DEVELOPPEMENT DU DECOR MURAL
FiG. ii8. — Rixe de bateliers au tombeau de Piitahhatpou. (Cliché E. Brugsch.)
que celles du temps ou de l'argent mis à la disposition de l'artiste, et afin de les multiplier sans trop agrandir les surfaces, on augmente le nombre des registres, puis on y serre jusqu'à les entasser les inscriptions et les personnages. Les tombeaux semblent tendus à l'intérieur d'immenses tapisseries dont pas un pouce n'est demeuré vide, ou, SI des panneaux et des chambres y sont nus, c'est que la mort a ravi le maître avant qu'il eût achevé sa " maison éternelle ". L'effet produit sur le moderne lorsqu'il y pénétre pour la première fois est de 1 éblouissement plutôt que de l'admiration. Son œil, distrait par le papillotage des couleurs et par la surabondance des épisodes, embrasse mal l'ensemble ; le thème général lui échappe, et il n'aperçoit plus que le détail amusant.
Tout pourtant n'y est pas aussi homogène qu'il serait tenté de l'imaginer, s'il s'en fiait a son impression. Sans doute, les petits tombeaux et les moyens ont été décorés d'un seul jet, et l'on y reconnaît la touche d'un artisan unique ou, du moins, d une unique entreprise ; mais il n'en est plus ainsi pour les plus grands : à toutes les époques, de préférence sous la V et sous la VI' Dynastie, on distingue chez ceux-ci, de
FiG. iig.
Les danseuses d'Ankhmahorou.
(D'après Capart.)
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FiG. 120. — Le gavage des oies au tombeau de Ti.
salle en salle, ou, dans une même salle, de mur en mur et de registre en registre, assez de particularités caractéristiques pour démontrer
qu'une ou plusieurs compagnies d'ouvriers ont opéré de concert. 11 y a identité de facture chez Ti dans les deux chapelles et diversité dans le couloir, l'hypostyle, le portique extérieur ; mais les divergences sont de celles qu'on observe entre gens sortis de la même école et ne nous obligent pas à supposer la collaboration de deux écoles indépendantes : tandis que les chambres principales occupaient les meilleurs ciseaux de l'atelier, les autres étaient livrées à des ouvriers moindres. Les inégalités sont plus accentuées chez Marourouka, et il n'y a pas lieu de s'en étonner quand on se rappelle qu'il y avait là plus de trente chambres : trois équipes au moins ont participé à la décoration, et, si elles comprenaient de bons artisans, elles en comptaient aussi de "','"" ^ anaiir.
. (Musée du i.aire.)
mauvais. L examen d une trentaine de mastabas fciiché e. urugsch)
FiG. 121
Le Chépiirèn
virux.
(Musée du Caire!
(Cliché !■:. Bruffsch.)
FiG. 123. — Le brasseur.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Bruffsch.)