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LES NÉCROPOLES ET LES MASTABAS MEMPHITES

reuse à son double. Aussi bien n'était-il pas accorde à qui voulait de reposer dans un mastaba ; c'était un privilège réservé à ceux que leur naissance, leurs talents, les services rendus, ou simplement le caprice d'un jour avaient haussés au sommet de la hiérarchie.

Comme ils avaient approché le maître pendant son séjour ici-bas, ils voulaient ne pas être séparés de lui dans l'autre monde, afin de continuer à jouir de sa faveur. Toutefois ils étaient nombreux, l'espace était restreint, et Pharaon devait le répartir avec discrétion s'il tenait à contenter ses gens. Les concessions de terrain s'opéraient méthodiquement, d'après un plan déterminé, et les mastabas étaient rangés sur des alignements précis (lig. 48), les grands isolés l'un de l'autre par des ruelles, les moindres réunis en ilôts de deux ou trois ou plus ; son heure venue, Pharaon en avait distribué plusieurs centaines qui faisaient ville autour de lui. L'aspect en était monotone. Ces maisons ou, si on l'aime mieux ainsi, ces palais de nécropoles auraient été assez semblables à ceux des cités vivantes, si leurs faces, au lieu d'être droites, n'avaient pas été inclinées symétriquement en arrière, ce qui leur prêtait vaguement l'air d'un tronçon de pyramide inachevée (fig. 49). Ils étaient bâtis, très peu d'entre eux en briques sèches, la majorité en pierre de taille ou en moellons de petit appareil, avec des parements unis et nus, la porte à l'Est ou au

Nord, et, par exception, une rangée de lucarnes un peu au-,, dessous de la ligne du faîte. Certains atteignent dix ou douze mètres de haut, cinquante de façade, c-, ,„ iT ^ . vingt-cinq de pr ofon-

FlO. 49. — Un MASTABA DE GlZKK. = ■ l

(D'après Lepsius.) deur, mais le cas n est 3 ,

pas fréquent, et l'on en rencontre qui ne dépassent pas trois mètres de hauteur sur cinq de largeur.

Quelques-uns sont surmontes d'une gorge et d'un entablement : la plupart se terminent sans transition à la dernière assise par une plate-forme de terre, mêlée d'éclats de calcaire, semée de jarres en terre cuite enterrées jusqu'au goulot. Je VOIS en eux, à dire le vrai, la mise au régulier et la consolidation des monceaux de sable ou de cailloux que les premiers Egyptiens entassaient pardessus la fosse, et l'architecte contribua fort peu a leur prêter leur forme actuelle : la tradition la lui avait imposée, et il était obligé de la répéter servilement à l'extérieur.

il n'en avait que plus de liberté à l'intérieur.

Au début, le mastaba memphite avait été plein, comme le tumulus, soit qu'on le superposât au caveau après coup, soit que, l'édifiant par avance, on y ménageât ua tunnel d'accès que l'on comblait le soir ou le lendemain des funérailles ; dans les deux cas, on avait soin d'indiquer sur la face Est, au moyen d'un placage en figure de porte, l'endroit par où le double était censé sortir de chez lui et y revenir (fig. 50). Cette fausse entrée était souvent de grandeur naturelle, et elle eût ressemblé du tout aux portes d'usage n'eût été la baie, dont le fond était toujours barré. On la doublait parfois, à l'origine pour le roi seul, puis quand les particuliers osèrent imiter le roi, pour ceux des nobles ou des riches qui tenaient à ce que leur âme j

Fig. 5o. — Stèle en fausse porte

DE Shairé.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Hrui^'ach I

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