‹ ÉgypteChapitre 15 sur 185 · L'ART MEMPHITE · texte numérisé non relu

L'ART MEMPHITE

IL ATTEINT SON APOGÉE SOUS LES IV«, V» ET V^ DYNASTIES. - L'ARCHITEC- TURji : MAISONS, PALAIS, MASTABAS ET PYRAMIDES, CHAPELLES FUNÉ- RAIRES ET TEMPLES. - LA PEINTURE ET LA SCULPTURE : LE DÉCOR DES TOMBEAUX ET DES TEMPLES CONSIDÉRÉ COMME UN ENSEMBLE. - LEBAS- RELIICF ET LES STATUES. - LES ARTS MINEURS.

IL y avait vers l'avènement, de la III' dynastie, dans le canton où les Py'amides s'élevèrent plus tard, des artisans capables de fabriquer des tombeaux semblables a celui de Nagadah ou de tailler tant bien que mal une statue d'homme assis ou debout, mais rien dans ce qui subsiste de leurs œuvres n'indique que leur école fût jamais sortie de la médiocrité, si la révolution qui transféra la résidence des Pharaons ne l'avait pas soudain mise en contact avec des maîtres expérimentés. Les architectes, les maçons, les peintres, les statuaires qui avaient travaillé pour la cour thinite l'accompagnèrent dans sa migration vers le Nord ; l'art memphite sortit de leurs enseignements ou de leurs exemples comme un prolongement naturel de l'art thinite. Les premiers monuments certains que nous possédions de lu' sont groupés, quelques-uns dans la région minière du Sinai, la plupart au voisinage de Méidoum, de Dahchour et de Zaouîyétel-Aryân, autour des tombeaux que le dernier roi de la IIP dynastie, Naferkariya-Houni, et le premier de la IV\ Sanafrouî, s'étaient érigés. Ils sont rares et clairsemés à ce moment de l'histoire, mais le nombre s'en accroît à partir de Chéops ; vers les dernières années de l'âge memphite, sous la VI" dynastie, non seulement ils couvraient l'Egypte entière, mais on en rencontrait par delà les cataractes

d'Assouân, dans les districts septentrionaux de la Nubie sur lesquels les Pharaons avaient établi leur domination. Rudes et grossiers au début, ils s'améliorent lentement sous la III dynastie, et lis atteignent un haut degré de perfection sous la IV : ils vont s affinant, mais perdant un peu de leur caractère de simphcité et de grandeur sous la V*^. Déjà, sous la VI', la décadence commence: le peu qui nous reste des dynasties suivantes trahit la main d'artisans inintelligents et maladroits.

F'iG. 42. — Sarcophage m-: Kuoufoliênékhi. (Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

L'architecture nous est connue surtout par les tombeaux. Les maisons privées, bâties en briques sèches, puis modifiées ou remplacées sans cesse pour la commodité de leurs habitants, n'ont laissé que des pans de murs informes dans les couches profondes des villes actuelles. Les palais, construits en briques également, mais avec divers éléments de pierre aux portes et aux colonnades intérieures, n ont pas résisté davantage. A en juger par les dispositions extérieures des sarcophages de Khoufouénékhi (fig.

42) et de Mycérinus (fig. 43), c'étaient des masses rectangulaires a parois verticales, encadrées ou non d'un tore rubanné et couronnées d'une gorge évasée. Les fronts se divisaient en panneaux à rainures, tels que ceux des forteresses ou du tombeau de ^^^ ^3 sarcophage de Mycérinus. Nagadah (cf. fig. 6), (Dessin de Chipie^.) (Histoire de l'Art, t. 1, fig. 289.)

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