‹ ÉgypteChapitre 126 sur 185 · SAIS ET SES ECOLES D'ART · texte numérisé non relu

SAIS ET SES ECOLES D'ART

FiG. 4i3.

La façade Est du temple de Hibéh.

(Cliché Baraixfi.)

couru le site sur lequel elle s'élevait, que tous ses temples réunis ne présentaient pas un ensemble comparable pour l'étendue à celui que forment les édifices, je ne dirai pas de Karnak, mais de Louxor.

Aussi bien, les Pharaons qui les devisèrent ne jouissaientils pas de ressources presque inépuisables, comme ceux des dynasties conquérantes. L'Asie ne versait plus ses flots d'or et d'argent à jet continu dans leur trésor, mais la fortune qu'ils dépensaient à bâtir, ils la tiraient de la vallée même ou des régions les plus proches du désert africain. Les métaux précieux ne leur manquaient pas, ainsi qu'on le voit par l'énumération des sommes que Osorkon 1 1 consacra à la réfection d'un des sanctuaires de Bubaste ; que représentaientelles à côté de celles dont Thoutmôsis 111 et Ramsès II avaient disposé jadis ? Les entreprises grandioses que leurs prédécesseurs avaient poursuivies pendant des siècles leur furent interdites, mais, si réduites que fussent leurs richesses en comparaison du passé, elles suffirent à faire d'eux les constructeurs les plus hardis qu'il y eût alors au monde. Ils travaillèrent si assidûment, des cataractes à la Méditerranée, que non seulement ils conservèrent la tradition du grand art, mais qu'ils la transmirent intacte à leurs successeurs étrangers. Grecs ou Romains. La plupart des temples qu'on admire dans le Saîd sont l'œuvre des Ptolémées et des Césars.

- ARCHITEC- TURE.

Les types divers de la maison.

FiG. 414. — Le temple de Dakhléh.

(Cliché Lythgoe.)

FiG. 41 5. — Plan du

TEMPLE d'HorUS, a EdKOU

du palais et du tombeau avaient été perfectionnés SI ingénieusement, au cours du second âge thébain, que rien ne les altéra plus beaucoup par la suite. Quoi de plus difficile en vérité que de distinguer, parmi les décombres la maison grécoromaine de celle des XIX*^ et XX*^ Dynasties ? Elle n'était le plus souvent que l'autre reconstruite sur le même plan, et en partie avec les mêmes matériaux. Les mastabas n'étaient presque plus en usage, ni ceux de l'âge thébain avec leur couronnement pyramidal, ni ceux de l'âge memphite avec leur toit plat, mais on préférait partout l'hypogée avec ou sans chapelle extérieure. A Thebes, on se donnait rarement la peine d'en creuser de nouveaux, tant il y en avait d'anciens qui avaient été saccagés et abandonnes après l'extinction de la famille fondatrice. On s emparait de 1 un d'eux ou on l'achetait a bon compte des corporations sacerdotales, puis on en aménageait une ou deux pièces ainsi que le puits : après trois ou quatre générations, les acquéreurs de seconde main subissaient le sort qu'ils avaient infligés aux premiers occupants, et les usurpateurs au troisième degré ne tardaient pas â être dépossédés par des intrus

nouveaux. Il n en

allait pas de même â Memphis, où le sable, recouvrant les mastabas des siècles antérieurs, les préservait d'ordinaire contre les invasions d'amateurs de sépultures toutes prêtes :

les violations n en étaient pas moins assez fréquentes pour qu'on essayât

FiG. 41Ô.

Le pylône du temple d'Horus, a Edfou.

(Cliché Béato.)

FiG. 417-

La cour et les portiques du temple d'Horus, a Edfou.

fCliclié Béato.)

— LES TOMBEAUX DE VACE SAITE A MEMPHIS

d'inventer un type

qui eût chance de

les prévenir. On

imagina donc de

creuser dans la

masse du plateau,

à Sakkarah et a

Gizéh, une cavité

de 12 ou 14 mètres de largeur,

profonde de 25

ou 30 ou plus

encore, puis, à

côté d'elle, au

Sud, un petit

puits carré, large

de I m. 25 à

2 mètres et qui

communiquait par le fond avec elle. On y descendait alors un bloc

énorme de calcaire compact pour servir de sarcophage couvert

d'inscriptions et de scènes mystiques ; on y encastrait un cercueil

en basalte de la forme anthropoïde, on improvisait autour, en petit

appareil calcaire, une chambre voûtée dont on décorait les parois

intérieures de prières et parfois de figures empruntées pour

la plupart au Livre des M or h ou au Rituel des Pyramides, et l'on réservait au milieu de la voûte une mince lucarne rectangulaire. Le jour de l'enterrement, quand la momie avait été couchée dans sa cuve, on rabattait sur elle les deux couver-

FiG. 4:8. — Le pronaos et les terrasses du temple 1 J U U t-

,,, — * des de Dasalte et

D HoRUS, A Edfou, vus du haut du pylône. .

(Cliché Insinger.) de Calcaire, pU16

FiG. 419. — Le naos

DE Nectanébo, a Edfou.

{Cliché Bèato.)

on murait le couloir qui menait au petit puits et l'on comblait les deux cavités avec du sable et des éclats de pierre. Les voleurs attaquaient le petit puits à tout hasard ; parvenus au couloir, ils le déblayaient, mais aussitôt le sable que la maçonnerie avait maintenu à l'intérieur s'écoulait sur eux et les empêchait d'avancer. Nous aussi, toutes les fois que nous avons voulu nous y introduire par cette voie, nous avons été arrêtés comme ils l'avaient été jadis, et nous avons dû nous résigner à vider la fosse principale.

Comme elle contient de 2 000 à 5 000 mètres cubes de remblais, c'est un travail de trois mois en moyenne, avec des équipes d'une centaine d'ouvriers. On comprend que des gens contraints d'agir furtivement, en petit nombre, sous la crainte perpétuelle d'une surprise, aient respecté des morts si bien défendus : presque toutes les sépultures de ce genre que nous découvrons à Sakkarah sont vierges encore.

Non plus que le plan des tombeaux, celui des temples ne se modifia tout d'abord. Les Pharaons tanites et bubastites en construisirent beaucoup

dans la Basse- Egypte, dont il ne nous reste plus que des fragments informes à Bubaste ou a Tanis. Dans la Haute-Egypte, les prêtresrois d'Amon thébain, moins opulents que leurs rivaux du Nord, se contentèrent de réparer ou de compléter l'œuvre des Ahmessides et des Ramessides : c'est au plus s'ils économisèrent assez

FiG. 420. — ÊDICULE SUR LA TERRASSE DU TEMPLE d'HaTHOR, A DenDÉRAH.

(Cliché Béato.)

L'ARCHITECTURE ETHIOPIENNE

FiG. 421. — Les colonnes

HATHOBIENNES DU PRONAOS,

A Dendérah.

(Cliché Béato.)

d argent pour achever la décoration du temple de Khonsou, ou pour bàtir des chapelles de mauvais style, telles que celle d'Osiris, maître de l'Eternité, dans le quartier oriental de Karnak. Aussi bien, la fondation du royaume de Napata, en isolant l'Ethiopie du Saîd peu après lavenement de Sheshonk T', leur avait supprimé le plus clair de leurs revenus, l'or qu'ils tiraient des fleuves et des placers du Haut-Nil. Une partie des artistes que les successeurs de Hrihor avaient employés suivirent leurs descendants dans leur patrie nouvelle, et, du coup, l'école thébaine se trouva divisée en deux : tandis que l'un de ses tronçons traînait une

existence pénible dans ses anciens ateliers, 1 autre commençait des destinées nouvelles au loin dans le Sud. L Ethiopie n a pas été explorée assez complètement pour que nous possédions les moyens de juger son art équitablement. Il ne semble pas que les

temples de Napata se soient écartés beaucoup de ceux de Thèbes pour le plan et pour le décor. Le plus ancien d'entre eux (fig. 410), celui que le conquérant Paênékhi- M éiamoun érigea vers le milieu du V 1 1 r siècle avant notre ère, au pied de la Montagne Sainte, rappelle assez les dispositions adop-

FiG. 422.

La cour et le pronaos doubles

DE KoM-OmBO.

(Cliché Béato.)

FiG. 423. Le K.ASR-KÉROUN.

(D'après Lepsi lis.)

tées par Aménôthès III à Louxor. On y entre par une cour longue de 45 mètres environ, bordée de portiques dont les colonnes, vingt-six en tout, mesurent un peu moms de 2 mètres en diamètre ; viennent ensuite une sorte de pronaos à quarante-six colonnes, une

salle hypostyle de dix, et, derrière elle, les trois chapelles de la triade thebaine, celle d'Amon au centre, celles de Maout et de Khonsou a droite et à gauche. Le temple de Taharkou, qui est moins vieux d'une quarantaine d années, appartient à la catégorie des hémispéos, et 1 on dirait qu il fut copié sur l'un de ceux de Ramsès II, Derr ou Ouady es-Sébouà, mais on y remarque des traits originaux. C'est ainsi qu'après un portique de huit colonnes il présente une sorte de cour plus longue que large, avec portiques de huit piliers carrés contre la face extérieure desquels des figures colossales du dieu Bîsou étaient appliquées. Le sanctuaire s'enfonce en entier dans le roc, et 1 accès en est gardé par deux

Le temple romain de Médinét-Habou.

(D'après Béato.)

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