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L'ARCHITECTURE CIVILE MEMPHITE

FiG. 44. — Façade et porte de maison

MEMPHITE, d'après LA STÈLE DE SÎTOU.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brufrsch.)

mais d'un profil plus complexe, et ils étaient arrêtés vers le haut par un ornement de deux feuilles de lotus à tiges entrecroisées : des portes s'ouvrent entre les panneaux et, audessus d'elles, des baies à claire-voie se déploient ou des rangs de petits ventaux par lesquels l'air et la lumière pénétraient au dedans (fig. 44). L'ensemble était crépi à blanc, et les détails d'architecture s'avivaient de couleurs crues : des sphinx à corps de lion et à tête d'homme veillaient parfois des deux côtés de la porte, ou des pierres levées sur plan carré et terminées en pointe pyramidale, des obélisques, se dressaient, annonçant les noms et les titres du maître. Les maisons privées tournaient probablement vers le dehors des façades analogues, celles au moins qui appartenaient à des personnages de distinction et qui affichaient des prétentions à 1 élégance ; l'aspect des rues de certaines villes africaines, où l'ornementation en terre prédomine (fig. 45), suggère assez exactement peut-être celui que présentaient les quartiers riches de Memphis au temps des Pyramides. Quant aux temples de la cité, agrandis ou remaniés de règne en règne, puis jetés bas pour cause de vétusté et remontés sur des plans nouveaux, c'est a peine s'il nous p,^ ^5 architecture africaine en est parvenu des fragments en terre. — Une rue a Dienné.

FiG. 46. — Le PLJITS VERTICAL DANS LES MASTABAS DE GiZÉH.

(D'après Lepsiim.)

inscrits ou sculptés qui furent utilisés dans des édifices de date récente. Nous ignorerions encore ce qu'ils étaient, si nous n'avions pas eu dernièrement la fortune de découvrir plusieurs des temples funéraires qui dépendaient des pyramides royales de la V dynastie : une fois de plus, la vie fictive d'outre-tombe nous a fourni le document nécessaire à la reconstitution de la vie réelle.

Les nécropoles de la montagne memphite renferment quelques hypogées creusés entièrement dans le rocher, caveaux et chapelles : les autres sépultures s y rapprochent du type de l'âge thinite, mais la proportion entre les éléments que la conception première exigeait n'y est plus la même et, par suite, les dispositions intérieures s'étaient modifiées. A mesure en effet que la doctrine s'affermissait selon laquelle les images tracées sur la muraille valaient pour le mort autant et plus que la réalité des objets, on avait rapetissé le caveau et multiplié les pièces dont la chapelle accessible se composait. Le caveau n est donc plus à Memphis qu'une cellule étroite, enfoncée plus ou moins bas sous terre, accessible jusqu'au jour de l'enterrement par le moyen d'un puits vertical (fig. 46) ou d'un couloir oblique (fig. 47), sans décor de figures ou d'inscriptions que celui que le sarcophage pouvait avoir reçu.

Par contre, la chapelle, devenue à la fois salle de réception et magasin d'approvisionnement, forme un édifice considérable, un mastaba, dont la masse visible est en raison directe du désir et surtout des moyens que le maître avait de garantir une survie heu- 3o

Fig. 47. — Le couloir oblique

eu tombeau de tl, relevé

PAR A. Baudry.

F"lG.

— Un coin de la nécropole de Gizéii,

RKSTAURÉ PAR ChIPIEZ.

fllistoirc de lArt, t. I. fif^. tnS)

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