L'EVOLUTION DE L'ARCHITECTURE THEBAINE
terminal de chaque colonne servait de socle à un emblème divin, très vraisemblablement un faucon ou un épervier d'Horus. Ainsi que je viens de le dire, la colonne de Taharkou, a Karnak, appartenait à des propylées de ce genre, les plus anciens que je connaisse : elle comptait neuf autres sœurs dont les assises inférieures subsistent seules. A l'intérieur, l'ordonnance des chapelles avait été régularisée, et il en était résulté une amélioration réelle dans l'agencement du sanctuaire. La Salle de la Barque sacrée, qui jadis avait été souvent une chambre ouverte aux deux extrémités, perdit ses quatre colonnes, et se fermant {tor derrière, elle ne fut plus accessible que par une seule porte tournée vers l'entrée du pylône. Les autres pièces se rangèrent hiérarchiquement autour d'elle, la Salle des Statues, qui était le sanctuaire véritable, immédiatement derrière elle, et les logis des dieux parèdres à droite et a gauche de la Salle des Statues, sur les trois côtés du couloir qui isolait la Salle de la Barque. Ce ne fut pas une métamorphose brusquée, mais on en. note le progrès lent sur plusieurs des temples de l'âge saite qui n'ont pas été renversés ou remaniés'sous les Ptolémées. Le plus ancien exemple du sanctuaire à porte unique, ceint d'un couloir de ronde, nous est fourni par la
h II j» A FiG. 428. — UiNE PAROI DU TEMPLE d'IsIS,
apelle d Amouner- d
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taious a Medinet-Ha- (ciiché Beato.)
FiG. 429. — =: Le long portique de l'Ouest, a Phil^. ■"'' (Cliché Béato.)
bou, mais, trois cent cinquante ans plus tard, Alexandre II et Philippe Arrhidée bâtissaient a Louxor et à Karnak des sanctuaires à deux portes pratiquées sur l'axe long de la pièce. Nous sommes un peu mieux renseignes sur cette histoire depuis que le temple de Hibéh (fig. 413), dans la Grande Oasis, a été étudié de plus près. Commencé sous Darius V\ achevé par Nectanébo II. on y voit et les portes successives et la halle préliminaire, mais les trois sanctuaires y sont encore accolés comme dans les temples d'ordre purement thébain (fig. 414), et le réduit central constitue un véritable naos dont les parois sont couvertes d'images divines de petite taille. C est, à vrai dire, un édifice de rang secondaire, relègue dans l'une des provinces les plus lointaines et les plus pauvres, et par qui l'on ne saurait juger ce que furent les temples du Said : pourtant, en le comparant aux débris de même époque qui ont survécu çà et la dans la vallée, puis aux temples complets des Ptolémées, on se convainc aisément que, de Psammétique T' à la conquête macédonienne, les architectes travaillèrent beaucoup plus qu'on ne le pensa au début de notre science. On n'a pas encore le droit d'affirmer qu'ils témoignèrent d'un talent puissant d'invention, mais il est certain qu ils s'ingénièrent a tirer un parti nouveau des éléments qu'ils avaient hérités de leurs prédécesseurs et qu'ils les employèrent d'une façon moins
Fig. 430. — Chapiteau hathorien mixte.
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