EDFOU. TYPE DU TEMPLE PTOLEMAIQUE
ne rejoint pas plus que lui le corps de logis ; il s'arrête à petite distance de ses deux angles, et il laisse un intervalle étroit entre eux et lui. Le pronaos est ici a trois rangs de colonnes, mais la balustrade des Ramessides s'est relevée entre les colonnes du premier rang, et ses panneaux masquent efficacement les rites intimes (fig. 418). La cour était la seule portion de la maison divine qui fût vraiment publique : ceux-là pénétraient au delà à qui leur profession religieuse ou leur rang social assurait ce privilège, et pour mieux accentuer la division, un mur de refend, dont la poterne était close soigneusement à l'ordinaire, barrait à la hauteur du pronaos le chemin de ronde qui circulait entre le mur d'enceinte et le sanctuaire ; le vulgaire n'était jamais, ce semble, admis à contempler les scènes de la vie et des guerres d'Horus qui en habillent les faces. Le pronaos franchi, l'espèce d'avantcorps dans lequel on débouchait, l'hypostyle, le vestibule, les chambres attenantes, était demeuré ce qu'il était jadis, ou à peu près, mais les appartements privés du dieu étaient ordonnés selon la mode nouvelle. On traversait d abord une antichambre commune aux deux escaliers de la terrasse, à la courette sur laquelle ouvre la chapelle du Nouvel An, à des chapelles obscures, et enfin au tabernacle de la barque. Les Bubastites y avaient adjoint a celle-ci, au lieu du naos en bois des anciens jours, un naos en pierre polie et ciselée ; sous les Saites, chaque temple en contenait au moins un qui parfois atteignait de fortes dimensions p,^ ^3^ ^^ ^.^^que de Trajan, a Phil^. et qui, bien plus que la (CHché Béato.)
barque, était l'habitation véritable du dieu. Celui d'Edfou (fig. 41 9) se contente de trois lignes d'inscnptiOx.s sur les montants de la porte, mais il est le meilleur de ceux que l'on connaît pour la beauté de la matière et pour le fini du travail. Le couloir qui ceint sa chambre de trois côtés est borde des chapelles assignées aux dieux de l'ennéade : celle du fond, où l'on célébrait les rites du culte tant que la chambre de la barque demeurait fermée, s'appelait ici la /orge, en souvenir des forgerons qui avaient aide Horus à conquérir l'Egypte, et qu'on réputait avoir ete ses premiers prêtres. Ajoutons, pour en finir, que les terrasses, délaissées naguère ou abandonnées aux astronomes sacres, avaient acquis une importance considérable grâce à l'expansion des mythes osiriaques. On y célébrait aux jours voulus les mystères de la passion et de la résurrection d Osiris, dans des édicules (fig. 420) ou devant des steles-reposoirs
disposées à cet effet ; les parapets, tenus très haut, empêchaient le
peuple de rien apercevoir du spectacle qui s'y déroulait pour le sacerdoce et pour ses associés.
Tel est le type du dernier temple égyptien. Il était déjà constitué sous Alexandre, et il persista jusqu'aux derniers siècles du paganisme, avec le peu de variantes que les religions locales
Fig. 437. — Plan de l'île de Phil;e.
(D'après le Cne Lyons.)
Fig. 4'iS.
- La façade méridionale du temple d'Isis, A Phil-e, pendant l immersion.
(Cliché FiorcUi.)