‹ ÉgypteChapitre 130 sur 185 · LE ROLE DES SAITES DANS CETTE EVOLUTION · texte numérisé non relu

LE ROLE DES SAITES DANS CETTE EVOLUTION

grandiose à coup sûr, mais plus rig9ureuse et plus logique. L'Egypte leur est redevable du plan harmonieux et magnifique qu'elle appliqua dans ses derniers siècles, à Philae,à Denderah,à Edfou, à Kom-Ombo : s'ils ne créèrent pas des chefs-d'œuvre, ce sur quoi il nous est difficile de proposer une opinion, ils enseignèrent à leurs élèves le secret d'en produire.

Prenons le mieux conservé de ceux qui nous restent, le seul qui soit complet, celui d'Horus à Edfou (fig. 415). Il se présente sous la forme d'un rectangle très allongé, qui est orienté du Nord au Sud sur son grand axe, et dont la façade regarde le Sud (fig. 416). On y remarque dans le gros le même agencement qu'au temple de Khonsou,

mais que de différences par le menu ! Et d'abord, chez Khonsou comme chez Ramsès III et dans tous les temples connus de l'âge thébain, le mur extérieur qui, partant de la tour de l'un des pylônes, se replie deux fois à angle droit et vient se rabattre F.o. 432. - La façade Est du mammisi, a Ph.l.^.. symétriquement

(Cliché Fioreiii.) sur 1 autre tour,

FiG. 43i. — Le kiosque de Nectanébo,

A Phil;f..

(Cliché Fiorelli.)

FiG. 433. — Les chapiteaux des colonnes

DU PRONAOS. A PlUL^.

(Cliché Béato.)

n'est pas un mur libre formant chemise au corps de l'édifice : il lui est lié indissolublement, de sorte que les pièces qui entourent le sanctuaire s'adossent à lui et 1 empruntent comme paroi de fond. Chez Horus, au contraire, il est indépendant, sauf aux extrémités par lesquelles il se rattache au pylône, et il constitue au temple

proprement dit une enveloppe qui ne le touche en aucun point : il s'interpose comme un écran entre le monde exteneur et le domaine du dieu, et il empêche les profanes de rien apercevoir de ce qui s'accomplit à l'intérieur. Quelquefois, il fait défaut lorsque le temps ou l'argent a manque, et c'est le cas à Dendérah, probablement aussi a Esneh. Le plan saite et ptolémaïque comportait donc, de plus que le ramesside, ce que j'appellerai une barrière isolatrice, et, des que l'on a dépassé le portail, les dissemblances s'accentuent encore. Le portique ramesside suivait les deux côtés de la muraille pour aller s'appuyer directement a la façade ou au second pylône, comme au Ramesséum ; ou bien, si la façade

était précédée elle-même d'un portique surhausse avec balustrade entre les colonnes, comme c'est le cas chez Khonsou et a Médinet-Habou, il se raccordait plus ou moins adroitement a cette colonnade. Chez Horus, le portique s'emmanche sur les faces internes du pylône, des deux côtés de la porte (fig. 417),

FiG. 434. — La PORTE PTOLÉMAÏQUE EN AVANT • "I 1 • Il

,.„ ^^„„ r. „^ V .„ .o^., puis il chemine le long

DU TEMPLE DE KhONSOU. ^ . ^

(Cliché Béato.) du muf isolateur, et il

FiG. 435. — Les PROPYLÉES et la i-açade

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