ALEXANDRIN
(Musée du Caire.) (Cliché E. Hrugsch.)
son faciès presque négroïde, tête intelligente
de Psammétique I' ' ce vieux paysan finaud
(fig. 458), tête mélancolique de Psammétique m (fig. 459). La reine mutilée du Caire,
qui date de l'âge éthiopien (fig. 460), est
un peu fruste, ce qui peut-être tient à la
matière dans laquelle elle est taillée, le
granit rose de la cataracte ; elle ne manque
ni de fermeté ni de noblesse. Le portrait de
Mantimahé (fig. 461), qui gouvernait à Thè-
bes a la fin de la XXV' Dynastie, est pourtant le morceau le plus vigoureux qui nous
soit resté de cette dernière école thébaine.
L'homme était commun, brutal d'apparence,
et la singulière perruque dont il lui plut se
coiffer ce jour-là n'était pas pour tempérer la
vulgarité reveche de sa physionomie : il n'en
faut que plus admirer l'artiste d'avoir, sur
un thème plutôt ingrat, bâti une œuvre d'une
puissance telle qu'elle demeure superbe malgré ses mutilations.
Les statues de Nsiphtah (fig. 462-463), fils de Mantimahé et son héritier dans l'administration de la principauté d'Amon, n'offrent pas le même caractère de réalisme presque excessif ; toutefois, le sculpteur a copié fidèlement l'expression de suffisance et d'inanité aristocratique qui distinguait la figure du personnage de celle de son père. Je pourrais citer à la suite une dizaine de pièces qui, sans valoir celle-là, n'ont pas mauvaise tournure à côté d'elles : une seule, la Thouêris du Caire, vaut d'être signalée pour la monstruosité de sa conception. 11 ne s'agit, en effet, m d'un être humain, ni d'une bête normale (fig. 464), mais d'un hippopotame au museau démesuré, à l'ample sourire, aux flasques mamelles de femme, à l'abdomen gonflé, que les Egyptiens avaient choisi pour incarner l'une des divinités protectrices de la maternité. Dressé élégamment sur son arnere-train, les deux pattes de devant appuyées sur des nœuds de corde symboliques,
Fig. 484. — Statue
memphite.
(Musée du Caire.)
(Cliché [•:. Brugsch)