I.i; Chéîkh-el-beled
(Musée du Caire.)
(Cliclié E. Brugsch )
FiG. i52. — Le Chéîkh-el-beled
vu DE PROFIL.
(Cliché E. Brugsch.)
avaient été rehaussés de rouge et de blanc. Le poli et la multiplicité des glacis qu'il détermine masquent donc un peu le modelé :
il faut l'étudier longtemps et sous des lumières très diverses pour en percevoir la perfection et la simplification savante. Et que dire de la façon dont il est posé sur son fauteuil à dossier bas, et dont i epervier perché derrière lui étend les ailes pour lui abriter la tète et le cou ? Rarement la majesté royale a été rendue avec autant de largeur. Le sculpteur, tout en reproduisant avec fidélité les traits du Pharaon particulier qui régnait alors, a réussi à en dégager l'idée de la souveraineté même : ce n'est pas seulement Chéphrén qu'il évoque a nos yeux, c'est Pharaon en général. Les mêmes expressions de grandeur sereine reparaissent, mais a des degrés moindres, sur la statuette en albâtre (fîg. 1 43) et sur la statue en brèche verte qui nous montre Chéphrén un peu plus âgé (cf. fig. 121), et sur les statuettes en albâtre et en granit de Mycérinus, de Naousirriya, de Menkaouhorou. La statue en albâtre de Mycérinus assis, que Reisner recueillit morceau à morceau en 1 908, près de la troisième pyramide, est remarquable surtout par la beauté delà pierre (fig. 144) : le corps en est mal équilibré sur son siège, et la tête est trop menue pour le corps. Il semble toutefois qu'ici le sculpteur ait reproduit fidèlement une des particularités physiques de son modèle : les autres statues que nous possédons de celui-ci présentent la même disproportion. Cela dit, confessons que le groupe en schiste où il est représenté à côté de sa femme (fig. 1 45) et les quatre triades géographiques où nous le voyons debout entre la déesse Hathor et l'un des nomes du Said ne mentent que des éloges (fig. 146). Les statues de Didoufriya, qui sont sorties des fouilles entreprises par Chassinat a la pyramide d'Abou-roache, valaient presque celle de notre Chéphrén et peut-être les devons-nous au même sculpteur : les têtes, qui seules subsistent (fig. 147), ont été mutilées d'une telle rage qu'il est prudent de ne