DE LA REINE AHHATPOU
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
cet étonnant Bîsou en ivoire de notre Musée (fig. 398), et il n'y a pas jusqu'à certaines boites à miroir qui ne soient bien près d'être des chefs-d'œuvre, celle par exemple qui fut recueillie dans la tombe d'Aménôthes 11 (fig. 399) et
où l'on voit la fille du roi nue parmi les fleurs. Et ce ne sont pas seulement des spécimens isolés qui sortent du sol au hasard des recherches, mais des ensembles qui nous enseignent ce qu'était l'écrin des personnages de haut rang, hommes ou femmes. La reine Ahhatpou, dont la momie avait reçu un souvenir de chacun de ses maris et de ses enfants, possédait à elle seule de quoi nous permettre d'en juger. Que n'a-t-on dit du poignard et de la hache qu'elle tenait d'Ahmôsis (fig. 400) ? Le poignard surtout (fig. 40 1 ) excite la curiosité, avec sa lame de bronze noir serti d'or massif, sur les faces de laquelle un lion poursuit un taureau en présence de quatre grosses sauterelles, et quinze fleurs s'épanouissent en un damasquinage d'or clair. 11 rappelle les poignards achéens de Mycènes, mais les civilisations naissantes de l'Europe ont-elles emprunté leurs modèles a l'Egypte, ou l'Egypte s'estelle inspirée d'une de leurs créations ?
Si le thème est étranger, ce qui n'est pas prouvé, la facture et la composition sont uniquement thébaines. Il en est de même des parures qui l'accompagnaient, colhers, chaînes, bracelets, anneaux de pieds,
T- o /- - bagues. C'est aux
Fig. 4o3. — Collier en or a têtes de faucon. =
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.) bords du Nil, et 2l3
c'est là seulement que l'idée pouvait venir aux parents en deuil de placer parmi le bagage de celle qu'ils pleuraient des canots et leur équipage en argent et en or (fig. 402), alors qu'il leur plairait s'embarquer sur la mer d'Occident ou sur les étants de leur domaine funéraire. Et si 1 on analyse les éléments du collier large qui pendait au cou de la reine (lig. 403), elle avait, pour en fixer les extrémités à ses épaules, des têtes de faucon en or, rehaussées d'émail bleu, semblables à celles dont les orfèvres de la Xli^ Dynastie avaient fait usage comme leurs prédécesseurs des
Fig. 404. — Boucles
d'oreilles de Sétouî II.
(Musée du Caire.)
(Cliché E. Brugsch.)
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âges m.emphites. Les spirales, les fleurettes à quatre pétales en croix grecque, les rondelles, les pendants en clochettes qui forment sept des onze rangs abondent sur les scarabées ou sur les parures archaïques, et pour le reste, qu'y a-t-il de plus égyptien que les faucons volants, les chats assis, les gazelles qui fuient en retournant la tête, les chevrettes traquées par les
Il y a pourtant un type nouveau, qui vient de l'étranger : la boucle ou le pendant d'oreille. Etait-il complètement ignoré des générations antérieures ? En tout cas il n'apparait commun que sur les monuments de la XVI ir Dynastie, et il semble que pour lui, de même que pour les autres orfèvreries, la main de l'ouvrier se fût alourdie. Les Pharaons avaient gagné beaucoup d'or en Ethiopie ou en Syrie, et ils en étalaient le plus qu'ils pouvaient sur leur personne. Ce ne sont plus les couronnes légères des princesses d'Amenemhait ou de Sanouasrît, mais des diadèmes épais, des boucles énormes, boucles de Sétoui II (fig. 404) ou de , 214 ——^ ^
Fig. 4o5. — Boucle
d'oreille
DE Ramsès XII.
(Musée du Caire.)
(Cliché E. Brugsch.)
FiG. 406. — Bracelets de Ramsès II.
(Musée du Caire.) (Cliclié E. Brugsch.)