L'ECOLE THEBAINE SOUS LA XI' DYNASTIE
(cf. fig. 1 76). Le Pharaon et le dieu Phtah debout, nez contre nez, y aspirent l'haleine l'un de l'autre selon l'étiquette entre personnes de rang égal qui se saluent. Les silhouettes sont arrêtées résolument ; le relief est plus accentué qu'à Memphis, et, par suite, il projette une ombre plus vigoureuse, si bien qu'il s'enlève sur le fond avec plus de décision que dans les tableaux de Gizéh ou de Sakkarah.
Les scènes des trois autres faces révèlent un art non moins exquis, et il est fâcheux que le morceau soit unique jusqu'à ce jour ; si tout
Fig. 2i3. — Tète
DE Sanouasrît IV.
(Musée du Caire.)
(Cliché Legrain.)
l'édifice était décoré aussi heureusement,
la Xir' dynastie avait élevé à Thèbes un monument comparable aux plus nobles de la XVII r et de
Fig. 214. — Statuette
d'Amenemmaît III.
(Musée du Caire.)
(Cliché E. Brugsch.)
Fig. 2i5. — Statue d'Amenemhaît III.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
la XIX*^^. Je n'ai guère à en rapprocher que la stèle du même roi, qu'il consacra dans la pyramide-mastaba de Déir-el- Bahari à la mémoire de son prédécesseur Mantouhatpou (fig. 207). Inscriptions et tableau, la gravure en est merveilleuse : les figures des deux Pharaons et celle d'Amonrà y ont été réservées dans le creux avec autant de délicatesse que s'il se fût agi d'une intaille sur pierre précieuse ; mais la minutie du détail n'y
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Via. 216. — Sphinx d'Amenemhaît III.
(Musée du Caire.) (Cliché H. Hruf,
cil.)
nuit pas à la largeur de l'exécution. Tout cela se faisait dans l'atelier royal de Thèbes, et c'est le meilleur de l'école ; les morceaux assez nombreux, stèles, sarcophages ou bas-reliefs, qui nous arrivent de ce qu'on fabriquait dans les ateliers prives sont très éloignes de cette perfection. Les plus soignes d'entre eux sont déparés par une raideur d'attitude et par une lourdeur de ciseau qui nous obligent a les rattacher aux vieilles académies provinciales directement, sans influence memphite. Il est vraisemblable que les premiers Antouf, sentant les défauts de leur art national, appelèrent d'Abydos ou d'une autre
cité des dessinateurs et des sculpteurs qui instruisirent les indigènes ;
ceux-ci s'approprièrent les procédés plus raffinés de leurs maîtres,
et l'union de cette dextérité acquise et
de leur rudesse instinctive produisit le
style thébain.
Les caractères en apparaissent plus
marqués encore dans leurs statues. Au
moment de subir les cérémonies de
déification que l'usage imposait aux
Pharaons après les premières années de
leur règne, Mantouhatpou avait commandé a ses gens les statues qui devaient
le remplacer, ou plutôt le doubler, pendant les mystères de l'identification à
Osiris (fig. 208). Ils ont taillé l'une
d'elles dans le grès, d'un ciseau fier et
revéche ; pieds et genoux massifs, mains
épaisses, buste sommaire, traits indiques
largement, enluminure heurtée, chairs
noires, costume d'un blanc cru, bonnet
rouge sombre selon le rituel, l'ensemble
Fig.