II.VSSAW-ASIACllI} aide lUIiograplic
2 juin 18G2.
Il ignore son âge : quarante ans?
11 est né au Caire; son père et sa mère y sont nés comme lui. Il est borgne.
Il dit qu’il y a quinze jours il n’avait rien (il paraît que c’est vrai).
11 y a (juinze jours qu’il a les jambes malades.
11 n’a pas de fièvre.
Il habite Damiette depuis le 9 mai 1862 (sept jours après il est malade).
Avant d’arriver à Damiette il n’avait rien.
11 habite au quartier Telth.
11 a été pris d’abord aux jambes.
Deux jours aju-ès les parties étaient enflées; elles ont été énormes, comme la tète d’un adulte.
Il a mis de l’eau froide, cela a diminué.
11 n’avait ni fièvre ni douleurs au moment de l’arrivée des accidents.
Les jambes n’ont pas été plus grosses que maintenant; actuellement il est indisposé, sans être véritablement malade; il n’a rien fait pour ses jambes.
Il habite un endroil humide.
11 assure qu’ici ceux qui mangent du poisson ont les jambes grosses ; il prétend que tout le monde est malade; il dit qu’il a des rapports sexuels.
Etat actuel. — Œdème à la partie interne du genou ; cela tremblote.
DE L’ÉLÉPllAÎN’TIASIS.
Œdème de la partie inférieure de la jambe droite; le doigt y pénètre facilement.
Même chose pour la jambe gauche.
Œdème des pieds.
bien aux bras.
Scrotum du volume de la tête d’un enfant ; la peau du scrotum épaisse en bas, de l’épaisseur d’un doigt.
Testicule droit gros, mais paraissant sain; il ne descend pas plus bas que d’ordinaire.
Le testicule gauche paraît énorme, mais il y a hydrocèle, et je sens un ballottement.
Ganglions considérables à l’aine droite; pas de cordon à la partie interne de la jambe droite.
Ganglions considérables à l’aine gauche; ils ont le volume d’un œuf de pigeon ; ils ne sont pas enflammés.
Peau du scrotum dure, papilles énormes.
Œdème du fourreau ; celui-ci est énorme ;■ le gland est normal.
Poils au scrotum {fig. li).
.\rnbc nynnt refusé le fcloucli.
4 juin.
11 n’a pas voulu dire son âge, ni son nom.
Né à Damiette : quarante à cinquante ans?
11 ne sait pas depuis quand il est malade.
11 dit qu’il y a trois ans qu’il est pris aux testicules. Scrotum gros comme une tête d’enfant de douze ans. Verge intacte (p/- VI, 5).
DE L’ÉLÉl'lIAiN'TlASIS. 509
Fistule curieuse au-dessous; il en sort des gouttelettes d’urine.
Jambe gauche énorme ; tubercules formant deux bourrelets sur le devant du cou-de-pied; ces bourrelets sont garnis de saletés et de sortes d’écailles ; le cou-de-pied est sain. Le dos du pied et la partie supérieure des orteils sont garnis de tubercules et de petits points ayant cette forme.
Le pied gauche est énorme; il ressemble à une peau de bérissoil, à de petits hérissons.
La jambe gauche est grosse, tendue, dure; la peau de la jambe est saine.
Jambe droite tendue, dure; le doigt y pénètre.
Bonne santé.
Les pieds étaient tellement ignobles que je ne lésai pas mesurés; c’était une horreur {pl. Xll, fîg. 5 et C)).
IIACi->l tSTA PlIA'i: I.-AK A I>
rASsEMENTlEU AU UAZAH, DEMEURE DANS UNE l'ETITE DUE ENTRE I.E BAZAR ET LE N'IL A PI.\ :>AS DU NIL (pl. .\, /îÿ. 1 à 4).
DnmieUe, 2 juin 1802.
Cet homme, âgé au moins de cinquante ans, est né à Damiette. Ni son grand-père, ni sa grand’mère, ni son père, ni sa mère, n’ont eu la maladie. Son frère ne l 'a pas eue non plus, mais de quatre lils de son frère, trois ont l’élépbantiasis (j’en ai vu un), un quatrième fils n’a ]ias été atteint.
Cet homme a un fils âgé de trente ans, qui n’est pas malade, assure-t-il.
Il me raconte qu’ autrefois il y avait autant d’éléphantiasis que maintenant; il me dit que la maladie est aussi fréquente dans tous les quartiers de la ville. 11 prétend qu’à Damiette et à Rosette le quart des habitants est frappé (c’est exagéré). Les femmes, dit-il, sont plus facilement atteintes que les hommes; je le crois, car, en regardant avec attention, au bazar, les jambes des personnes qui passaient, j’ai remarqué plus de malades parmi les femmes que parmi les hommes.
Cet individu, qui est intelligent, aimable, causeur, et qui a voyagé, attribue la maladie à l’humidité et à l’abus du poisson.
Autrefois il mangeait beaucoup de poisson, et bien qu’il sache l’influence fâcheuse de cette alimentation, il en mange encore. Il mange aussi beaucoup' de poules d’eau. Il tient au poisson par économie et par goût; c’est la nourriture usuelle.
A peine opéré par Nabaraon, Hag-Mustapha me raconte qu’il alla faire festin de poisson. C’était, me dit-il avec regret, avec du poisson du Nil; il aurait préféré du poisson du lac Menzaleh.
Il y a vingt ans, il a été malade pour la première fois ; il a été pris de fièvre, de frisson; il avait grand froid, mais pas d’appétit. A ce moment, il a eu une douleur à l’aine droite. Cette douleur est descendue dans la jambe droite.
Sa tète lui tournait ; il n’avait plus sa connais-
sance.
nii L’ÉLÉPIIANTIASIS.
Sa jambe est devenue toute rouge; il paraît qu’il rendait de l’urine qui était toute rouge.
Pendant les trois premiers jours de la maladie, il a eu le délire; il est resté trois jours de plus à la maison.
11 se rappelle que la fièvre a précédé la rougeur de la jambe. — Ainsi, la jambe est devenue rouge, puis elle a perdu son épiderme, puis elle a grossi.
A peine allait-il mieux, qu’il est descendu pour vaquer à ses occupations, après avoir gardé le repos cinq jours.
Tous les quinze jours environ, dit-il, il avait de la fièvre, sa jambe droite redevenait rouge et présentait la série des premiers accidents. Ce n’esb que longtemps après les premiers accidents qu’il a eu l’idée de mettre deux bommous sur le côté interne et externe de la partie supérieure de la jambe. Mais cela n’a rien produit de bien. Il assure, du reste, qu’il faut mettre l’iiommous immédiatement après les premiers accidents; si on tarde, c’est chose inutile.
La jambe droite n’a jamais été plus volumineuse que maintenant; il paraît qu’après avoir augmenté successivement pendant les trois ou quatre années qui ont suivi les accidents, elle est devenue aussi grosse qu’elle est maintenant.
Ce malheureux marche avec une difficulté extrême; il ne peut plus ployer le genou droit depuis que le barbier a enlevé, dit-il, un morceau de chair à la partie interne de l’extrémité inférieure de la cuisse droite. Dans cet endroit, il existe encore une cicatrice profonde, la peau adhère à Tos du fémur.
11 va seize ans, la jambe gauche est devenue malade
312 DE L’ÉLÉPHANTIASIS
en passant par la série des accidents observés pour la jambe droite.
Il y a douze ans, Nabaraon lui a enlevé son scrotum, frappé d’éléphantiasis; après vingt et un jours, il était guéri.
Le 15 juin, je revois Ilag-Mustapha, il n’a pas continué la compression; je lui donne de la teinture d’iode pour frotter les aines.
Il me raconte qu’il y a vingt ans, il a eu mal au scrotum pour la première fois; cinq ans après, il s’est fait opérer par Nabaraon (il ignore réellement l’époque, car les renseignements du 6 juin et du 15 juin diffèrent). Il assure, le 15 juin, que dix ans avant d’avoir les jambes malades, il avait eu les parties malades.
11 affirme à plusieurs reprises que quand le scrotum a été atteint, il n’a pas eu de fièvre; il n’avait ni mal à la tète, ni étourdissements; le scrotum grossissait de temps en temps. A ce moment il avait, dit-il, la sensation de ballots qui lui tombaient dans les parties.
Il assure que son scrotum et ses jambes grossissaient quand il avait quelque contrariété. Il m’a dit cela ;i/«sieurs fois le 6 juin. Cela m’a été dit aussi par d’autres malades, mais j’ai cru à une farce et je ne l’ai pas noté, c’est à tort, car tous disent la même chose. Quand le scrotum grossissait, il devenait rouge; ainsi le scrotum grossissait puis diminuait, mais sans jamais revenir à son volume primitif, puis il grossissait encore.
Il me dit que l’éléphantiasis des jambes est loujoiirs précédé de la fièvre, ce qui .n’arrive pas toujours pour
DE L’ÉLÉPllANTIASIS.
l’élépliuiUiasis du scrotum, assure-t-il; chose importante à noter {voy. l’obs. d’Achmed-lIode).
11 a les plantes des pieds épaissies; ce fait modifie la longueur des membres affectes d’élépbantiasis.
Il vit étendu dans une boutique, il ne peut marcher. Il a une stomatite chronique.
15 juin 1802.
Il y a dix ans, il a eu les bras malades. La maladie a pris d’abord le bras droit; il a eu les mêmes accidents que pour la jambe; il a eu de la fièvre, du frisson, de la douleur; il avait des démangeaisons au dos de la main, et cela a gagné l’avant-bras. liras gauche malade à la même époque. 11 a mis des hommous et cela n’a rien fait; il n’a pas gardé le repos.
Il a eu les deux liras très-gros; il est venu un docteur de Constantinople qui lui a mis un vésicatoire au dos de la main et à la jiartie inférieure de la région antérieure du bras; on a incisé le vésicatoire. Il a remarqué que ce vésicatoire lui avait fait du bien, le bras était revenu à son volume.
Les incisions sous la peau ne lui ont jamais rien fait; il sortait du sang des incisions. Maintenant il met des sangsues quand la maladie revient; cela ne lui fait pas grand bien.
11 souffre davantage l’été ([ue l’biver {pi. X). (11 n’a pu être dessiné qu’en détail, membre par membre; je l’ai dessiné chez lui, dans une cour mal éclairée. Il n’a pas voulu laisser reproduire ses organes génitaux.)
DE L'ÉLÉPIIANTIASIS.
OillAR-AnOU-lBRAniIH
NK A MINICII, PRÈS DE MANSOUDAII.
8 juin 1862.
Agé de cinquante ans. Aveugle.
Il habite Damiette depuis trente années. Ni son père ni sa mère n’ont eu l’éléphantiasis. Il n’a pas d’enfants, bien qu’il se soit marié deux fois. Il demeure au quartier de Chabatanier. Malade depuis un an.
La jambe gauche a été la première atteinte. Il avait de la fièvre, qui a duré cinq jours, du frisson, de la chaleur; la jambe est. devenue grosse, rouge; il avait mal à la tête, il battait la campagne.
Pas de douleur à l’aine.
Il a gardé le repos cinq jours ; il n’a pas voulu mettre d’hommous.
La jambe droite a été prise, il y a deux mois; à ce moment, il a eu de la fièvre, du frisson ; il a gardé le le repos deux à trois jours; il n’a pas mis d’hommous. Il souffre de ses jambes tous les mois environ. Il a do la fièvre et la jambe devient comme elle était au début de la maladie.
Il mange peu de poisson ; il dit que ceux qui mangent beaucoup de poisson ont la maladie.
Il a les testicules gros depuis six ans, il a eu de la fièvre, les testicules ont grossi; il a gardé le lit quatre à cinq jours.
La tumeur ne lui fait aucun mal, testicules dur.? audessous.
Elût actuel . — Côté droit : Ganglions a laine; cuisse saine; jambe dure, tendue; plis au-dessus de la rotule; pieds et orteils sains {pl. 5).
Côté gauche ; Ganglions durs à l’aine ; cuisse grosse, peau hypertrophiée; jambe dure, tendue; le doigt pénètre (œdème); deux plis au cou-de-pied; dos du pied saillant, dur ; orteils sains.
AM-MEllCIiAVII
N-É A CUARADASSIÉ, QUABTIEn PE PAMIETTE.
Musulman; il est marin.
Il dit avoir vingt ans; il demeure dans le quartier de Charabassié. L’œil gauche perdu.
Non marié. (Les lemmes peuvent demander le divorce quand riiomme est infirme, bossu ou qu’il a les jambes grosses.)
Ni son père, ni sa mère n’ont eu l’éléphantiasis ; sa grand’mère l’avait eu.
Malade depuis sept années.
La jambe droite a été la première attaquée. Il a eu de la lièvre, du frisson; pas de douleur à l’aine droite; impossibilité de bouger la jambe. La jambe droite a été plus grosse que la gauche actuellement.
11 ne se rappelle pas bien le début de la maladie. On lui a mis un hommous à la partie supérieure et interne de la jambe droite. Il est sûr que celle-ci a été plus grosse que la gauche.
Il n’a jamais eu les bras gros. Les testicules n’ont jamais été plus volumineux que maintenant. Jambe
gauche malade depuis cinq ans. La semaine passée, il a eu de la fièvre, et la jambe gauche est devenue rouge comme du sang. Tous les ans on lui saigne la saphène interne en bas, au cou-de-pied. Cela ne lui fait pas grand’chose.
Il ne peut pas dire quel intervalle existe entre les accès.
Il paraît cependant intelligent.
Il a mis deux hommous à la jambe gauche.
Il garde le repos quand il est malade ; il n’a pas de proches parents.
11 se nourrit de poisson, de fromage, de fèves; il mange peu de viande; il n’aime pas les femmes.
Quand on le pique aux jambes et aux bras qui sont sains, il souffre la même chose.
La jambe gauche est malade depuis cinq ans ; au début, il a eu de la fièvre, du froid, pas de douleur à Taine. La jambe a grossi de plus en plus.
État actuel. — Côté droit : Cuisse droite saine, peau saine, souple au toucher.
Jambe grosse, dure au toucher. Peau saine. Deux plis au devant du cou-de-pied.
Dos du pied gros, arrondi.
Orteils sains.
Ganglions à Taine assez gros, mais indolents.
Pas de cordon à la ])artie interne de la cuisse droite.
Côté gauche : Ganglions gros et nombreux à Taine.
Cuisse énorme, souple.
Peau saine mais hypertrophiée, énorme.
A la jambe, masse inégale, dure comme du bois.
DE L’ÉLÉPIIANTIASIS.
11 éprouve de [rengourdissement à la jambe droite quand il marche ou qu’il se tient longtemps debout.
La jambe gauche ressemble à une énorme saucisse coupée par des cordes qui l’étranglent.
Le dos du pied gros, dur, étranglé.
Orteils sains et de grosseur normale.
Il a les testicules gros depuis trois ans ; un matin il s’est réveillé et a trouvé ses testicules grossis. 11 n’a eu ni fièvre, ni frisson {pl. XII, fig. \ à 2).
lIAG-ACHMF.D-lI.inCK