‹ ÉgypteChapitre 54 sur 185 · SCENES DE LA VIE DOMESTIQUE FIGUREES EN BOIS · texte numérisé non relu

SCENES DE LA VIE DOMESTIQUE FIGUREES EN BOIS

sur le fleuve. Les unes ont hissé la voile, afin de remonter le courant au doux vent du Nord ".

D'autres ont abattu leur mât, amsi qu'il convient a la descente : les matelots pagaient et les pilotes sont à leur poste. Tout cela était débité à la grosse et conservé dans l'atelier pièce à pièce : le client commandait à sa guise, selon la somme dont il disposait, un grenier garni, des cuisiniers, un ou deux bouchers, des brasseurs, une compagnie d'archers et de soldats lourdement armés, des bateaux avec un équipage plus ou moins nombreux, et le marchand arrangeait les scènes selon les instructions qu'il avait reçues de lui. Il arrivait parfois que les matelots étaient trop grands pour le bateau choisi, ou que les boisseleurs étaient disproportionnés à la maison ; mais on ne s'inquiétait pas de ces disparates : une fois bénis et enfermes au tombeau, les tableaux mal composés étaient aussi efficaces que les autres. Ils restent amusants pour nous malgré leurs fautes, et ils font dans les musées la grande joie des visiteurs : celle de nos salles du Caire où les archers et les piquiers de Méir sont exposés (fig. i 69) est toujours pleine. Aussi bien les mêmes qualités y percent qu'on est accoutumé a trouver dans les bas-reliefs dont ils sont la copie. Ils vivent, ils agissent, ils remuent, ils s'adaptent les uns aux autres, et quand même ils sont d'un modelé sommaire, on sent que les ouvriers qui les ont taillés avaient été instruits à bonne école : par nature et par édu-

FiG. i66. — La cuisine.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

FiG. 167. — Bande de porteurs d'offrandes. (Musée du Caire.) (CHchéE. Rrugsch.j

cation, ils étaient portés à faire œuvre d'artistes, même lorsqu'ils travaillaient au rabais pour les pauvres et pour les humbles.

Les monuments des arts mineurs sont peu nombreux, ceux du moins qui ont quelque prétention au beau en même temps qu'a l'utile. La céramique domestique est en général grossière : certaines formes usitées pendant les siècles antérieurs persistaient dans l'usage courant, ainsi la variété rouge à bords noirs ; mais d'autres avaient disparu, et elles n'avaient pas été remplacées par des types mieux étudiés. D'autre part, on ose à peine considérer comme des oeuvres d'art ces bàtis de terre cuite rouge qu on découvre dans les tombeaux, et qui sont censés fournir à 1 âme une demeure bien approvisionnée des choses nécessaires à la vie. Ce sont, en effet, des simulacres de maisons avec cour, portique, chambres hautes, magasins, et sur le sol de la cour, en face de 1 entrée, un repas complet de pains, légumes, viandes, gâteaux, liqueurs diverses, mais si naïfs, si grossiers, si dénués de valeur artistique ! Déjà pourtant les potiers savaient recouvrir l'argile d'une couverte vitreuse, à demi transparente, teinte de couleurs diverses. Le revé-

FiG. 168. — Un concert.

(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)

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