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LE ROLE EFFACE DE LA PEINTURE

FiG. Q2. — Les oies de AIéIdoum.

(Musée du, Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

moins à produire des œuvres d'un sentiment et d'une vérité saisissante. Tel était ce tombeau contemporain de Sanafroui a Meidoum, où Vassalli sauva les quatre oies célèbres qui sont aujourd hui au Musée du Caire (fig. 92). L'allure en est excellente, et les particularités qui distinguent dans chaque couple le mâle et la femelle sont notées avec une exactitude qui surprend les naturalistes, mais de plus la facture et la couleur sont admirables : les peintres japonais ou chinois ne feraient pas mieux. C'est, par malheur, une exception, et la peinture de l'âge memphite s'éleva rarement à la dignité d'un art autonome : elle fut une dépendance servile de la sculpture.

Cela dit, qu'il s'agît d'un temple ou d'un tombeau, la décoration étcut considérée comme une composition immense dont toutes les parties convergeaient vers un même point, au temple, le mur de fond du sanctuaire, au tombeau, la stèle qui avait remplacé la porte du caveau. Sans doute chaque chambre, et dans chaque chambre chaque paroi, et sur chaque paroi chaque tableau, constitue un ensemble où les personnages se mêlent et se contrarient de telle manière que, si les uns tendent à cette k.iblah, les autres semblent ou s'éloigner d'elle ou du moins ne pas s'acheminer vers elle ; mais cette croisée de mouvements, qu'on dirait contredire le principe énoncé, s'exphque lorsque l'on examine les conditions dans lesquelles

Fig. §3. — La chasse a l'hippopotame

AU tombeau de Ti.

(Ciiché Hachette.)

FiG. 94.

- Le taureau du sacrifice lacé

PAR LE ROI, A AbYDOS.

(Dessin de Boudier.)

elle se produit. Au temple, c'est toujours le dieu qui marche à contresens du reste, le dieu suprême du lieu et les divinités de sa famille ou de son cortège :

Toblateur, prêtre ou roi, va toujours dans la direction normale. Quelquefois, rarement, une scène unique occupe la muraille ; le plus souvent celle-ci se divise en registres superposés et les registres en panneaux alignés 1 un à la suite de l'autre. Aussi bien, le rituel du culte divin se résolvait-il en un nombre déterminé de cérémonies, qu'on isolait à volonté de leurs voisines ou qu'on groupait en théories plus ou moins longues. Lorsque, au début du sacrifice. Pharaon lavait l'autel, allumait le feu, brûlait l'encens, épanchait les libations, l'eau, le vin, le lait, les essences, on y avait la matière d'autant de scènes distinctes. Et puisque, afin d'assurer à ces opérations leur efficacité pleine, il les accomplissait une fois en tant que roi du Sud et une seconde fois en tant que roi du Nord, on avait imposé à l'artiste l'obligation de les retracer deux fois aussi, mais en les distribuant symétriquement de salle en salle, lant qu'enfin le temple s'était trouvé comme coupé en deux sections parallèles à décors correspondants : le souverain célébrait l'office au nom de la Haute- Egypte dans celle de droite et au nom de la Basse dans celle de

FiG. gS. — Un chef libyen terrassé

PAR Sahourîya.

(Mtisëe de Berlin.) (Cliché L. Borchardt.}

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