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L'ÉCOLE DE SCULPTURE MEMPHITE

FiG. 373. — Fragment du tombeau de MaÎphtah. (Musée du Caire.} (Cliché E. Brugsch.)

nérailles ne sont plus arrangées à la façon antique, dans des registres ordonnés sagement, avec des personnages marchant l'un derrière l'autre. La composition et la perspective y sont celles des Thébains, et cela saute aux yeux chez Harminou (fig. 372), dans le tableau de l'adieu au mort (fig. 371) : les pleureuses et les femmes de la famille défilent devant la momie, sautant, dansant, arrachant leurs cheveux, battant le tambourin, tandis que les hommes courent çà et là, agitant de longues tiges de joncs pour

écarter les esprits mauvais, et leur mêlée a le réalisme des temps qui suivirent immédiatement Aménôthès IV. Il en est de même pour les fragments de Maiphtah (fig. 373) : la danseuse du premier registre et le menuisier du second ne dépareraient pas les meilleurs tombeaux de Chéikh-Abd-el-Gournah ou d'El-Amarna. Les ateliers du Delta ne nous ont presque rien laissé, sauf les Tanites ; encore le remploi perpétuel, qui fut fait alors pour Ramsès II des statues du premier âge thébain, nous rend-il fort perplexes quand nous voulons déterminer ce qu'ils doivent à la XIX*" Dynastie. C'est seulement après l'avènement de Smendès que nous trouvons à signaler quelques pièces

Fig. 374. — Les deux Nils

DE San.

(Musée du Caire.}

(Cliché E. Brugsch.}

FiG. 3/5. — Pièce d'incrustation en émail vert.

(Musée du Caire.}

(Cliché E. Brugsch.)

d'un style bien tranché, surtout ces deux Nils accouplés du musée du Caire (fig. 374) qui apportent symétriquement aux dieux des offrandes de fleurs et de poissons. Elles ont une facture analogue à celle du sphmx d'Amenemhait III, mais avec plus de mollesse : elles n'en décèlent pas moms la persistance de l'ancien art local, et il ne faudrait qu'un hasard heureux pour nous révéler des œuvres plus caractéristiques encore. Telles quelles, elles nous autorisent à penser que le Nord de l'Egypte n'était pas en retard sur le Midi, et que ses maîtres, s'ils ne produisaient pas autant de morceaux remarquables que ceux de Thébes, étaient capables de continuer la tradition de leurs fondateurs et de la transmettre, sans diminution, aux générations futures.

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