DANS SON TOMBEAU
(Cliché Insinuer.)
montrent qu'à l'occasion l'ampleur et la force ne lui manquaient pas, mais ce ne sont après tout que des morceaux de bravoure sans accent personnel : où le caractère de l'époque se révèle dans sa pureté, c'est au temple de Gournah, c'est à l'hypogée des Bibàn el Molouk (fig. 348), c'est au Memnonium d'Abydos. Les tableaux de l'hypogée ne sont pas tous achevés, et des salles entières où le dessinateur a terminé sa tâche sans que le sculpteur ait commencé la sienne sont ornées uniquement d'esquisses aux encres noires et rouges : on y saisit sur le vif la grande habileté pratique des ouvriers communs, et l'on n'y admirera jamais trop la virtuosité avec laquelle le directeur, revisant le travail de ses aides, parvenait, au moyen de quelques reprises discrètes, à lui imposer l'empreinte de son talent propre (fig. 349). L'ensemble pourtant est triste et solennel, ainsi qu'il convient à une tombe : c'est en Abydos seulement que l'école a donné la mesure entière de son génie. Etudiez les originaux sur place, et vous ne douterez pas que le même maître ait devisé la décoration du temple et celle de l'hypogée, m qu'une partie au moins du même personnel de sculpture n'ait collaboré aux deux. C'est un relief souple et précis à la fois (fig. 349), que l'outil a caressé longtemps et dont il a coloré l'épiderme par des multitudes de tailles presque imperceptibles. Les dieux et les déesses ont les traits du souverain,
et ce profil partout répété se différencie de lui-même, à chaque fois (fig. 350-351), par une nuance nouvelle de langueur mélancolique :
Fig. 354. — SiPHTAH Ménéphïah