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LES ATELIERS PRIVES MEMPHITES

FiG. 114. — La formule

MEMPHITE. — PhTAHHATPOU ET SA FEMME.

(D'après Prisse d'Avesnes.)

memphlte. Certes, tout n'est pas d'une tenue égale dans leurs nécropoles, mais, si l'on y voit beaucoup de mauvais, on y découvre encore plus de bon, et l'excellent n'y est pas rare, quand même on écarte les mastabas qui, ayant été concédés à leur maître par la faveur du roi, sont l'œuvre authentique d'artistes royaux. Les groupes de tombes sculptées se succèdent assez régulièrement par ordre chronologique, les plus anciens à Méidoum et à Dahchour, sous la protection de Sanafrouî, les suivants vers Gizeh, à l'ombre des grandes pyramides, le reste sur les plateaux sablonneux d'Abousir et de Sakkarah avec les Pharaons de la V ou de la Vr Dynastie, et, tandis qu'on descend d'un groupe à l'autre, le plan

de la décoration s'étend et se complique. Dans le premier, à Méidoum et à Dahchour, les mastabas, si colossale que la masse en soit souvent, ne comportent qu'une surface restreinte de murs historiés (fig. 107). Le dessinateur s'y est contente d'un choix parmi les opérations les plus favorables à la vie d'au-delà : c est d ordinaire, outre la stèle qui a les dimensions d'une porte de palais, la procession des domaines avec leurs tributs, le voyage en barque sur les eaux de l'Occident, le sacrifice du taureau, le mort assis devant

la table où il attend l'offrande, les scènes capitales de l'office funèbre, et rien de plus. Elles y sont espacées largement, à peu de personnages, et beaucoup d'air y circule. Le relief y est assez haut,

Fig. ii5.

— Bouviers conduisant un taureau.

Tombeau de Phtahhatpou.

(Cliché E. Brugsch.)

la tonalité sobre, le modelé précis et souple, l'écriture soignée : chacun des hiéroglyphes y est ouvragé avec la même délicatesse que s'il s'agissait d'une intaille sur pierre fine, et, pour rendre la couleur plus incJtérable, ils sont parfois avivés, au lieu de peinture, par des incrustations de pierres ou de pâtes de verre teintées. A Gizéh, quelques années plus tard, la tendance à étoffer le décor est déjà sensible : elle s'accuse de I plus en plus sous la V Dynastie, et, sous la Vr, à Abousîr ou à Sakkarah, le livre des tombeaux est tout entier en usage. On ne se borne plus alors à reproduire en abrégé le rite immédiat du sacrifice (fig. 108) et de l'hommage (fig. 109), mais on déroule longuement, prolixement, le cycle des opérations qui l'ont préparé, ainsi, pour ce qui concerne les étoffes et la parure, d'un côté la récolte du Im, son égrenage, le filage et le polissage du fil, le tissage, et de l'autre, la pesée des métcux précieux, la fusion au creuset, la fabrication des colliers et des bracelets, enfin l'entrée en magasin des coffres de bois qui contiennent les pièces d'étoffe et les bijoux, le tout parfois avec des épisodes humoristiques qui égaient la sévérité du heu, tel ce singe apprivoisé qui s'est pris de querelle avec un porteur d'offrandes et qui le happe à la jambe (fig. 110) : le nombre des tableaux n'a vraiment plus de limites

Fig. ii6.

Naferseshemphtah

marchant.

(D'après Capart.)

Fig. 117. — Une rixe sur l'eau.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

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