REGLES DE LA DECORATION MURALE
chacun des épisodes dont la séquence constituait les offices, d'exprimer le moment critique où la manipulation s'accomplit qui les force à produire le maximum de leur effet. Jadis, le chef ou le roi avaient dû lacer euxmêmes dans les champs le taureau presque sauvage qu'ils voulaient offrir (fig. 94) : ils le terrassaient, ils lui liaient lés pattes en faisceau, puis ils le tuaient d'un casse-tête en bois dur à demi tranchant, dont ils lui assénaient un coup sur le crâne entre les yeux. Plus tard, on égorgea la bête au lieu de l'assommer, mais
Fig. 99. — DÉTAIL u'une figure
DE FEMME
(Tombeau de Gemnikaî.)
l'arme antique et le geste qu'elle exigeait furent conservés, si bien qu'on les inscrivit sur les murailles, comme l'emblème caractéristique du rite.
Où l'on voit le roi debout devant le dieu et lui présentant le cassetête à bras tendu, c'est le sacrifice qu'on a sous les yeux, quand même la victime est absente ; la scène une fois chiffrée s'est transmise de siècle en siècle, sans variation que des accessoires, et on la retrouve a Kom- Ombo, sous les Antonins, telle qu'elle était sous les plus vieux Pharaons. Si maintenant nous
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Fig. 100. — Bas-heliefs de la chapelle
DE Sahourîya.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
FlG. loi. — UiNE DES FIGURES DE HaSI.
(Musée du Caire.) (Cliché E. lirugs.ch )
revenons aux mastabas, et que nous y examinions le même motif, nous apercevrons soudain qu'il n'y est pas traité selon une formule immuable. Le dessinateur l'étalé ou le resserre sans que le' théologien s'avise d'y redire ; il y multiplie les comparses ou il en supprime, il assouplit ou il raidit leurs poses, il combine leurs efforts, il consacre, si bon lui semble, des panneaux entiers a retracer la destinée finale du taureau, le dépeçage, la remise des morceaux au maitre. Et ce qui est vrai du sacrifice ne l'est guère moins du reste : autant la composition et le rendu sont uniformes dans le livre des temples, autant ils sont divers dans celui des tombeaux. Le dogme, qui avait commandé à l'artiste le choix et la facture des scènes ou les dieux assistent visibles, lui accorde a l'intention des morts beaucoup plus de liberté.
Si incohérents qu'ils soient encore, les fragments qui nous sont parvenus des chapelles d'Ounas, de Naousirriya et de Sahouriya suffisent a prouver que le livre des temples comprenait déjà le même genre de tableaux, et enchaînés presque de la même manière eue ceux que nous rencontrons sous le second Empire thébain. Le schème décoratif changeait de nature à mesure qu'il gagnait du dehors au dedans. Dans les régions accessibles à la foule, dans la salle à colonnes qui sert de vestibule, et sous les portiques qui bordent la cour d'entrée, les prouesses du souve-
FiG. 102. — Les bas-reliefs de tlASi.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch)
FiG. io3. — Un prince
d'Éléphantine.
(Cliché J. de Morgan.)