rome engagèrent Évergète à se rendre en Libye pendant qu'ils iraient demander à Philométor son
assentiment à ce que le sénat venait de régler.
Évergète attendit longtemps en Libye l'issue de cette négociation ; il se disposait à marcher à la tête d'une armée contre l'Égypte , lorsqu'il fut informé que les Cyrénéens venaient de se révolter ; et , ne voulant pas risquer à l'acquisition incertaine de Chypre la possession de Cvrène , il se dirigea sur cette province d'où les habitants, impatients de son gouvernement tyran nique, cherchaient à le repousser par la force des armes. Il venait d'éprouver un échec assez considérable lorsque Cn. Merula lui apprit que Philométor refusait de consentir à la cession de l'île de Chypre. Évergète envoya de nouveaux ambassadeurs à Rome ; Philométor y fit aussi défendre ses droits , mais le sénat persista dans sa bien veillance pour Évergète. On lui en porta la nouvelle à Cyrène où il était rentré ; et , au moment où il préparait une attaque sérieuse contre Chypre , il faillit d'être la victime de quelques embûches auxquelles il n'échappa point sans recevoir plusieurs blessures. 11 courut de nouveau à Rome, et Philométor y envoya de nouveaux ambassadeurs. Le sénat refusa de les entendre, chargea ses députés de conduire Évergète a Chypre , et demanda aux alliés de la Grèce de seconder cette expédition; mais Philométor alla luimême défendre cette île, livra bataille à son frère, l'enferma dans la ville de Lapethus, où il l'assiégea et le réduisit à la dernière extrémité : toutefois, loin de se prévaloir de ce succès, Philométor lui accorda une bonne capitulation, lui rendit son gouvernement de Cvrène, et lui donna quelques villes de Chypre avec un revenu annuel d'une certaine quantité de blé.
Ainsi se termina cette guerre entre les deux frères rois ; elle dura quatre années, et jusqu'à la 22* du règne de Philométor, laquelle commença au printemps de la 160° année avant l'ère vulgaire.
Dès que l'accord fut rétabli entre eux, Philométor, tranquille sur son trône, reprit l'occupation ordinaire
L'UNIVERS
îles rois d'Egypte qui n'étaient point engagés dans de plus sérieuses entreprises. Il attaqua sourdement le roi de Syrie Démétrms, entretint des intelligences dans la ville de Ptoléinaîs occupée par les soldats syriens , encouragea la défection dAntioche, et favorisa enfin les prétentions au trône de Syrie manifestées par Alexandre, (ils d'Antiochus Kpiphane, qui fut reçu à Ptolémaïs de Syrie comme roi.
beux années après , vers Van 1 49 , Oémétrius ayant été vaincu et tué, ce même Alexandre fut reconnu et proclamé roi de Syrie , la 80e année du règne de Philométor.
Alexandre demanda que Philométor lui accordât sa fille Cléopâtre en mariage ; le roi d'Égypte y consentit , et se rendit à Ptoléinaîs où ce mariage fut célébré.
Ce fut vers le même temps que Onias, fils d'un grand prêtre juif de ce nom, retiré depuis quelques années en Egypte, entreprit de demander à Philométor la permission d'affecter au culte des Juifs le temple de Bubaste. Le roi n'hésita
f>as de la lui accorder, ce qui donne ieu de remarquer la singulière destinée des temples égyptiens qui , survivant au culte même pour lequel ils avaient été élevés , furent successivement consacrés aux cérémonies des religions qui succédèrent en Egypte à celle des Pharaons. Les Lagides établirent les premiers cet usage que les Romains ne manquèrent pas d'imiter, et ces lieux sacrés, destines d'abord au culte des dieux , le furent ensuite au culte des hommes.
Le règne de Philométor fournit des exemples de la dédicace des temples égyptiens aux dieux de la Grèce : d'abord celui de la ville égyptienne de Kos- Berbir dans la Thébaïde, ville que les Grecs nommèrent Apollinopolis-Micra (parva), et à laquelle les Arabes ont conservé son nom égyptien en l'appelant Qouss. Ce temple , qui existe encore, offre sur le listel du couronnement de la porte du sud, les traces lisibles de l'inscription grecque qui constate que la reine Cléopâtre et le km Ptolémée, dieux Philoinétors, ont
consacré ce temple. Rien n'indique l'époque de cette dédicace; mais le nom de la reine Cléopâtre , qui se lit dans cette inscription , prouve toutefois que la dédicace qu'elle rappelle fut postérieure à la seconde invasion d'Antiochus Épiphane en Égypte, puisque, pendant la première , uéopâtre resta dans Alexandrie avec Ptolémée Évergète II, tandis que Philométor était comme prisonnier retenu à Memphis.
et qu'après la seconde invasion et Par rangement fait par Popilius , Kvergetr quittant le trône , Philométor roccuj); seul.
Ce fut alors qu'il s'unit à Cléopâtn sa sœur, et dans la 17e année de m règne, puisque treize ans après et le 30e de ce même règne , il avait un* fille qui devint la femme d'Alexandre roi de Syrie. Ainsi la dédicace du tem
file égyptien de Qouss ou Apoiiinopois-Parva fut postérieure à la lî' année du règne de Philométor. Il est impossible d'arriver à une plus grande certitude sur Pépoque de l'inscription de Qouss. 11 en est de même aune autre inscription gravée dans le Banc tuaire du temple d'Ombos : elle cons tate aussi que Ptolémée Philométor et la reine Cléopâtre qui était sa sœur, dédièrent ce sanctuaire à Apollon et aux autres dieux honorés dans ce temple. La même incertitude fait donner la même époque approximative à Tins cription du grand temple d'Antaeopolis, et qui énonce la dédicace que les mêmes souverains firent de son propylée au personnage mythologique Antee. Enfin on ne peut pas mieux connaître le temps d'une autre inscription trouvée à Citium dans l'île de Chypre et qui rappelle que cette ville Iwiiora de ce monument l'un de ses citoyens.
Hégias, fils de Damothétas, à cause de son dévouement au roi Ptoléoiée.
à lâ reine Cléopâtre sa soeur, dietu Philométors, et à leur descendant Cette inscription est postérieure aussi à la 17* année du règne de Philométor et de quelques années , puisque leurs enfants y sont mentionnés.
Deux ans après avoir placé sa fille Cléopâtre sur le trône de Syrie, Pto-
Ptolomco y Cleopatra
ÉGYPTE
tométor s'engagea dans une alliance qui avait pour but de le ravir à son mari. Le fais aîné de Démétrius revendiqua des droits qu'il disait tenir de son père dont la mort n'avait pu les détruira : soutenu par les Crétois, il se rendit eu Syrie. Ptolémée, dans l'intention de secourir Alexandre , arriva dans cette province avec des forces de terre et de mer, et- en occupa les villes principales pour les maintenir dans le devoir ; mais , ayant été exposé à devenir la victime d'un complot tramé contre sa vie à Ptolémaïs, convaincu aussi qu'Alexandre en était l'instigateur, il tourna ses. armes contre lui, les associa à l'entreprise de Démétrius , lui donna en mariage sa fille Cléopâtre qu'il rappela de la cour de Syrie, et fit déclarer pour lui Antioche et l'armée. Alexandre étant venu l'attaquer auprès de cette dernière ville, sur l Oronte , Ptolémée mit son armée en déroute , secondé par Démétrius qui était devenu son gendre. Peu de jours après, Alexandre qui avait cherché un refuge en Arabie , y trouva la mort , et sa- téte fut apportée à Philométor.
Ces événements, selon Josèplie et le premier livre des Machabées, prirent naissance dans la 165* année des Séleucides, et cette guerre dut se faire dès le commencement de la 35* année de Philométor, et se terminer à l'automne de la même année, celle de l'an 147 avant Jésus-Christ.
La mort de Philométor se rattache à cette même époque; car, ayant été blessé d'une chute de cheval pendant la bataille qu'il livrait à Alexandre, il en. mourut sur les lieux mêmes quelques jours après. Tous les chronologistes lui donnent 35 ans de règne.
Les monuments qui rappellent quelques circonstances du règne de Ptolémée Philométor sont assez nombreux , et ils nous sont fournis à la fois par les inscriptions grecques et les inscriptions égyptiennes, qui s'accréditent mutuellement par leur autorité particulière. Le premier pylône du petit temple du sud à Philse fut' construit durant le règne de Philométor. Ou encastra alors ce pylône dans uu pro-
pylon dédié à kîs par le Pharaon Neo tanebe, et l'existence de ce propylon prouve qu'avant le grand temple d'Isis actuel , ri en avait été antérieurement édifié un autre sur le même emplacement; les Perses de Darius-Occhus l'avaient vraisemblablement détruit, et c'est avec ses débris , encore reconnaissantes, que certaines- parties du pronaos actuel du grand temple furent éd i liées. Le second pylône de ce grand temple est aussi de Ptolémée Philométor, ainsi que le bel édifice de droite qui se voit entre les deux pylônes. La galerie de gauche du grand temple u'Edfou, de même que toutes les sculptures des deux massifs du pylône , remontent aussi au règne de Philométor.
Le grand temple d'Ombos fut élevé par Ptolémée Epiphanie, et continué par Philométor. Ce grand édifice , dont les ruines ont un aspect très-imposaitt , présente cette singularité qu'il est dédié à deux triades qui se partagent le temple, divisé longijtudinalement en deux parties bien distinctes , l'une passant presque toujours dans le massif de la construction. La partie de droite, la plus honorable , était consacrée à SéveK-Ra , la forme primordiale de Saturne, Kronos , à tête de crocodile; à la déesse Athôr et à leur fils Khons- Hâr. La seconde partie du temple était vouée à une triade moins élevée dans la hiérarchie divine , à Aroëris , à la déesse Tsonénoufré, à leur fils Pnevtho, qui étaient les dieux seigneurs d'Ombos ; et voilà pourquoi Tes médailles romaines du nome embite portaient la figure du crocodile, l'animal sacré du dieu priucipal du nome. Une inscription grecque en l'honneur de Philométor se lit dans le même temple; c'est un hommage des troupes canton nées dans ce nome : l'inscription s'exprime ainsi : « Pour la conservation du roi Ptolémée et de la reine Cléopâtre sa sœur, dieux Phi lomé tors , et de leurs enfants, à Aroëris, dieu grand, et aux divinités adurées dans le même temple, les fantassins, les cavaliers , et autres personnes station nées dans, le nome d'Ombos , ont fait ce séco* h cause de la bienveillance
de ces divinités envers. eux. » Le nome d'Ombos étant le plus méridional de tous ceux de l'Kgypte; des troupes nombreuses devaient y être établies , chargées de garder ce côté des frontières du pays. A Antœopolis , il existe une seconde inscription grecque du règne de Ptolémée Philométor; elle constate, en ces termes , que ce roi fit élever le pronaos du temple de ce lieu , et qu'il le consacra à Antée :
« Le roi Ptolémée , ûls de Ptolémée et de Cléopâtre, dieux Épiphanes et Rucliaristes, et la reine Cléopâtre, sœur du roi , dieux Philométors, ont fait ce pronaos à Antée et aux dieux adorés avec lui dans le même temple. » Il pa- ' raft que la corniche de ce pronaos éprouva de graves dommages , et elle fut réparée par les soins des empereurs romains, qui ajoutèrent cette seconde inscription à la première qu'ils restituèrent : « Les empereurs Césars Aurèie Antonin et Verus, Augustes, en ont réparé la corniche, Tan 4 des Augustes , le 9 du mois de payni. » Un édifice de Parembolé, en Nubie, porte aussi cette commémoration de Ptolémée Philométor, dans une dédicace ainsi conçue : « Pour le salut du roi Ptolémée et de la reine Cléopâtre , sa sœur et sa femme , les dieux Philométors , à Isis et aux dieux adorés dans le même temple. » Dans une autre dépendance territoriale de l'Êgypte , l'île de Chypre, qui resta toujours sous l'autorité de Philométor, malgré les démarches de son frère Évergète auprès du sénat romain, on a trouvé aussi un souvenir officiel de Philométor et de l'attachement que lui conservaient les habitants d'une des principales cités de l'île : oh lit sur ce marbre grec: «La ville (de Cithim) honore Hégias, de Crète, fils de Damothète, commandant des gardes du corps et gouverneur de la ville , pour sa vertu et pour son dévouement envers Ptolémée, la reine Cléopâtre sa sœur , dieux Philométors , et leurs enfants ; et pour ses bienfaits envers elle-même. »
Du reste , le roi grec Ptolémée Philométor ne se priva d'aucune des formules honorifiques et religieuses con-
par le protocole égyptien. Le grand temple d'Ombos porte aussi une grande dédicace en écriture hiéroglyphique , au nom de ce même roi ; et comme si elle était pour l'illustre Sésostris , elle dit : « La vie ! le dieu bienfaisant, soleil seigneur du monde, approuvé par Phtha, image vivante d'Amon-Ra, chéri des dieux, aime d'Aroëris , tuteur de la région... , dieu grand , seigneur suprême , dieu puissant dans... La vie! le dieu gracieux, soleil seigneur des seigneurs , Ptolénw vivant toujours , aime de Phtha , chéri des dieux, et de Sewek, seigneur de la région d'or dans le disque solaire, bienfaiteur, etc. » Le musée royal du Louvre possède des contrats originaux, sur papyrus, en écriture déinotique.
datés du règne d'Alexandre, ûls d'Alexandre , de la 22e année de Ptolémée Évergète Ier, de la 7e année de Pbilopator , de la 8" et de la 21" année d'Épiphane; mais on n'y voit aucune de ce> transactions entre particuliers , qui appartienne au règne de Philométor Les pièces de ce genre ne sont cependant pas rares , et il en existe aussi de l'époque romaine : comme la religion et le culte, les règles de l'administration publique restèrent les mêmes dans l'Égypte soumise à des souverains d'origines diverses.
Le protocole de ces contrats privés nous en donne la certitude; il nous apprend aussi qu'il existait à Alexandrie un culte public en l'honneur d'Alexandre le Grand , et que les Ptolémées gui succédèrent au grand roi ne firent faute de s'y faire associer. Ainsi , il y avait à Alexandrie un prêtre d'Alexandre , gui l'était aussi des dieux Soters, des dieux Adelphes, des dieux Évergètes , des dieux Phi lopa tors , des dieux Epiphanes , et ensuite du dieu Philométor, quand ce roi eut quitté la vie; espèce d'apothéose religieuse dans laquelle les reines ne furent pas oubliées. On voit , en effet , par le texte de l'inscription d'Adulis , de l'inscription de Rosette, du contrat de Ptolémaïs, et des deux contrats du règne d'Épiphaw que j'ai publiés, qu'une prétresse de Tordre des canéphores avait été char
ÉGTPTE.
§cc du culte de la reine Arsinoé Philaelphe, une athlophore de celui de BéréniceÉvergète I*% et une prêtresse, d' Arsinoé Philopator. D'autres prêtres étaient chargés de desservir les honneurs divins rendus à Ptolémée Soter, le fondateur de la dynastie , dans la ville de Ptolémaïs d'Egypte.
On voit aussi , par ces protocoles , que Fespèce d'invocation de l'autorité publique, comme symbole de protection , en tête des actes passés , pour des intérêts privés, par les officiers publics, remonte à une haute antiquité. Nous pouvons ajouter, qu'à cette même antiquité , l'usage de Yenregistrement de ces actes était établi ; et que cette formalité donnait à ces actes , comme elle le fait aujourd'hui, une date certaine et une sanction légale qui en -garantissait l'exécution.
L'antiquité alla encore plus loin : aux noms , prénoms et qualités des parties contractantes, elle ordonna d'ajouter leur signalement : voici, comme preuve, d'une singulière curiosité, d'un tel usage , le texte traduit d'un contrat daté d'un des derniers jours du mois de mai de l'an 105 avant l'ère chrétienne :
« Sous le règne de Cléopâtre et de Ptolémée son fils, surnommé Alexandre , dieux Philométors-Soters, en Tan xïi qui est aussi l'an ix (le règne de Cléopâtre ayant commencé 3 ans avant l'association de son fils) , sous le prêtre,
3ui est à Alexandrie , d'Alexandre , et es dieux Soters, et des dieux Adelpbes , et des dieux Évergètes , et des dieux Philopators , et des dieux Épiphanes, et au dieu Philométor, et du dieu Eupator , et des dieux Évergètes (II) : sous Pathlophore de Bérénice Évergète(I"r),et sous la canéphore d'Arsinoe Philadelphe et de la déesse Arsinoé Eupator, qui sont à Alexandrie ; et à Ptolémaïs de la Thébaïde , sous les prêtres (des deux sexes) de Ptolémée Soter, lesquels et lesquelles sont à Ptolémaïs; le 29 du mois de tybi , sous Apollonius préposé à l'A goranomic pendant ce mois, pour l'administration des fonds de terre nus, dans le nome Tathyrite , = a vendu
Pamonthis, de couleur noire, beau, long de corps , visage rond , nez droit ; ainsi que Enachomneus, de couleur jaune , aussi visage rond , nez droit ; et Semmouthis Persinei , laquelle est de couleur jaune , visage rond , nez un peu aquilin, bouffie; et Melyt Persinei , laquelle est de couleur jaune , visage rond , nez droit; avec leur maître Pamonthis, covendeur; tous quatre de ta corporation des Pétôliostes , parmi les ouvriers en cuir memnoniens : = un foftds de terre nu, à eux appartenant dans la partie du sud du quartier des Memnoniens , un espace de cinq mille cinquante coudées d étendue : les voisins du sud, la rue Royale; du nord et du levant . le fonds de.Pamonthis et de Bokon-Ermios , son fcère , et les terres communales; du couchant, la maison de Taphis, (ils de.
Chaiomis, passant au milieu... Tels sont les voisins de toutes parts ; =-- a acheté le champ, Néchoutis, petit, de couleur jaune, agréable, visage long, nez droit, une cicatrice au milieu du front , six cent une pièces de monnaie de cuivre : les vendeurs étant les courtiers et les garants de ce qui est relatif à cet achat. = A accepté Ncchoutis l'acheteur. {Ici les signatures.) On lit à la marge : En l'an xn qui est aussi l'an ix , le 20... de pharmouthi, Diocsis? étant prépose aux contributions , Chotsemphis préposé en second ; Héracléide contrôleur de l'achat ; Néchoutis , petit , == un fonds de terre nu , de 5050 coudées , situé dans la partie sud du quartier des Memnoniens , qu'il a acheté de Pamonthis et aussi d' Enachomneus, lequel a signé avec ses sœurs ; pour GOI pièces de cuivre , etc. , etc. »
On voit , par le texte de ce contrat , que les formules actuellement prescrites dans les actes des transactions privées , sont aujourd'hui en quelques points moins compliquées qu elles ne l'étaient il y a près de deux mille ans; le contrat que nous venons de relater remonte à cette antique date ; il est de peu postérieur à l'époque de la mort de Ptolémée Philométor.
Ce roi, en cessant dr vivre ft d<:
L'UNIVERS
régner, laissait, avec la reine Cléopâtre sa veuve, deux filles et un fils encore en très-bas âge.
Enhardi par cette circonstance , qoi ne devait lui faire craindre que cette inactive opposition propre aux temps où les rois sont en tutelle, et peutêtre aussi par l'exemple récent de Démétrius, frère d*Antiocbus le Grand, qui lui avait succédé à l'exclusion de son fils mineur Antiocbus Eupator, le frère de Ptolémée Philométor, qui prit le surnom d'Évergète II, apprenant la mort du roi, s'empressa de quitter Cyrène et de venir, les armes à la main, s'emparer de la couronne d'Égypte au détriment du jeune fils de Philométor. Incapable de résister, Cléopâtre lui envoya des députés qui réglèrent avec lui qu'elle deviendrait sa femme, et qu'Évergète prendrait la tutelle du jeune roi. Il entra dans Alexandrie avec ce titre, épousa la reine mère, et, le jour même de son union, il fit égorger le jeune héritier du trône dont il devint le possesseur par ce crime. Le jeune prince avait été reconnu comme roi; il porta le surnom d'Eupator, et il est mentionné sous ce nom, et au rang dynastique qui lui est assigné comme successeur légitime de son père, dans le contrat de vente dont le texte est ci-dessus rapporté. Son règne ne dura que quelques mois , et il périt dans l'âge de l'enfance.
Son oncle, Évergète II, préludait ainsi aux atrocités dans lesquelles il sembla toujours se complaire. Bientôt après, arrivé à Memphis pour son inauguration religieuse , la reine y mit au monde un fils, qui, de cette circonstance, reçut le nom de Memphite.
Cette naissance et l'inauguration du roi eurent lieu vers la fin de la première année de son règne, peut-être même, et comme pour Epiphane, le jour anniversaire de celui où il était parvenu au trône.
Au milieu des fêtes célébrées à l'occasion de la naissance d'un héritier de la couronne royale, le roi fit mettre à mort plusieurs Cyrénéens qui l'avaient accompagné en Égypte, cl qui se ren-
dirent coupables de quelques plaisanteries sur ses relations^ vec une femme nommée Irène. Aussi les Égyptiens se souvenaient-ils avec plus de soin et plus de respect de la bienfaisance et de la modération de Philométor, et cette comparaison qu'ils faisaient des deux princes rendait plus vif encore leur désir de se soustraire à tant de tyrannie. Ptolémée avait pris le surnom d' Évergète ou Bienfaiteur; le peuple le nomma avec plus de raison Kaker gète ou Malfaiteur. Rien d'ailleurs dans sa personne ne contribuait à lui concilier la faveur publique : son corps était aussi hideux que son caractère, et Posidonius le Stoïcien , qui accompagnait en Égypte P. Scipion jEmilien, visitant avec Spur. Merula et L. Men> mius les États des rois alliés , et qui vit Évergète, a fait de sa conformation un tableau repoussant, ce qui a fait dire à Justin qu'Évergète II parut autant ridicule aux Romains qu'il était odieux à ses sujets; ils le surnommaient aussi Physcon , le l'entru.
Les envoyés de Rome arrivèrent en Égypte à l'époque où Évergète fut forcé d'appeler, par des actes publics, des étrangers dans son royaume, tant les supplices ou la crainte d'y être exposé avait diminué la population d'Alexandrie. Il ne renonça pas pour cela à ses funestes pratiqués, et la licence qu'il tolérait dans les troupes mercenaires ne fit qu'accroître encore le dé sordre.
Il n'avait pas été moindre dans l'intérieur du palais que dans l'intérieur du royaume; car, épris de la jeune Cléopâtre, fille de son frère et de »
femme, Évergète avait répudié celleci pour épouser l'autre.
Cet état de choses dura quinze ans à compter de la fin du règne de Philométor, comme le rapporte Diodore de Sicile; mais à cette époque, jugeant qu'il avait tout à redouter d'un peuple que d'atroces injustices avaient pousse à l'insurrection , le roi s'échappa d'Alexandrie et alla lever des troupesétran gères pour reconquérir son trône. Ceci se passait en l'an 132 avant l'ère vulgaire.
EGYPTE
Aussitôt le peuple d' Alexandrie renversa et détruisit les images du roi.
Présumant que Cléopâtre la mère l'excitait à cette action , É vergeté en était plus porté à la vengeance, et bientôt après il marcha contre Alexandrie. Il fit aussi mettre à mort son jeune fils et sans autre motif que l'intention d'affliger sa mère, l'ayant emmené avec lui, craignant qu'en son absence les Alexandrins pussent le placer sur le trône.
Cléopâtre, secondée par les sujets du roi, se préparait à lui résister; elle avait réuni une armée sous le commandement de Marsyas, qui en vint aux mains avec les troupes a'Évergète, commandées par Hégêlochus. Marsyas fut fait prisonnier et conduit au roi , qui lui pardonna , voulant . par ce premier acte de clémence, faire oublier sa cruauté.
Dans ces conjonctures, Cléopâtre demanda du secours au roi de Syrie Démétrius, qui était l'époux de sa fille. C'était au temps où il venait de triompher d' Antiochus Sidétès chez les Parthes, et qu'il remontait sur son trône après un interrègne de neuf années, Tan 130.
Démétrius n'hésita pas d'embrasser la cause de Cléopâtre, et d'ordonner l'envoi d'une armée en Égypte; mais Antioche et plusieurs autres villes de la Syrie venaient de se déclarer indépendantes de son autorité. N'espérant plus de secours en Égypte , Cléopâtre la quitta, emportant de grandes richesses , et se retira auprès de Démétrius même. En attendant, Ptolémée, qui favorisait la défection des villes syriennes, suscitait aussi un compétiteur à Démétrius; il soutenait de son crédit et de son armée les fourberies d'un jeune Égyptien , qui se prétendit le fils adoptiio? Antiochus Sidétès, et qui prit le nom d'Alexandre. La haine que Démétrius avait inspirée à ses sujets par son orgueilleuse domination favorisa les prétentions du faux Alexandre. Le roi de Syrie se vit bientôt délaissé par sa femme même et ses (ils, qui se retirèrent à Ptolémaïs; il chercha vainement un asile dans le temple de Tvr, il y fut mis à mort, et Alexan-
dre monta sur le trône de Syrie.
Bientôt il oublia jusqu'à son bienfaiteur, et menaça V Égypte et son roi Évergète II. Celui-ci, qui ne trouvait aucune garantie dans les intentions du faux Alexandre, se réconcilia d'abord avec Cléopâtre sa sœur et sa première femme, donna sa fille Tryphène à Antiochus, surnommé Grypus, l'un des fils de Démétrius Soter, et, lui fournissant en même temps une nombreuse armée, il le plaça sur le trône de Syrie, où le faux Alexandre ne fit qu'apparaître.
L'avénementd'Antiochus Grypus au trône de Syrie, en l'an 127, ramena Ur tranquillité dans le royaume. Tryphène, fille d'Évergète II, en était la reine ; cette alliance contribua aussi à rendre à l'Égypte le repos dont elle avait besoin.
Ptolémée Évergète II, n'étant plus distrait par la nécessité de défendre son royaume au dehors, s'adonna aux lettres et aux arts : il prit le soin d'en ranimer l'étude, que les malheurs publics avaient fait négliger. Il appela de nouveau les savants et les artistes à sa cour, protégea efficacement les institutions littéraires qui existaient a Alexandrie, et, disciple d'Aristarque le grammairien, il se plaça lui-même parmi les auteurs de son siècle nui rédigèrent de longs ouvrages. Il écrivit des Commentaires en vingt-quatre livres : la zoologie en fut le sujet spécial , si l'on en juge par les fragments qui nous restent, et qui traitent de quelques animaux ou curieux ou utiles, entre autres des poissons d'une rivière de Libye, du paon, du faisan, etc. Ce goût de Ptolémée pouf les recherches savantes lui fit aussi donner le surnom de Philologue, qu'il mérita moins peut-être que celui de Kakergète.
Ce prince approchait par son âge du terme de sa carrière, et la reine voulut prévenir les effets d'une mort inopinée : des deux fils qui restaient à Ptolémée , elle haïssait profondément le premier né, celui que l'usage appelait à succéder à son père. Elle eut assez d'ascendant sur le roi pour le déterminer à le
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faire partir pour l'île de Chypre, espérant que son éloignement donnerait à Alexandre, son second 61s, le temps et l'occasion de prendre la couronne lorsque la fin du règne et de la vie de leur père serait arrivée. Elle eut lieu peu de temps après , et dans la 29e année du règne d'Évergète II.
Malgré les continuelles agitationsintérieures et extérieures dont le règne de ce prince fut traversé, il en est peu dans Phistoire d'Égypte dont il nous reste aujourd'hui de si nombreux et de si importants monuments, comme si les honneurs à rendre aux dieux, et l'agrandissement, l'ornement ou l'édification des édifices sacrés, étaient mis en Egypte hors de l'influence des plus sinistres événements, moins puissante que la piété profonde dont la nation était animée.
Un des plus curieux monuments de cette époque est, sans contredit, le petit temple de Thôth, près de Médinet-Habou , à Thèbes , élevé par Ptolémée É vergeté II, et dédié en son nom et en celui de Cléopâtre sa première femme. Nous mettons sous les yeux du lecteur la description de ce curieux édifice, telle qu'elle a été rédigée sur les lieux, en 1829, par Champollion le jeune.
« Dans le quartier sud -ouest de la vieille capitale pharaonique s'élèvent deux édifices sacrés dignes d'intérêt sous les rapports historiques et mythologiques.
« L'une de ces constructions s'élève au milieu de broussailles et de grandes herbes, en dehors de l'angle sud-est tt à une très-petite distance de l'énorme enceinte carrée, en briques crues, qui environnait jadis le palais et les temples de M édi net-Habou. C'est un édifice de petites proportions, et qui n'a jamais été complètement terminé; il se compose d'une sorte de pronaos et de trois salles successives , dont les deux dernières seulement sont décorées de tableaux soit sculptés et peints, soit»
ébauchés, ou même simplement tracés à l'encre rouge. Ces tableaux ne laissent aucun doute sur la destination du monument, ni sur l'époque de sa cons-
truction. Il appartient au règne des Lapides , comme le prouve une double dédicace d'un travail barbare, sculptée intérieurement autour du sanctuaire, et les noms royaux inscrits devant les personnages figurant dans tous les tableaux d'adoration.
« La dédicace annonce expressément que le roi Ptolémée Évergéte II, et sa sœur la reine Cléopâtre, ont construit cet édifice, et l'ont consacré à lenrpère le dieu Thôth , ou Hermès Ibiocéphale.
« C'est ici le seul des temples encore existants en Égypte qui soit spéciale ment dédié au dieu protecteur de?
sciences , à l'inventeur de récriture et de tous les arts utiles, en un mot à l'organisateur de la société humaine.
On retrouve son image dans la plupart des tableaux qui décorent les parois de la seconde salle , et surtout celles du sanctuaire. On l'y invoquait sous son nom ordinaire de ThôtA, que suivent constamment soit le titre de sotem, qui exprime la suprême direction des choses sacrées, soit la qualification Ho-en-Hib , c'est-à-dire, qui a un?
face d'Ibis, oiseau sacré, dont toutes les figures du dieu, sculptées dans ce temple, empruntent la tête, ornée de coiffures variées.
« On rendait aussi dans ce tempif un culte très-particulier à Nohémouo ou NohamouOy déesse que caractérisent le vautour, emblème de la maternité, formant sa coiffure, et l'image d'un petit propylon,s'élevant au-dessus de la coiffure symbolique. Les légendes tracées à côté des nombreuses repré sentations de cette compagne du dieu Thôth, qui, d'après son nom même, paraît avoir présidé à la conservation des germes, l'assimilent à la déesse Saschfinoué, compagne habituelle de Thôth, régulatrice des périodes d'années et des assemblées sacrées.
« Ces deux divinités reçoivent, outre leurs titres ordinaires, celui de Résidant à Manthom; nous apprenons ainsi le nom antique de cette portion de Thèbes où s'élève le temple de Thôth.
« Le bandeau de la porte qui donir
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entrée dans la dernière salle du temple, le sanctuaire proprement dit, est orné de quatre tableaux représentant Ptolémée faisant de riches offrandes , d'abord aux grandes divinités protectrices de Thèbes , Amon-Ra, Mouth et Ckons, généralement adorées dans cette immense capitale, et en second lieu aux divinités particulières du temple, Thôth et la déesse Nohamouo.
Dans l'intérieur du sanctuaire, on retrouve les images de la grande triade thébaine, et même celles de la triade adorée dans le nome d'Hermonthis,
3ui commençait à une courte distance u temple. Deux grands tableaux, l'un sur la paroi de droite, l'autre sur la paroi de gauche, représentent, selon l'usage , la Bari ou Arche sacrée de la divinité à laauelie appartient le sanctuaire. L'arche de droite est celle de Thôth-Peho-en-Hib {Thôth à face d'Ibis) , et l'arche de gauche celle de Thôth Psotem (Thôth, le surintendant des choses sacrées). L'une et l'autre se distinguent par leurs proues et leurs poupes décorées de têtes d'épervier, surmontées du disque et du croissant, à tête symbolique du dieu Chons, le fils aîné d'AmmOn et de Mouth, la troisième personne de la triade thébaine, dont le dieu Thôth n'est qu'une forme secondaire.
0 Ici, comme dans la salle précédente, on retrouve toujours le roi Ptolémée Évergête II, faisant des offrandes ou de riches présents aux divinités locales. Mais quatre bas-reliefs de l'intérieur du sanctuaire, sculptés deux à gauche et deux à droite de la porte , ont fixé plus particulièrement mon attention. Ce ne sont plus des divinités proprement dites auxquelles s'adressent les dons pieux du Lagide : ici , Évergète II , comme le disent textuellement les inscriptions qui servent de titre à ces bas-reliefs, brûle l'encens en ? honneur des pères de ses pères et des mères de ses mères. Le roi accomplit en effet diverses cérémonies religieuses en présence d'individus des deux sexes, classés deux par deux, et revêtus des insignes de certaines divinités. Les légendes tracées devant
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chacun de ces personnages achèvent de démontrer que ces honneurs sont adressés aux rois et aux reines Lagides, ancêtres d'Évergète H en ligne directe; et, en effet, le premier basrelief de gauche représente Ptolémée Philadelphe, costumé en Osiris, assis sur un trône à côté duquel on voit la reine Arsinoé sa femme , debout , coiffée des insignes de Mouth et d'Hathor.
Évergète II lève ses bras en signe d'adoration devant ces deux époux , dont les légendes signifient : Le divin père desespères, Ptolémée, dieu philadelphe: la divine mère de ses mères , Arsinoé, déesse philadelphe.
« Plus loin, Évergète II offre l'encens à un personnage également assis sur un trône, et décoré des insignes du dieu Socarosiris, accompagne d'une reine debout, la tête ornée de la coiffure d'Hathôr, la Vénus égyptienne \ leurs légendes portent : Le père de ses pères, Ptolémée, dieu créateur; la divine mère de ses mères , Bérénice , déesse créatrice. On peut donc reconnaître ici soit Ptolémée Soter I«r, et sa femme Bérénice, fille de Magas, soit Ptolémée Évergète Ier, et Bérénice sa femme et sa sœur. L'absence totale du cartouche prénom dans la légende du Ptolémée, objet de cette adoration, autoriserait 1 une ou l'autre de ces hypothèses. Mais si l'on observe que ces deux époux reçoivent les hommages d'Évergète II a la suite des honneurs rendus en premier lieu à Ptolémée et à Arsinoé Philadelphes , on se persuadera que le second tableau concerne les enfants et les successeurs immédiats de ces Lagides , c'est-à-dire , Évergète Ier et Bérénice sa sœur. Le titre de Pther-mounk , dieu créateur, dieu fondateur ou fabricateur, conviendrait beaucoup mieux, il est vrai, à Ptolémée Soter Ier, fondateur de la domination des Lagides; mais j'ai la pleine certitude que ce titre est prodigué sur les monuments égyptiens à une foule de souverains autres que des chefs de dynasties.
« Deux bas-reliefs, sculptés à droite de la porte, nous montrent Évergète II rendant de semblables honneurs aux
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images de ses autres ancêtres et prédécesseurs, et toujours en suivant la ligne généalogique descendante : ainsi , dans le premier tableau, le roi répand des libations devant le divin père de son père, Ptoléméb, dieu Philopatob, et la divine mère de sa mère, AfisiNOÉ,<féetfePHiLOPATOBB; enfin, dans le second tableau , il fait l'offrande du vin à son royal fière Ptoléméb , dieu Épi ph ane , et a la royale mère Clbopatrb, déesse Épiphane. Son père et son aïeul sont figurés dans le costume du dieu Osiris; sa mère et son aïeule dans le costume d'Hathôr.
Quant aux titres Philadelphie, Philopator et Épiphane, ils sont placés à la suite des cartouches noms propres, et exprimés par des hiéroglyphes phonétiques (représentant les mots coptes équivalents). Ces quatre tableaux nous donnent donc la généalogie complète d'Évergète II, et Fordre successif des rois de la dynastie des Lagides à partir de Ptolémée Philadelphe.
« C'est toujours ainsi que les monuments nationaux de l'Égypte servent pour le moins de confirmation aux témoignages historiques puisés dans les écrits des Grecs; et cela toutes les fois qu'ils ne Tiennent point éclaircir ou coordonner les notions vagues et incohérentes que ce même peuple nous a transmises sur l'histoire égyptienne, surtout en ce qui concerné les anciennes époques. L'usage constamment suivi par les Égyptiens de couvrir toutes les parois de leurs monuments de nombreuses séries de tableaux représentant des scènes religieuses ou des événements contemporains, dans lesquels figure d'habitude le souverain régnant à l'époque même où l'on sculptait ces bas-reliefs; cet usage, disonsnous, a tourné bien heureusement au profit do l'histoire, puisqu'il a conservé jusqu'à nos jours un immense trésor de notions positives qu'on chercherait inutilement ailleurs. On peut dire, en toute vérité, que, grâce à ces bas-reliefs et aux nombreuses inscriptions qui les accompagnent, chaque monument de l'Égypte s'explique par luimcW, et devient, si l'on peut s'expri-
mer ainsi, son propre interprète. Il suffit, en effet , d étudier quelques instants les sculptures qui ornent le sanctuaire de l'édifice situé à côté de l'enceinte de Médinet-Habou , la seulf portion du monument véritablement terminée, pour se convaincre aussitôt qu'on se trouve dans un temple con sacré au dieu Tbôth, construit sous le règne d'Évergète II , et de sa soeur et
f>remière femme Cléo pâtre, mais dont es sculptures ont été terminées postérieurement à l'époque du mariagf d'Évergète II avec Cléopâtre sa nièce et sa seconde femme, mentionnée dans les légendes royales qui décorent le plafond du sanctuaire.
« Le style mou et lourd des bas-reliefs, la grossièreté d'exécution <fc hiéroglyphes, et le peu de soin donw à l'application des couleurs sur les sculptures, s'accordent trop bien avec les dates fournies par les inscription* dédicatoires, pour ne pas reconnaît^ dans le petit temple de Thôth un produit de la décadence des arts égyptiens , devenue si rapide aux dernière?
époques de la domination grecque. »
Les autres constructions du mém règne rendent le même témoignage, et il se vérifiera partout où les traces des travaux ordonnés par Évergète II subsistent encore : à Edfou , sur la paroi droite du pronaos qui fut termine par ce prince; au mammési du même lieu où sont représentées l'enfance et l'éducation du jeune Har-Sont-Tho , fils de Har-Hat et d'Athôr, auquel la flatterie a associé Évergète II , représenté aussi comme enfant, et partageant les ca resses que les dieux de tous les ordre> prodiguent au dieu nouveau-né ; à Ombos. dont Evergète II fit agrandir k grand et le petit temple; à Dakkèh en Nubie, où le même roi fit continuer le temple de Thôth fondé par le roi éthiopien Ërgamène; à Philac, au temple d'Hathôr élevé par Ptolémée Épiphane et orné par son second fils, qui, toutefois, s'attribue les honneurs de la dédicace dans les longues inscrip tions de la frise. A El-Asassif , le sanctuaire du temple d'Anion-Ra fut aussi réparc par fivergète II, en son nom et
Egypte
en celui de la reine Cléopâtre, réparations dont le style contraste par leur grossièreté avec l'élégance du style des autres parties du monument fondé par le Pharaon Thouthmosis I*r. Le temple d'Hathôr, situé derrière l'aménophium de Thèbes , fut aussi l'objet des soins pieux d'Èvergète II. Les inscriptions constatent encore aujourd'hui qu'il en fit terminer une partie des décorations, et ces inscriptions s'expriment ainsi : « Bonne restauration de l'édifice, exécutée par le roi germe des dieux lumineux, l'éprouvé par Phtha y etc. , Ptoiémée toujours vivant , et par sa royale sœur, la modératrice souveraine du monde, Cléopâtre, et par sa royale épouse, la modératrice souveraine du monde, Cléopâtre, dieux grands chéris d'Amon-Ra. » Enfin à Médinet-Habou le même prince fit restaurer les portes et une portion du plafond de la grande salle.
L'un des plus précieux monuments égyptiens qui nous restent du règne de Ptoiémée Évergète II, est, sans contredit, la stèle en granit qui se voit, à côté de la porte, sur le pylône oriental du grand temple de Philœ ; inscription en caractères hiéroglyphiques, qui contient l'acte d'une donation faite au temple , et une date ainsi conçue : « L'an xxiv, au mois de peritios, qui est , pour les Égyptiens , le mois d'épiphi ; » renseignement d'un bien grand intérêt pour la concordance du calendrier macédonien, auquel appartient le mois de peritios , avec le calendrier égyptien , dont le mois d'épiphi est le onzième. L'inscription de Rosette fournit un exemple analogue, et on y trouve de plus la concordance des jours des deux mois. L'indication de la 24e année du règne d'Èvergète II fixe la date de cet acte de donation à l'année 1 23 avant l'ère chrétienne.
Le musée royal du Louvre possède quatre contrats en écriture démotique, passés durant le règne de Ptoiémée Evergète II ; le plus ancien est de l'an 28 de ce règne; deux autres portent les dates de 1 an 41 et de l'an 45. Évergète II , cependant , ne régna réelle-
ment que 29 ans ; mais ayant été ap^ pelé un moment au trône, lorsque sou frère Philouiétor fut détrôné par le roi de Syrie, ce qui arriva 24 ans avant son propre avènement , Éverçète II compta les années de son règne éphémère à la place de Philométor, et se donna ainsi 53 années de règne, quoiqu'il n'ait réellement régné que 29 ans depuis la mort de son frère Philométor , et y compris la courte existence de son neveu Eupator , assassiné par ses ordres. Les médailles de ce roi , connues jusqu'à ce jour, ne portent pas de date postérieure à l'an 27 de son règne. D autres monuments en langue grecque se rapportent aussi au règne et à l'histoire d'Èvergète II.
On lit sur les listesdu pronaosdu temple d'Hathôr à Philœ, une inscription qui porte : « Le roi Ptoiémée et la reine Cléopâtre sa sœur, et la reine Cléopâtre sa femme, dieux Évergètes, à Vénus. »
Une autre inscription grecque était gravée sur un des temples de Dakkèh en Nubie , annonçant un vœu en l'honneur du roi Ptoiémée, et des reines, vraisemblablement , dieux Évergètes.
On a trouvé an Caire , sur une pierre isolée, la mention d'un monument élevé a Évergète II par un fonctionnaire public du temps, comme l'annonce le texte de l'inscription ainsi conçue : « Apollodore, fils d'Aétès, un des premiers amis , épistate et greffier du corps des cavaliers du pays , lionore par ce monument, le roi Ptoiémée, dieu Évergète, fils des dieux Épiphanes. » L'usage de ces honneurs rendus au roi régnant par leurs propres employés ou par les corporations civiles et militaires, parait avoir été général en Égypte pendant la domination des rois grecs. On en tire une preuve nouvelle de l'inscription grecque découverte près de la première cataracte , qui contient un hommage aux divinités locales pour les rendre favorables au roi , et qui s'exprime ainsi : « Pour la conservation de Ptoiémée et de la reine Cléopâtre sa sœur, dieux Évergètes, et de leurs enfants, Héroïde, lils de Démophon , natif de Bérénice , commandant des gardes du corps , et stratège ,
J/UMVKRS.
r t les Basilistcs qui tiennent leurs réunions à Sétis , nie de Bacchus , dont les noms sont inscrits ci -dessous, ~ à Chnoubis, appelé aussi Ammon ; à Satis, appelée aussi Junon; à Anucis, appelée aussi Vesta; à Pétempamentis, appelé aussi Bacchus; à Petensétès, appelé aussi Saturne ; à Peteusénès , appelé aussi Hermès, dieux grands, et aux autres divinités adorées à la cataracte , = consacrent cette stèle , et les sommes fournies par chacun d'eux pour les frais des sacrifices et libations qui auront lieu dans le synode, pendant les premiers neuvièmes jours de chaque mois, et pendant les autres jours éponymes ; Papias , fils d'Ammonius, étant prostate, et Denys, fils d'Apollonius, étant grand prêtre du synode. » (Traducion de M. Lettonne.) Les noms des Basilistes suivent le texte de cette inscription , où l'érudition a recueilli avec avantage une précieuse assimilation de quelques divinités égyptiennes à autant de dieux de la my* thologie grecque et latine.
Il y eut, du reste , quelque chose de plus que le mélange des dieux dans les rapports de l'Egypte avec la Grèce et avec Rome. Évergète II s'était fait des amis parmi les Romains, ou plutôt s'était fait leur ami et leur client ; et une autre inscription grecque , trouvée dans l'île de Déios , prouve qu'un Romain fut revêtu par É vergeté II du titre d'ami du roi ( titre d'une charge de cour) , et que le roi lui donna aussi le, gouvernement d'une province de l'Egypte : cette inscription , en effet , s'exprime ainsi : « Lucius Pedius et Caius Pedius , tils de Caius Pedius , Romains , ont honoré pour sa vertu , ses qualités éminentes et sa bienveillance envers eux , Marcus Pedius , parent du roi Ptolémée Évergète et de la reine Cléopatre , et épistratége. Ils consacrent cette statue a Apollon et à Diane. »
Enfin , un autre monument en langue grecque, du règne d' Évergète II, nous a été conservé , et il est, sans nul doute, le plus curieux parmi tous les autres, par les faits importants que l'histoire de l'administration des
Ptolémées en Egypte, sous les rapports religieux, civil et militaire, uVit v recueillir. Les prêtres égyptiens de Tue de Philo», adressent au roi leurs plaintes contre la plupart des fonction naires du pays et les troupes qui s'y rendent , en ces termes : « Au roi Ptolémée, à la reine Cléopûtre sa soeur, à la reine Cléopâtre sa femme, dieu Évergètes, salut: Nous, les prêtre d'Isis , adorée dans l' Abaton etàPhih déesse très-grande : considérant m les stratèges , les épistates , les tfc barques , les greffiers royaux , les épi* tates des corps chargés de garder k pays , tous les officiers publics oui viennent à Philaî , les troupes qui le accompagnent, et le reste de leur suite , nous contraignent de leur four nir de l'argent; et qu'il résulte de tek abus que le temple est appauvri, ft que nous courons le risque de n'avoir plus de quoi suffire aux dépenses, ré alées par les lois , des sacrifices et libations qui se font pour la conservation de vous et de vos enfants, nous vous supplions, dieux très-gnods.
de charger, s'il vous plaît, Numéoius.
votre parent et épistolographe, d'écrire à Locnus , votre parent et stratège de la Thébaïbe, de ne point exercer, j notre égard , de ces vexations , di it permettre à nul autre de le faire; M nous donner, à cet effet, les arrêt* et autorisations d'usage , dans lesquelles nous vous prions de consigner la permission d'élever une stèle on nous inscrirons la bienfaisance <jw vous aurez montrée à notre égard «.
cette occasion, afin que cette stek conserve éternellement la mémoire i la grâce que vous nous aurez accordée. Cela étant fait , nous et le temple , en ceci , comme nous le soinn*en d'autres choses, vos très-oM^ Soyez heureux. » (TraductiondeMM tro?ine.)
Les faits historiques abondent dan> ce texte , et il a eu sur les études egufc tiennes la plus haute influence - »
stèle que les prêtres se proposent d * ver en l'honneur du roi Ptoléiw* fut en effet exécutée ; cette stèle, '!' était un obélisque en écriture biero-
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