‹ ÉgypteChapitre 36 sur 185 · VERS SON VEAU · texte numérisé non relu

VERS SON VEAU

détail des scènes et par leur exécution matérielle.

Les dessinateurs s'y distinguaient par le sens de la vie, par l'intensité et par la diversité du mouvement, par une bonne humeur dont l'expression touche parfois a la caricature. Ainsi, dans l'un des tombeaux de Méir, les personnages souffrent évidemment de la famine, et, réduits à une vraie misère physiologique, leur ossature perce en saillie sous la peau : c'est la procession des maigres (fîg. 105). Un autre, dans le voisinage, n a toléré au contraire sur ses murs que des hommes et des betes bouffis et surcharges de chair : c'est un carnaval de gras (tig. 106). La réalité anatomique est observée scrupuleusement dans les deux cas, mais les maigres l'emportent peut-être sur les autres : ils vont et ils viennent avec une verve anguleuse qui ne déplairait pas aux squelettes de nos danses macabres.

L'école thinite ne se différencie que par son air de raideur provinciale, ou plutôt la memphite est en sculpture comme en architecture le prolongement de la thinite. Les ateliers royaux de Thinis, transférés au Nord vers le commencement de la III Dynastie, y enseignèrent leurs procédés aux gens du pays, et bientôt ceux-ci, s'affînant à force de travailler, devinrent capables de fournir aux commandes des princes et des particuliers : ils étaient en pleine maturité dès le temps de Chéops, et

FiG. Il3. La PERSPECTIVE DES REGISTRES i - •. - 1

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