‹ Égypte et PalestineChapitre 90 sur 94 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

QUELQUES NOTES SUR LE MIRAGE

Je vais résumer les différents phénomènes que j’ai observés sur le lac Menzaleh. Parti à six heures, dès six heures un quart, je pus apercevoir des phénomènes de mirage. La température n’était pas élevée , aussi ne peut-on l’invoquer pour expliquer les faits ; la lumière était déjà assez forte , mais elle était loin de l’être autant que dans fa journée. A ce moment, j’apercevais Port-Saïd avec ses bâtiments, mais la langue de terre sur laquelle la ville repose paraissait fort mince et élevée seulement de deux mètres au-dessus du niveau du lac. A mesure qu’on s’éloignait, la langue de terre paraissait s’amincir jusqu’à ce que la ligne d’horizon passât au niveau de la base des maisons. Port-Saïd semblait alors bâti dans l’eau; les maisons, malgré la distance qui me séparait de la ville, gardaient leurs dimensions.

^*12 QUELQUES NOTES SUR LE MIRAGE

Mais voici le mirage qui va commencer. |

A mesure que nous nous éloignions, Port-Saïd, au lieu ;

de diminuer de bas en haut en paraissant s’enfoncer i

dans l’eau, paraissait s’élever en l’air. Les maisons sem- î

Liaient s’élever en totalité, sans présenter la moindre i

déformation. j

L’atmosphère paraissait s’engager entre la ligne d’ho- |

rizon formée par l’eau et la hase des maisons. Cette bande ]

d’atmosphère avait la couleur, l’aspect, la diaphanéité \

de l’air. Ce phénomène a été croissant jusqu’à ce que |

la bande d’atmosphère finît par égaler la moitié de la J

hauteur des chalets (je parle de souvenir, car cette me- .!

sure ne m’a jias préoccupé au moment même ; d’après 'i

mes dessins, elle me semble exacte). Quoi qu’il eu soit, |

il y eut un moment pendant lequel le phénomène resta |

stationnaire : Port-Saïd était en Pair, les bâtiments les ï

plus élevés paraissaient les plus élevés, les maisons n’étaient pas renversées, mais la ville semblait avoir été i

élevée en l’air, tout d’une pièce, et comme si une bande d’air s’était interposée entre la ligne d’horizon formée par l’eau et la hase des maisons. En quittant Port-Saïd, je ne pouvais voir les mâts des navires; eh bien, alors ils devinrent distincts et je les apercevais, avec ma longue-vue^ bien entendu; je distinguais même les cordages et le pavillon. Les couleurs m’apparaissaient avec leurs nuances, et je voyais surtout la couleur rouge qui terminait un pavillon tricolore. Les maisons, les cha-, lets se présentaient avec leurs contours, avec leurs détails, leurs couleurs. Mais bientôt la hase des maisons, des chalets, de tous les autres hàliments, a cessé d’être

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ilisliiiclu. Au lieu d’une ligue uelLc, j’avais une ligne dilTuse. .le dois faire observer que sur la surface de l’eau, sur la ligne d’horizon, je ne voyais pas l’air vibrer comme l’air échauffé; les maisons ii’étaient point tordues comme quand on les voit à travers une couche d’air échauffé, elles ne tremblotaient pas. Or, ce phénomène de tremblotement est constant quand on aperçoit un objet à travers une couche d’air échauffé; les lignes droites sont alors tordues. A mesure que nous nous éloignions, l’air paraissait gagner sur la base des maisons. Le sommet, les lignes des toits étaient trèsnettes ; seule, la base était diffuse dans la partie où elle était continue à l’air. Les parties les plus élevées sont celles qui sont restées distinctes les dernières ; ainsi le sommet du phare, du minaret, le pavillon tricolore dont j’ai parlé, ont disparu les derniers, puis tout a disparu. 11 était onze heures et demie, j’avais quitté la ville à six heures du matin, soit cinq heures et demie auparavant.

En arrivant à Damiette à trois heures, j’ai aperçu d’abord le sommet de la mosquée vers le nord-est, puis vers l’est, mais plus au sud, les palmiers. A mesure que j’avançais, la mosquée et les arbres devenaient plus nets, mais de haut en bas. Enfin, il v eut un moment où la mosquéè et les arbres paraissaient être en l’air et séparés de l’eau par une bande d’air. Puis, autant que je puis me le rappeler, la mosquée sembla s’abaisser pour arriver au niveau de la ligne d’horizon formée jiar l’eau, et la terre apparut au-dessous d’elle ; mais cette ligne de terre était fort amincie.

iU QUELQ ES OTES SUR LE MIRAGE.

Damiette m’apparut d’abord en l’air, puis peu à j)eu elle s’abaissa, mais elle me seiuldait presque sur le rivage. En descendant à terre, je constatai que j’avais été victime d’une illusion. Dans mon vova^e à l’istlime j’ai remarqué que les objets paraissaient très-rapprochés; j’attribue ce phénomène à la grande transparence de l’air. Un fait analogue se produit dans les pays de montagnes; ainsi, quand pour la première fois je visitai les Pyrénées, je croyais les montagnes très-rapproebées

lorsque j’en étais encore à une grande distance ; l’habitude corrige cette erreur d’appréciation. Tous ces faits reconnaissent une meme cause : la grande raréfaction de l’air. En effet, l’air est plus raréfié dans les rnonlagnes que dans les vallées ; il l’est aussi beaucoup au niveau du sol, dans les pays chauds, mais j’ai vu, à Damiette, Pair trembloter par écliauffement à trente et quarante pieds encore au-dessus du sol.

J’ai cherché, pendant mon voyage, l’explication des faits que j’observais, mais sans pouvoir y })arvenir.

D’ordinaire, quand on regarde à l’horizon en plein Océan, et qu’un navire se montre, on aperçoit d’abord le haut des mats, les cordages et les voiles, puis enfin le vaisseau lui-même ; il en est de même des tours et des phares qu’on peut rencontrer. Le navire, la tour, le phare ne sont vus en entier que lorsqu’ils sont sur la ligne de l’horizon.

Dans les lieux où se produit le mirage, c’est tout le contraire qui arrive. L’objet que l’on aperçoit ne semble pas sortir de l’eau, il apparaît réellement en Pair, ce sont les parties supérieures qui sont vues les premières

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avec une grande iielteté. Tandis qn’nn navire qui vient vers vous, en mer, paraît s’élever, il y a dans le mirage lin phénomène inverse. L’objet vu d’abord en l’air, croit de haut en bas, tout en gardant la position qu’il avait auparavant. Le navire qui s’élève au-dessus des flots, s’élève réellement, il change de place, l’objet aperçu dans un lieu où il y a mirage, ne change pas de place ; il est toujours en l’air, mais il croît jusqu’à ce qu’il soit complet.

Les maisons sont en l’air, les parties les plus élevées se voient les premières, et quand le phénomène est complet, quand la série de maisons qui composent une ville est toute visible, alors la ville parait en l’air. La base de toutes les maisons est sur une ligne horizontale. Une bande d’air semble séparer la base des maisons de la ligne d’horizon, mais la base des maisons n’est nette que quand on voit la maison tout entière. A’ mesure qu’on se rapproche, l’ensemble des maisons semble descendre vers la ligne d’horizon, et après quelque temps, les maisons reposent sur l’eau. Puis on aperçoit la terre et la ville sous son Véritable aspect.

Un fait notable, c’est que par l’effet du mirage, les objets s’aperçoivent à une grande distance et avec une netteté qu’il est difficile d’imaginer. Ainsi, quand je voyais Port-Said en l’air, je distinguais parfaitement la couleur des toits, des chalets, du pavillon d’un navire. Or, ce dernier était a trois ou quatre kilomètres en dehors de Port-Saïd. La langue de terre sur laquelle est bâtie la ville a 750 mètres environ, et comme je la vovais obliquement, elle devait avoir la moitié au plus, mais

QUELQUES NOTES SUR LE MIRAGE

je ne puis savoir qu’approximaLivemeiiLà quelle distauce j’étais de Port-Saïd.

L apparition d’objets dans te ciel peut avoir lieu quand ces olqcts sont séparés de l’observateur par du sable. Eu remontant le canal, avant d’arriver au cap, j’apercevais une montagne qui me paraissait en l’air. Le sommet était plus net que la base. Comme je remontais vers le sud et que je ne me suis pas rapproché, elle m’a toujours paru en l’air.

Un mot ici de la pins grande importance. Le mirage est la reproduction d’une chose vraie et dans sa position naturelle. Ainsi cette montagne (je l’ai observée pins tard, sans mirage et de très-près) avait bien la forme que je lui connaissais, mais elle m’a paru plus basse que le mirage me l’avait fait supposer. Jamais je n’ai vu d’hommes ni de l)ateanx renversés. Je ne nie pas que le fait existe, mais je ne l’ai })as observé.

L’effet du mirage le plus simple est celui qui est produit par la chaleur. L’air s’échauffe, et vous le voyez trembloter, vibrer et décrire des ondulations que j’ai pu bien souvent dessiner. A Port-Saïd, vers onze heures ou midi, en regardant du côté du lac, du coté sud, on voyait (avec une longue-vue) vibrer l’air, non pas à l’horizon, mais sur les objets placés au-devant de l’horizon. Par transparence, au travers de cet air échauffé, on apercevait les objets , mais ils paraissaient trembloter et décrire des mouvements presque fantastique^. Ces mouvements tenaient à ce que les rayons lumineux réfléchis par ces objets, traversaient une couche d’air échauffée et en mouvement ascensionnel , par la réfraction

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celles-ci les tordait, les repliait de niillc laçons.

Cet air écliaiifte est d’aspect semblable à celui de l’air que l’on voit courir sur le côté d’un tuyau de poêle fortement chauffé; il ressemble à l’éther qui se vaporise.

Cet air échauffé au contact du sol ou de l’eau, suit l’impulsion du vent et on peut le voir courir. N’y a-t-il pas de vent, il s’accumule et il devient assez dense pour intercepter les rayons lumineux provenant des objets placés ‘derrière lui.

Le l®" juin 1862, quand nous avons été débarqués sur la plage. (embouchure du Nil, rive gauche), nous avons aperçu de l’air échauffé courant en vibrant devant les maisons placées vers l’ouest, à cinq cents mètres peut-être de nous. Cet air vibrant n’était pas assez épais pour cacher les objets devant lesquels il courait, aussi, avec la longue-vue, les apercevait-on derrière cet air. La couche d’air échauffé était plus considérable près du sol qu’au-dessus du sol. Pour bien apercevoir cette couche, il faut que derrière elle soient des parties de couleur foncée; les objets de couleur verte surtout font un excellent effet, et l’on voit très-bien l’air échauffé courir devant des palmiers. La plus haute couche d’air échauffé que j’ai vue, avait six à sept mètres. Les objets que l’on aperçoit à travers un air éthéré, vibrant, sembleiit vibrer aussi; les branches de palmier semblaient onduler et décrire des espèces de torsions.

ARMÉE

Dans imc vaste pièce de la prison de Minieli, j’aperçus une centaine au moins de jeunes fellahs accroupis par groupes. Je demande quels sont les méfaits de ces jeunes criminels et j’apprends que j’ai devant moi de jeunes conscrits qui attendent en prison qn’on les conduise au Caire. On ne les laisse pas sortir de peur qu’ils s’échappent. J’ai déjà parlé du recrutement en Égypte, j’en dirai encore quelques mots.

Quand le gouvernement a besoin de soldats, il écrit aux mudirs avec ordre de lui fournir un certain nombre de jeunes gens de 15 à 18 ans. Ceux que j’ai vus avaient une piteuse mine; ils ne quittaient pas de l’œil un grand diable d’Aibanais qu’ils paraissaient craindre beaucoup. Comme je les trouvais chétifs, maigres et surtout très-jeunes, on en fit lever un qu’on me permit d’examiner. 11 paraissait fort et vigoureux, il avait de larges épaules, une large poitrine, mais c’était le seul qui parût aussi bien constitué. Ces malheureux doivent servir un teiu})s indéterminé; ils ont l’air d’un véritable troupeau. Très-certainement, il y en a qui n’ont pas plus de treize à quatorze ans. Sur quoi d’ailleurs se baseraiton pour avoir leur âge, il n’y pas d’état civil en Égypte.

La conscription se réi)ètc quelquefois à quinze jours dbntervalle, le gouvernement force le contingent a

ARMÉE

rouüllirà sa ^uisc. Du Icmps de Mélicniel-Ali, peur avoir des soldats, le vice roi faisait entourer les villages par des Carras et des Bédouins, et pendant la nuit on surprenait les jeunes gens. Après examen du médecin, on renvoyait ceux qui n’étaient pas propres an service. Les jeunes fellahs ont en horreur l’état militaire, et il n’est pas de mutilations qu’ils n’inventent pour s’en affranchir. Ainsi ils se coupent, tantôt l’index, tantôt le ponce de la main droite; ils se crèvent quelquefois lin œil, etc., etc.

Le >27 décembre 1861 , je vais àda caserne de Casernil, an Caire. Cette caserne est placée autour du palais du vice-roi. Les officiers comme les soldats, sont logés dans la caserne, et il ne leur est pas permis d’en sortir sans autorisation. Les soldats ne l’obtiennent jamais, aussi sont-ils toujours renfermés. Quant aux officiers, ils sortent en secret. 11 y a pour cela une sorte de tolérance de la part du lieutenant ou du sons-lien tenant placé à la porte du bâtiment. Le pacha, qui ne va qu’une fois par an dans son harem, s’occupe constamment de son armée; c’est lui qui punit. Un ofticier ne peut imposer à ses soldats que deux à trois jours de prison. Pour les peines plus graves, c’est le pacha seul qui ordonne, aussi les ofüciers ont-ils peu d’autorité sur leurs hommes. Le pacha écoute plus volontiers les soldats que les ofüciers. Quand un soldat est condainné à la jieine de mort, on peut le faire mourir de plusieurs manières. Tantôt 012 le pend, tantôt on le fusille, quelquefois ou h*, jette tout vivant dans le Nil, avec un boulet au cou.

L(* pacha fait aussi administi'er la bastonnade et parfois

ARMÉE

jusqu’à cinq ccnls coups de nerfs de l)œuf sur les reins; il n’en faut pas tant pour amener la mort, mais on s’arrête en route le plus ordinairement. On le voit, la nature des supplices varie selon le bon i)laisir dn pacha, (pii s’inspire des circonstances. Comme je l’ai dit, les soldats ont fort peu de respect pour leurs officiers et ils se dérangent à peine pour les laisser passer. J’ai constaté plusieurs fois ce fait pendant ma visite à la caserne.

Le vice- roi peut faire bàtonner tout le monde, un pacba même si cela lui plaisait. Cependant, il est certaines gens qu’il n’ose pas faire battre à cause de leur éducation, de leur famille ou de leurs relations. Les individus connus pour leur courage et leur énergie, n’ont rien à craindre du bâton, le vice-roi aurait peur d’une vengeance. En général, il n’ose pas faire battre un Turc.

J1 y a deux espèces de soldats ; les plus jeunes de l^ à 15 ans sont commandés par les officiers; puis il y a ceux qu’on appelle « soldats du vice-roi « qui ont de 18 à ->0 ans. Toujours en rapport avec l’Altesse, ils ont une sorte d’autorité. Un jour, un olficier met en prison un do ses soldats. Un soldat de son Altesse vient a passer

et lui demande pourquoi on l’a renfermé. « Tu es un imbécile, ajouta-t-il, va te plaindre à ton colonel, et dis-lui que tu as été puni parce que tu n’as })as voulu te laisser faire. » La chose aurait pris de graves piopoitions si l’officier, prévenu à temps, n’avait attiré le coupalde dans sa chambre et no lui avait fait a^ouel après force coups de bâton, le mensonge que lui avait conseillé le soldat de son Altesse.

ARMÉK.

Il est défoiKlii aux soldats et aux oflicicrs qui habitent

la caserne de se mai'ier. Aussi la sodomie est-elle eu grand honneur. On la punit quand ou veut la voir, mais constamment on ferme les yeux là-dessus.

Le soldat est bien nourri pour le pays. Il a par jour trois pains de 250 grammes environ et une ration. Le pain est fort bon, j’en ai goûté ; il est presque tout à fait blanc et bien supérieur au pain français. Les soldats n’ont que des légumes, jamais de viande. Ils mangent à midi et à 5 et 6 heures du soir; le matin, ils ont leur pain seulement. A mesure qu’il s’élève en grade, le militaire reçoit plus de rations. Un pacha a 150 pains et 50 rations par jour.

Les soldats ont, quand on les leur donne, 5 francs par mois. Ils emploient cet argent à s’acheter des bas, mais comme ils en usent trop rapidement le pied, ils portent aussi des chaussons. Ils ont des bottines, mais quelles bottines ! elles sont trop grandes, éculées le plus souvent et sans cordons. Leur mollet est entouré par des jambières en cuir jaune. Ils portent une sorte de robe avec des jupons blancs, costume parfaitement en rapport avec leur rôle souvent féminin, autour de la taille une ceinture analogue à la ceinture gymnastique de nos pompiers. Les aristocrates mettent une autre ceinture dont les extrémités tombent sur les côtés, ce qui les fait ressembler à des écuvers du moven âge. Le tarbouck constitue leur coiffure.

La caserne est fort malj)ropre. A voir les escaliers et les chambres couverts de poussière, de débris de paille et autres, on dirait qu’un déménagement vient d’avoir

ARJlfiR.

lieu. 11 paraît que l’usage du balai est peu connu par ici. Cependant, j’aperçois des soldats qui balayent les corridors, nous avons mcine beaucoup de peine à leur faire cesser leur ouvrage au nionient où nous passons, bien que nous ayons un officier avec nous. Ces gaillards nous couvrent de poussière.

Ces soldats ne brillent pas par leur pudeur. J’en vois un accroupi sur le rcliord de terre qui limite à l’ouest la cour de la caserne; il fait ses besoins et laisse voir scs organes génitaux à tout le inonde. Quand il a fini, il vient vers nous, le jupon levé. J’ai rarement vu un gaillard plus indécent.

Ces capitaines savent lire le plus souvent, mais ce n’est pas indispensable. Un vice-roi n’aimait pas les officiers qui ont servi à l’étranger, et on lui prêle cette parole : « Je ne veux pas, disait-il un jour, des officiers qui en savent plus que moi. » Ce fait est caractéristique.

SOUFFRANCES

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