LES FIGURINES GROTESQUES
figurines grotesques et parfois obscènes, chameaux (fig. 551), éléphants (fig. 550), oiseaux, et la plupart tiennent de l'industrie plutôt que de l'art (fig. 552). Cependant certains des sujets satiriques sont enlevés avec une dextérité des plus amusante (fig. 553), et l'on y employait même parfois le bronze (fig. 555). L'étude de la collection Périchon Bey est particulièrement instructive à cet égard. Elle provient en son entier des tells d'Achmounéîn, l'ancienne cité de Thot, et la majorité des pièces dont elle se compose ne remontent pas au delà du ïV siècle après notre ère.
On voit pourtant au Caire des têtes de nains et d'idiots d'une vérité surprenante (fig. 554). Crânes en pam de sucre, fronts étroits et fuyants, yeux surplombés de sourcils en broussailles, nez tordus, joues osseuses, lippes pendantes, mentons minuscules, oreilles énormes qui s'emmanchent de chaque côté de la tête comme les anses d'un pichet mal venu, rien n'y manque de ce qui fait la difformité humaine bien observée : trois ou quatre coups de pouce ont allongé et pétri la pâte au module voulu, un pinçon par ici,
un autre par là pour dégager les protubérances de la face, un trait d'ébauchoire pour la bouche, deux boulettes pour les yeux, et ça y est, aussi laid que nature, mais plus spirituel. Les animaux sont traités avec non moins de verve, les chiens surtout, non pas le lévrier maigre, prototype du soi-disant chacal Anubis, mais le roquet au museau rageur, aux oreilles pointues, au long poil frisottant, à la queue en trompette, ou le bon toutou sans
Fig. 55o. — Éléphant en terre cuite.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
Fig. 65i. — Chameau en terre