‹ ÉgypteChapitre 135 sur 185 · DU PERSONNAGE ACCROUPI · texte numérisé non relu

DU PERSONNAGE ACCROUPI

(Mtist^e du (Aiire.) Cliché Lc'!>rain.

nombre et la longueur des formules ou des textes explicatifs. Aussi les temples ptolémaïques et romains sont-ils criblés littéralement de scènes et d'inscriptions, d'autant plus rapprochées et plus menues que la date de la construction est plus basse dans le temps : une salle moyenne d'Edfou, de Dendérah, d'Ombos, de Philœ (fig. 428), en contient plus que tout l'hypostyle de Karnak.

Et, dans bien des cas, la magie de cette défense extérieure avait ses effets doublés par ceux d'une défense intérieure connue de rares initiés. Il y a dans les édifices pharaoniques peu d'exemples de chambres secrètes, couloirs ou cabinets dissimules dans l'épaisseur des murailles : j'en connais une à Abydos dans le Memnonium de Sétoui ^^ une autre à Médinét-Habou dans le cénotaphe de Ramsés 111, une autre enfin dans le temple de Khonsou à gauche du sanctuaire, celle-ci, une vraie crypte ménagée près du plafond, à quatre mètres au-dessus du sol, dans l'intervalle de deux chapelles accessibles, et qui abrita peut-être le prêtre chargé de prononcer les oracles. Au contraire, les temples ptolémaïques et romains en renferment toujours un nombre plus ou moins grand, qui se groupe de préférence autour du sanctuaire de la barque. 11 semble qu'elles furent aménagées après la chute des dynasties nationales afin de recevoir les trésors sacrés, la vaisselle précieuse, les bijoux, les statues, les emblèmes mystérieux, le matériel dont Pharaon usait dans les offices que lui seul avait le droit de célébrer et qui tomba forcément en désuétude lorsque les souverains étrangers montèrent sur le trône : on le relégua au fond des souterrains, dans l'espoir qu'un jour viendrait où, la vieille monarchie étant restaurée, les rites antiques reparaîtraient de nouveau dans leur éclat. Edfou en possède au moins deux et Dendérah plus de douze, dont les unes sont nues et les autres ornées de bas-reliefs qui nous en enseignent la destination. Bien qu'elles fussent visitées seulement de quelques prêtres, les sculptures y sont aussi soignées et d'un style aussi fin que celles des salles publiques : le dieu, qui voyait tout, n'aurait pas toléré la médio-

FiG. 453 - (Musée du Caire.)

PÉTOUBASTIS.

(Cliché E. Brugscli.)

Page 1