TECHNIQUE DU BAS-RELIEF MEMPHITE
sions que le ciseau aurait eu peine à marquer sans lourdeur : elle habille le dieu de la mer, Ouzouên, d'un maillot de raies ondulées bleues, indice de l'eau, ou elle couvre le dieu des céréales, Naprîti, d'un semis jaune brun de grains oblongs, signe du blé (fig. 100).
Tout cela sortait des officines royales, comme les basreliefs triomphaux du Sinai (fig. 98) et probablement aussi, par un effet de la faveur royale, certains bas-reliefs funéraires des tombeaux où reposaient les amis du souverain : tels sont, à mon avis, les admirables boiseries de Hasi (fig. 102), dont un panneau au moins (fig. 101) a sa place marquée parmi les œuvres les plus étonnantes de l'art memphite. Installés à la résidence, dans le milie' le plus riche et le plus policé qui fût alors, peuplés de familles attachées depuis plusieurs générations au service des souverains, et recrutés sans cesse parmi ce qu'il y avait de meilleur aux ateliers populaires, on ne s'étonne pas que ces ateliers aient produit d'aussi belles choses ; mais le niveau de l'art fléchit dès qu'on s'éloigne d'eux, et il tombe si bas dans certaines provinces qu'il ne pourrait l'être plus chez les plus barbares.
Aussi bien, les écoles locales, en adoptant le système décoratif d'Héliopolis, n'avaient-elles pas dépouillé pour cela leurs
Fig. 108.
— Le sacrific DE Phtahhatp
caractères individuels, et ceux-ci se manifestent clairement dans les tombeaux privés. Celles du Saîd ne nous ont laissé chacune qu'un petit nombre de pièces, et peutêtre y aurait-il de l'imprudence à les juger d'après ce que nous avons d'elles pour le moment.
Deux ou trois des portraits des barons d'Eléphantme, gravés en pied sur la façade de leurs hypogées, sont d'une facture à peu près correcte (fig. 1 03), ainsi que leurs bas-reliefs (fig. 1 04), mais les autres ne sont que des bonshommes mal équilibrés, aux bras dépareillés et aux jambes inégales, rugueux, tordus, empâtés de couleurs criardes. Un tailleur de pierre, improvisé sculpteur, se tirerait mieux d'affaire après quinze jours d'étude, et on les attribuerait volontiers a une époque très primitive, si les insous apprenaient pas à les classer dans la Vl Dynastie, ont travaillé aux mastabas de Dendérah, bien qu ils dIus de pratique du métier, avaient le sens artistique à peine ,ue ceux d'Eléphantine. Ils cernaient la face humaine es raides, raccordées à angle presque insensible vers nez ; ils garnissaient la bouche de lèvres épaisses égabout à l'autre ; ils serraient l'œil en amande de deux ui expriment comiquement les paupières. La tombée des
). — Un des murs du tombeau
DE SaBOU.
(Musée du Caire.)