BAS-RELIEFS SA/TES ET PTOLEMAIQUES
Sétoui r"^ en Abydos, si la finesse n'y était accompagnée d une certaine mièvrerie. La rondeur des modelés et la mollesse des contours sont en effet les défauts qui se manifestent dans le décor et qui vont s'exagérant, à mesure qu'on approche de la fin. On le sent déjà dans les pièces d essai ou dans les collections de modèles que chaque atelier possédait, et que 1 on recueille en telle quantité dans les ruines des grandes villes, de Tanis à Edfou et à Philae. La figure des rois et des reines y est le plus fréquente (fig. 504), et il est naturel, puisque aussi bien le Pharaon régnant et les femmes de sa famille avaient le privilège immémorial de s'afficher sur les murs des temples, et qu'on avait l'habitude de prêter leurs traits aux dieux ou aux déesses avec lesquels ils fraj^aient ; toutefois, les animaux et les formes hybrides moitié homme, moitié béte, de la divinité, y abondent aussi, et il fallait qu'il en fût ainsi,
puisque les sculpteurs devaient les exécuter à chaque instant non seulement sur les tableaux, mais dans les inscriptions. Un des maîtres traçait donc sur les plaques de calcaire mince, parfois quadrillées au dos afin de mieux enseigner aux débutants les relations justes
des parties, le portrait d'un Ptolémée ou d'une Cléopàtre (fig. 505) en divers états savamment gradués, depuis le moment où la silhouette et le relief sont esquissés (fig. 506) jusqu'à celui où ils sont parachevés dans leurs moindres détails (fig. 507). Plusieurs de ces morceaux sont des chefs-d'œuvre, et telle tète de lionne ou telle image de taureau de notre Musée du Caire n'a rien à envier, pour la délicatesse de la touche, à ce que je connais de
Fig. 499. — Lion