TRAITEMENT
Pour mon compte, je me suis assuré que le traitement mercuriel ne produit rien d’avantageux ; je l’ai suivi quinze jours , prenant deux et trois pilules par jour, sans en avoir éprouvé aucun bien.
L’iodure de potassium ne m’a pas réussi. Le fer réduit par l’hydrogène est une médication mauvaise pour les pays chauds, ainsi j’ai eu des étourdissements et des accidents qui m’ont fait craindre une attaque d’apoplexie; j’avais des tintements d’oreille. M. Galeski auquel j’en avais parlé, m’a affirmé que l’administration du fer provoquait toujours les mêmes accidents. J’ai suspendu l’usage du café avec avantage pour les Ilamwel Nil, mais les gros boutons de se sont pas améliorés.
J’ai abandonné Peau qui était ma seule boisson et je n*ai bu que du vin sans obtenir de résultat; le vin de quinquina ne m’a rien fait. Les purgatifs répétés n’ont rien produit.
lîOUTON DU NIL.
Comme moyens locau.x :
J’ai employé le sparadrap. 11 lail plus de mal que de bien, car il empêche l’évaporalioii de la sérosité du pus.
Il active cette sécrétion morbide et le pus ne pouvant s’écouler au dehors creuse la jilaie et s’amasse avec une tension d’autant plus pénible que le sparadrap ramollit les lèvres de la plaie qui est douée d’une sensibilité exquise. Les emplâtres doivent donc être rejetés.
Les cautérisations avec le nitrate d’argent ne m’ont donné aucun résultat. Un instant, la suppuration paraît s’arrêter, mais bientôt elle recommence. Le baume d’Arnauld paraissait d’abord promettre quelques bons effets ; la plaie se séchait momentanément, mais bientôt le pus reparaissait.
J’ai essayé les grands bains répétés d’eau tiède ; ils ont eu pour résultat de donner aux plaies une sensibilité exquise et telle qu’elle amène des douleurs atroces. Ils font tomber toutes les croûtes, mais en se reformant celles-ci occasionnent de grandes douleurs.
La poudre de riz me faisait du bien, mais ne me guérissait pas.
Quelques personnes appliquent sur la peau du Henné substance astringente.
Le meilleur calmant, je le répète, c’est l’eau froide. Comme j’éprouvais ces accidents pendant les grandes chaleurs de l’été, je projetais sur mon corps, plusieurs fois dans la journée de l’eau à la température ordinaire.
Les Arabes recommandent de se frotter le corps avec une pastèque. Celle-ci doit produire le même effet que
UUUTUiN DU NIL.
les lülioiis d’eau IVoidc, car la pulpe de la pastèque ruriiie une sorte de cataplasme.
D’autres se frottent le corps avec le limon du Nil ; c’est encore une lotion froide.
La tension de la peau infiltrée dans les boutons du Nil est lioiTible.
L’élévation des membres aflectés est une chose excellente, mais elle ne fait que soulager et dégager l’organe malade. Mais comme par ce moyen, les douleurs spontanées cessent ou tout au moins diminuent, je le conseille quand le mal siège aux jambes.
Le séjour prolongé des pieds dans l’eau froide, a amené la diminution des ulcères et leur demi-guérison momentanée, mais alors ma tète s’est congestionnée et j’ai craint des accidents cérébraux.
On serait assez porté à croire que si on écorche les pieds infiltrés, la cicatrisation ne se fait (jue difficilement.
A Siount, j’allais bien lorsqu’il m’est venu une écor chure à la peau, au niveau des saillies péronières. Je crois que cela a commencé par une grosse pustule d’Aché. Dans le trajet de Siount à Minieh, je ne pouvais plus mettre de bottines élastiques. J’achetais des pantoulles et ayant ainsi le pied au large, je marchais parfaitement malgré mon mal. Ainsi à Boni-Souef, j’ai ])u taire plus d’une lieue après avoir trotté toute la journée.
M. Rossin me dit que le furoncle du Nil vient plutôt • chez les adultes; il sévit chez les indigènes et chez les Luropéens.
BOUTON DU NIL
Au début, il met des catajdasmes, puis si la suppuration marche laiblement, il ajoute de l’onguent de la mère. 11 parait avoir étudié faiblement cette maladie ; il semblait supposer que l’ulcère du Nil pouvait venir sans boutons; il ignorait qu’il pût se produire par le simple frottement.*