PIECES NOUVELLES DU MOBILIER FUNERAIRE
nuaient à le fabriquer sur les modèles
consacrés, lits et fauteuils à pieds de
lion incrustés d'ivoire, d'os et d ebène,
tabourets et escabeaux à fond de cuir
et à coussins multicolores, coffrets a
linge, huches, écrins a bijoux, pots à
kohol, boites à parfums : ils n'admirent
d'innovations que pour certaines pièces
funéraires. Le catafalque dans lequel la
momie s'en allait au tombeau, et qui,
sous les Tanites de la XXi*^ Dynastie,
était une énorme caisse rectangulaire
implantée sur un traîneau, devint, sous
les Ptolémées, un lit à baldaquin en bois
sculpté. Celui du Musée d'Edimbourg,
que Rhind se procura jadis à Cheikh
Abd-el-Gournah, simule un kiosque
à la voûte arrondie en berceau, et dont trois côtés sont soutenus de
colonnettes en bois colorié. Le quatrième, celui de la tête, présente
une façade à trois corniches superposées et décorées chacune de son
disque ailé, le tout bordé d un rang d'uréeus dressées : une porte serrée entre deux colonnes et gardée par des serpents était censée donner accès à l'intérieur. La momie était là comme dans un temple periptère dont son cercueil figurait le sanctuaire. Le catafalque de notre musée (lig. 559), que je trouvai à Akhmim en 1 885, est conçu dans un esprit plus conforme a sa destination funèbre. Les colonnes latérales y sont remplacées par des découpures en bois peint qui représentent la déesse Màit, la Vérité protectrice des doubles au tribunal d'Osiris : elle est assise à croupetons, sa plume aux genoux, et à côté délie, l'isis et la Nephthys ailées des sarcophages ordinaires ferment la baie des deux faces courtes. La voûte est à jour, et, sur chacune des sept courbes qui la composent, sept vautours sont peints qui étendaient leurs ailes au-dessus de la momie : deux statuettes d'isis et de Nephthys, postées aux
FiG. 555. — Figurine