NOUVEAUX RENSEIGNEMENTS RECUEILMS LE 2G JUILLET
Nassar est marié, mais il n’ose aller dans son village, il a honte, dit-il; peut-être n’avoue-t-il pas tout, et a-til peur d’être chassé par ses compatriotes. Leniain ,
NOTES SUll LA LENIE.
Ti juillet 1862, il partira avec Ahdel-Gader pour aller dans nn village demander dn blé. Ces inalhenrenx font l’été leur provision pour l’hiver; ils vont au village d’Abdel-Gader : je crois me le rappeler du moins. Celuici me disait hier qu’il allait partir pour son pays natal, mais qn’il n’entrerait pas dans son village, il se mettrait dans nn jardin on on lui apporterait ce qui Ini était nécessaire.
J’ai déjà dit que ces malheureux, et peut-être tons les gens du pays, croient la maladie contagieuse dans le village, mais non à Jérusalem. On m’expliquait ce fait par les prophètes qui y ont existé en grand nombre. Cette explication m’était donnée par nn Grec ; or les Grecs, en fait de religion , sont d’une bêtise dont on ne peut avoir l’idée.
Nassar me dit qn’il espère recueillir avec Abdel-Gader pour 200 francs de blé ; c’est nn chiffre important.
Ils partiront, demain 27 juillet, comme je l’ai dit, et seront de retour ici le 50 juillet.
Nassar me raconte que dans le village des lépreux on assure que je prends leurs observations et leurs portraits pour les emporter dans mon pays. De là, avec le portrait, je pourrai les faire venir et exécuter mille çortiléges et mille sorcelleries.
Cet homme doit croire à tout cela, il croit aux sorts jetés, aux aiguillettes et à mille fariboles du même genre.
11 est devenu lépreux, ai-je dit plus haut, étant âgé; il a une grande barbe grise.
Ses yeux ont encore de la vivacité ; de nombreux plis
NOTES SUR LA LÈPRE
traversent son front, il n’a pas de sourcils et les arcades sonrcilières sont fort saillantes, elles sont composées d’une série de gros tubercules saillants faisant partie intégrante de la peau. Ces tubercules ont la couleur de la peau , cette teinte jaune caractéristif[ue du masque des lépreux, entre ces tubercules il y a de petits sillons ; les tubercules font saillir l’arcade sourcilière, aussi les
yeux paraissent- ils enfoncés; il y a quelques jietits cils.
Le nez est gros , rouge à sa pointe , là il parait inégal et vasculaire. La peau du nez parait épaissie dans sa totalité, cependant les cartilages ont conimencé à disparaître ; à la face interne de l’aile droite, et il y a une petite plaie noirâtre ; c’est le cartilage (pii s’élimine, dans cet endroit le malade dit qu’il a un gros bouton intérieur.
Le nez est un peu tordu sur liii-mème, à l’aile droite se voit une double échancrure. Au bout du nez, petits mamelons rouges violacés.