EXUBERANCE DE LA DECORATION MURALE
taient d'ordinaire qu'une bande vide et lisse, peinte en noir et séparée des panneaux sculptés de la paroi par des rubans superposes rouges, jaunes et blancs. Ce décor rustique tolère, à côté des formes naturelles, les formes schématisées, fleurs réunies par des entrelacs en bouquets artificiels, emblèmes divins tels que le lis chargé de plumes de Naftémou, même des prisonniers liés par couples au poteau d'exécution. Les plafonds ne se contentent plus de leurs semis d'étoiles jaunes sur fond bleu sombre, m de leurs vols de vautour, mais les constellations du ciel égyptien s'y étalent avec leurs divinités protectrices ou leurs silhouettes animales de convention : dans certaines chambres même, dans les chapelles du Nouvel An ou dans les reposoirs osinaques des terrasses à Dendérah, des zodiaques composés à l'imitation de ceux des Grecs remplacent les imageries stellaires d'origine purement égyptienne. Entre la plinthe et la corniche, c'est-a-dire,
selon la doctrine, entre ciel et terre, le foisonnement des tableaux n'est pas moindre. Ce ne sont plus seulement deux ou trois registres qui s'étagent sur les parois, mais cinq, ou six, ou davantage, et leur multiplication est la conséquence naturelle de la vertu auxiliatrice que l'on attribuait aux figures divines et à leurs actions. Si deux ou trois divinités espacées largement défendaient une chapelle contre la destruction, une vingtaine et plus augmentaient nécessairement la sécurité. D'autre part, les espaces vides qui s'étalaient entre elles étaient comme autant de brèches, par lesquelles les influences mauvaises auraient pu faire irruption : on s'ingénia à les réduire en augmentant le
FiG. 461 . — Le TEMPLE DK MessaourÂt.
(D'après Lepsius.)
FiG. 452. — Statue