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FiG. 71. — Coupe de i,a Pyramide a degrés. (D'après ]'y^e.)
et ce ne sont pas des mastabas de dimensions décroissantes qu'on a empilés l'un sur l'autre :
le noyau medial a été élevé d'un seul coup, puis habillé aux quatre faces de couches de maçonnerie parallèles, qui, sarrétant par quatre fois à des niveaux différents, ont formé les quatre étages successifs. Le monument s'appelle aujourd'hui la Pyramide à degrés, mais il nest pas une pyramide véritable. En le commandant à ses architectes, Zosiri voulait un tombeau qui l'emportât sur ceux de ses prédécesseurs et sur celui-là même qu'il se préparait à Béît-Khallaf, selon les errements anciens. Or les talus du mastaba se rapprochaient trop de la perpendiculaire pour qu'avec l'appareil de petits blocs cher à son temps il pût les monter a la hauteur voulue sans qu'ils risquassent de s'écrouler sous leur propre poussée. C'est afin d'éviter ce danger qu'il les étreignit entre les quatre doublures graduées : celles-ci, les étayant et s'entretayant elles-mêmes, assurèrent la stabilité de l'ensemble. Cette variante surhaussée et renforcée du mastaba continua d'être a la mode pendant plusieurs générations. Prés d'un siècle et demi après Zosin, Sanafroui, le premier souverain de la IV'' Dynastie, n'y avait pas renonce. L.a fausse Pyramide de Méidoum (fig. 72), où il avait élu domicile comme roi de la Haute- Egypte, se compose en effet, de même que la
prétendue Pyramide à degrés, de vastes dés de maçonnerie à pans inchnes qui se retirent légèrement l'un sur l'autre ; toutefois ils sont carrés au heu d'être rectangulaires ; on en compte quatre seu-
FiG. 72. — La fausse Pyramide de Méîdoum. lement, et leur dimi-
FiG. 73. — La pyramide de Naousirrîya,
RESTAURÉE PAR L. BORCIIARDT.
nution progressive est un pur caprice d'architecte, que nulle raison de métier ne justifie plus. Le cœur de la fabrique n'est pas en effet de pierre rapportée ; c'est une colline naturelel, d'une solidité a toute épreuve, et la maçonnerie qui la masque est en lits de calcaire superbe. Les quatre cubes décroissants sont indépendants l'un de l'autre, et il est probable que le dernier ne fut jamais achevé.
Apres Meidoum, les Pharaons n'eurent plus que des pyramides pendant la durée de l'âge memphite. A mon avis, la pyramide dérive non pas du tertre oblong a talus presque droit et à sommet plat qui est à l'origine du mastaba, mais d'un tumulus de pierre à pentes douces et à terminaison pointue, qui aurait été en usage dans les districts du Nord. Une tradition racontait que le quatrième roi de la 1" Dynastie, Ouennéphés, fut l'auteur de celle qu'on voyait à l'époque grecque près de Kôkômé, et il est possible ; mais la plus ancienne que nous connaissions est à Dahchour, où Sanafrouî se l'éngea comme roi de la Basse-Egypte.' Dés lors, elle ne constituait pas à elle seule la sépulture entière : une chapelle l'accompagnait avec des magasins souterrains, et un téménos dallé s'étendait a l'entour, qui était protège par une enceinte carrée ou rectangulaire (fig. 73). Une chaussée reliait le tout à un temple situé dans la ville royale, vers la lisière des terres cultivées. Les appartements du double se dissimulaient dans ]a pyramide ou sous elle ; lui-même, il recevait ses revenus dans la chapelle annexe, et, comme dieu vivant, il était associé aux autres dieux dans le temple de la cité. On sait ce que sont les pyramides (cf. fig. 4 1 ). Le monceau de pierres qui les compose s'assied sur base carrée, les faces aux points cardinaux comme celles des mastabas, et sans plus d'exactitude que dans la plupart de ceuxci. Leur hauteur varie de 146 m. 50 chez Chéops (fig. 74) à 22 mètres chez Ounas ; mais, quelles que fussent les dimensions de chacune, le plan général était tracé une fois pour toutes avant la mise en train, et on se proposait de le poursuivre sans altération jus-
FiG. 74. — La Grande Pyramide et le Sphinx. (Cliché Héatn.)