LA RÉVOLUTION D'AMENOTHES IV
immuable. Les hypogées de Houiya, de Khamhait, et d'une vingtaine d'autres, martelés, dépecés, ravagés, renferment à mon avis quelques-uns des meilleurs parmi les bas-reliefs égyptiens, les meilleurs peut-être.
La touche y est grasse, longue, hardie, le dessm lancé et franc : on croirait apercevoir Aménôthés III, la reine Tiyi (fig. 329), Houiya eux-mêmes. On fit quelquefois aussi bien par la suite, on ne fît jamais mieux.
Et brusquement, au moment où Thèbes atteint son apogée, voici que la folie mi-politique et mi-religieuse d' Aménôthés IV compromet l'existence de son école et, du même coup, arrachant a l'abandon où elle végétait une école provinciale imprégnée de traditions différentes, essaie de la lui substituer. Lorsqu'il transporta sa capitale a El-Amarna, il aurait pu emmener avec lui tout ou partie du personnel de Karnak. Les mêmes hommes qui avaient travaillé si vaillamment pour son père n'avaient rien perdu de leur vigueur : le petit portrait de Tiyi au Caire (flg. 330), la statuette que l'un d'eux fit de lui et qui est au Louvre (fig. 331), n'ont d'égales que les têtes merveilleuses de ses canopes (fig. 332), et les décorateurs du tombeau de son ministre Râmôsis, s'ils n'étaient pas
les mêmes que
di FiG. 33q. — Bas-reliefs triomphaux de Setoui l^',
U tombeau a Karnak.
d'Houîya, les va- (CHché Béato.) ^ — . ,. - . ■ — — i85 ■- - -
Fui. 340. — Fragment