LES ARTS MINEURS
Les arts mineurs avaient, comme les majeurs, atteint la perfection, et ils fourniraient à eux seuls la matière d'une histoire. Poterie, mobilier civil ou funéraire, armes, bijoux ou orfèvrerie, ils sont bien le développement naturel de ce qui existait aux âges antérieurs, et pourtant on y reconnaît partout des combinaisons inusitées naguère et des éléments dont beaucoup sentent l'étranger.
Les Pasteurs avaient apporté d'Asie des objets d'emploi commun ou d'équipement inusités jusqu'alors, ne fût-ce que le char et le carquois : la conquête et le commerce en introduisirent d'autres et, la mode aidant, les Egyptiens de laXVIII'' et de la XIX' Dynastie finirent par s'accommoder de vaisselles, d'armes ou de parures dont les unes, le plus petit nombre, étaient la copie directe de modèles amorrhéens, assyriens, asianiques, égéens.
Fig. 376. — Un des cercueils
DE Touîvou.
(Musée du Caire.)
(Cliché Quibeli)
FiG. 377. — Buste du cercueil
DE Ramsès II.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugicli.)
r— L'INFLUENCE ETRANGERE SUR LES ARTS MINEURS
et dont la plupart trahissent une action plus ou moins forte des peuples de la Méditerranée OnentcJe. Quand on place les poignards et les plats mycéniens à côté des égyptiens, avec lesquels l'affinité est évidente, on est vraiment bien en peine de décider lequel a été décalqué sur l'autre ou simplement inspiré par lui, et à prétendre, comme il s'est fait, que le plagiat est du côté des Egyptiens, l'affirmation reste sans preuve, ou l'étude montre que le contraire est vrai :
il faut d'ailleurs tenir compte des réactions et des remous qui souvent font refluer aux pays d'origine, avec des arrangements nouveaux, des motifs et des formes qui en
étaient sortis depuis des années. Si l'on considère le prestige dont l'Egypte jouissait auprès des peuples barbares et la suprématie qu'elle exerçait sur eux, on est forcé de convenir à priori qu'elle a dii leur prêter au moins autant qu'elle leur a emprunté : pourtant on ne niera point que des branches entières de son industrie ne dépendent d'eux, la céramique, par exemple. Elle s'est emparée des galbes divers des vases mycéniens, de leurs doubles goulots, de leurs corps jumeaux, de leurs anses, de leurs encolures, mais en les décorant avec ses procédés à elle, surtout en les recouvrant d'émail, de ce vif émail bleu, si doux à l'œil et si pur, dont ses potiers avaient découvert récemment le secret. Même la, son esprit inventif ne l'abandonna pas, et l'adaptation des types étrangers ne
FiG. 378. — Buste en grès
DE Ramsès IV.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
FiG. 379. — Statuette