CUILLERS A PARFUMS ET STATUETTES EN BOIS
par Chassinat (fig. 389) et celle
de la collection James Simon
accusent, sans les exagérer, les
caractères de famille de Khou-
niatonou, la face droite et pointue, la taille longue et mince, la
hanche évasée, la cuisse ample.
La dame Naîya du Louvre
(fig. 390) ne vaut-elle pas son poids d or pour sa figure mutine, pour sa jeune p oitr ine
Fig. 3o3. — Plat de Hatîyai.
(Musée du Caire.) (Cliché E- lirugsch.)
Fig. 394.
Statuette
d'officier.
(Musée de Berlin.)
(Cliché Hachette.)
gagne
ont rien
au Louvre ou au Caire, aurait meilleure tournure s'il ne s'était pas encombré des enseignes de son dieu, deux statuettes d'Amon et de Phtah (fig. 391), ou d'une grosse tête de bélier surmontée du disque solaire. Les trois
modelée chastement sous le peignoir de gaze, pour son lotus dont le bouton pointe entre les deux seins ? La fillette de Turin (fig. 392), qui arrange sa boucle d'oreille, est nue et elle n'en éprouve aucune gène : elle est d'ailleurs à cet âge indécis où les formes hésitent encore entre celles de la femme et du garçon. Les hommes n'offraient pas une matière aussi riche. Plusieurs, qui exerçaient un sacerdoce, ont exigé qu'on les reproduisit dans la splendeur de leurs insignes sacrés et ils n'y tel, qui est
Fig. 395. — Coupe de Zagazig.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
FiG. 396. — Les deux pots en or de Zagazki. (Musée du Caire.) (Cliché E. Hriiffsch.)
bonshommes du Caire, avec leur faux air japonais, ont la démarche plus assurée, et les statuettes d'officiers de Berlin (fig. 394) ou du Louvre ne sont pas déplacées à côté de la dame Naiya : la perruque brève leur dégage la tête et le cou, le sarrau leur voile à peine le buste, et leurs jambes sortent robustes et fines du jupon troussé. Ce ne sont la que les épaves dune industrie très florissante, et pour une vingtaine de morceaux qui nous en sont parvenus, combien ont dû être détruits dès l'antiquité et dans les temps modernes comme bois à brûler ! On sent qu'il y eut la, vers la fin du second âge thébain, un art a demi populaire, d'une variété d'aspects et d'une franchise de ciseau qui sont pour déconcerter ceux qui croient encore comme article de foi à l'immobilité de la civilisation égyptienne.
Il semble que les procédés de fonte du métal se soient perfectionnés pendant les siècles qui séparent les deux âges thébains : nous ne trouvons plus désormais de pièces moitié battues, moitié fondues, comme l'était la statue de Pioupi 1", mais des statues en bronze coulé de grandeur naturelle, telles que celle à laquelle appartenait le buste de Ramsès IV de la collection Pelizaeus.
On ne les fabriquait pas encore d'un seul jet, mais on en préparait les éléments séparément, puis on les assemblait par des tenons perdus dans la masse. Il ne subsiste presque rien de la statuaire en métal, bronze, cuivre, argent ou or, et des statuettes seules ont échappé à la ruine générale ; mais l'orfèvrerie et la bijouterie nous sont connues
l"iG. 397. — Le cruchon a la chèvre
DE ZaGAEIG.
(Musée du Caire.) (Cliché E. lirugsch.)