‹ Égypte ancienneChapitre 47 sur 53 · ÉG Y · texte numérisé non relu

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connaître par ses légions. Peu d'années après , ce préfet entreprenant n'existait

fnus. Il eut pour successeur Lupus en 'année 71. Pendant que Titus achevait la conquête de la Judée, des révoltes de juifs jetaient le trouble dans Alexandrie; des partis qui s'élevaient contre l'autorité de l'empereur étaient réduits par la force; les juifs furent moins favorisés à mesure qu'ils se montraient plus rebelles; la mort et les confiscations furent employées pour réduire une nouvelle insurrection. Les grandes qualités de Vespasien ne préservèrent pas l'Egypte de beaucoup d'exactions; l'empereur établit de nouveaux impots, et employa pour les percevoir des hommes indignes de sa confiance : il est aussi accusé d'avoir répondu par d'odieuses plaisanteries aux plaintes trop fondées des habitants de l'Egypte. Son nom se trouve cependant sur le portique d'Esnèh, sur un obélisque de Rome, sur l'édifice au sud de l'hippodrome de Thèbes. Le nom de Titus, successeur de Vespasien, est plus fréquent encore sur les édifices qui subsistent de nos jours en Égypte, sur un nronaos d'Esneh, dans l'oasis de Dakhèh au temple de Deir-el-hadjar; enfin sur l'obélisque Pamphili à Rome avec le titre de divin, que Domitien y donne à son père, et à son frère, quoiqu'il nourrît envers eux la haine la plus profonde. Domitien fut leur successeur, et les édifices publics exécutés en Égypte pendant son règne se reconnaissent encore à son nom inscrit parmi leurs sculptures sacrées. On le retrouve à Philàe, à Dendérah, et souvent à Esnèh, s'honorant des mêmes titres que les Pharaons , et souvent qualifié de ami de la contrée, enfantdu soleil, seigneur des diadèmes, Cajsar Domitien Auguste, aimé de Phtha etd'Isis, vivant comme le soleil, seigneur du monde, né du soleil, directeur, seigneur des diadèmes. L'obélisque Pamphili à Rome a été érigé en son honneur; les obélisques de lienévent portent aussi son nom , et nous apprennent que Domitien fit construire clans cette ville d'Italie un temple à la déesse Isis ; enfin l'empereur est figuré sur les tableaux, du pro-

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pylon de l'édifice au sud de lïrippoilrome à Thèbes.

Le nom de Nerva, successeur de Domitien, ne se lit qu'une seule fois en Egypte, c'est à Syène, où cet empereur fit élever un petit temple dédie aux dieux du pays et de la cataracte , Chnouphis, Saté (Junon), et Anoukis (Vesta), et ce monument révèle déjà l'extrême décadence de l'art en Égypte.

Durant ces trois derniers règnes, l'histoire est muette à l'égard de l'Egypte. Fut-elle heureuse? On est disposé à le croire. Le premier de ces trois règnes fut celui de Titus, mais il fut suivi de celui de Domitien.

C'est dans ces temps-là que le christianisme jeta ses premières racines en Égypte. Saint Marc les arrosa de son sang, et les patriarches de l'Église chrétienne d'Égypte, ou Église copte, se disent ses successeurs. Alexandrie fut d'abord le siège du patriarche depuis saint Marc, qui a eu près de soixante et dix successeurs; mais l'appauvrissement du nombre des chrétiens coptes a porté le patriarche à résider au Caire. Aucun évéque, aucun prêtre ne convoite ces fonctions : les principaux de la nation désignent trois personnages parmi les plus recommanda bles. Ceux qui se supposent inscrits dans cette liste de candidats., s'enfuient aussitôt dans le désert ; mais le pacha prête des janissaires, fait saisir les fuyards et les fait conduire au Caire, dans l'assembléé, avec les fers aux pieds et aux mains, dont ils ne sont délivrés qu'après que l'élection est faite. A cet effet, on écrit les noms des trois personnes sur autant de billets séparés; on les dépose durant trois jours consécutifs sous le calice pendant la messe, et chaque jour, après la consécration , un jeune garçon tire au hasard un de ces billets de 'dessous le calice : celui des trois candidats dont le nom est venu deux fois pendant les trois jours est élu patriarche : titre de suprématie et d'humilité tout à la fois, d'autorité et de privations, les moyens d'existençe étant extrêmement restreints , les devoirs étant multipliés ; ayant pour siège d'honneur une simple peau de mouton;

L'UNIVERS

étant soumis à une abstinence continuelle, et u'ayant pour tout mobilier que des plats de terre commune etdes ustensiles en bois. Les commencements de cette religion remontent donc à Domitien.

Son successeur Nerva n'a rien laissé dans son histoire qui intéresse éminemment PÉgypte ; son règne fut d'ailleurs très-court. Il reste , au contraire , sur les monuments égyptiens un grand nombre de souvenirs du règne de Trajan, successeur de Nerva. Les juifs continuèrent à se montrer turbulents comme sous les deux règnes précédents; ils luttèrent contre la force publique , réussirent même à mettre en fuite le préfet Lupus , et Trajan se vit dans la nécessité d'envoyer de Rome , avec des forces considérables , Martius Turbo , qui eut longtemps à lutter contre de perpétuelles séditions et des guerres intestines, causes continues de désolation dans Alexandrie. L'inimitié réciproque des Grecs et des juifs en était toujours la source. Us ne détournèrent pas le gouverneur de l'Égypte de favoriser la construction des nouveaux édifices publics, ou de continuer celle des anciens. Le grand temple de Philœ porte les inscriptions de « l'empereur César, Nerva, Trajan , Auguste, toujours vivant, aimé d'isis; » àOmbos, l'empereur prend de plus le titre de Germanique et de Dacique ; son nom se lit aussi 5 Dendérah ; à Philo», il a de plus, sur un autre monument, les titres de soleil seigneur des deux mondes. Cls du soleil, seigneur des seigneurs, aimé de Pbtha etu'Isis.

Le règne d'Hadrien (l'an 117) fut bienfaisant pour l'Égypte; Martius Turbo termina la guerre des juifs; il eut le rhéteur Héliodore pour successeur dans cette préfecture, ^.'esprit turbulent des Alexandrins remplaça les juifs dans les entreprises de désordre.

iJes Égyptiens même ne furent pas toujours étrangers à ces causes de trouble. Un nouveau boeuf Apis fut Recouvert; et les divergences d'opinion au sujet du lieu où il devait être place occasionnèrent des séditions armées.

Hadrien en fut informé pendant qn'il

visitait la Gaule. Bientôt après il se rendit lui-même en Égypte.

Arrivé à Péluse , il fit restaurer et embellir le monument funéraire de Pompée. Il visita toutes les parties de l'Égypte ; on frappa des monnaies de bronze commémoratives de ce voyage.

On y voit la ville ^'Alexandrie personnifiée, allant au-devant de l'empereur qui arrive monté sur un quadrige; l'empereur recevant les hommages de la ville ; l'union de la ville et du prince, se donnant la main ; la pompe triomphale d'Hadrien dans Alexandrie , et les sacrifices qu'il y Ht aux dieux. Il et représenté sur une autre de ces médailles voyageant sur le Nil, dans une galère dont la proue est ornée d'une corne d'abondance. D'autres monnaies de ce prince portent l'effigie ou b figure Je l'impératrice Sabine, et leur date est de la fin de l'an 14 et du commencement de l'an 15 du règne d'Hadrien , compté selon la méthode égyptienne , ce qui revient à la fin de Fett de l'an 130 de l'ère chrétienne.

iElius Spartianus raconte ce qui suit : « Pendant sa navigation sur le Nil, Hadrien perdit son Antinous, et il le pleura comme l'aurait fait une femme.» Antinous en effet se m dans le Nil; Hadrien lui fit décerner des honneurs presque divins, et fonda une ville en son honneur, nommée Antinoé , construite et gouvernée selon les usages des Grecs (vovez notre pioche 36). Hadrien, ami des arts, Iras en Égypte des traces nombreuses^ son goût et de la protection qu'il \w accordait. Le pronaos du temple <f r> nèh; le temple au nord de cette ville les édifices de Dendérah ; imedesportft de Médinet-Uabou à Thèbes; te actuaire du temple au sud de l'hippodrome ; et l'obélisque qui est aujourliui au Monte-Pinciq à Rome, son' es ouvrages de son règne; et cet obélisque porte à la fois le nom d'Hadrien, celui de l'impératrice Sabine et celui d'Antinous. A ces document de l'histoire d'Egypte sous Hadrien, on peut en ajouter un autre non mom> curieux , et qui est une lettre écrite d'tfgvptc par l'empereur lui-même.

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