‹ ÉgypteChapitre 8 sur 185 · LA CONCEPTION UNE DU TOMBEAU ET DU TEMPLE · texte numérisé non relu

LA CONCEPTION UNE DU TOMBEAU ET DU TEMPLE

FiG. 21. — La MISE EN MEULES, LE DÉPIQUAGE, LE VANNAGE JDU GRAIN AU, TOMBEAU DE Tl.

statues et pour les groupes divins ou funéraires ; mais, quand la raison d'économie ne s'y opposa point, on lui préféra le calcaire ou le grès, l'albâtre, le schiste, le granit, la serpentine, la dionte, et qui n'en avait pas sous la main, il en envoyait prendre au fond des déserts. Et même alors, on leur donnait l'une des trois ou quatre poses qui semblaient être le moins fragiles, assises sur un cube plein ou sur un siège à dossier droit, ou debout, jambes jointes, bras collés au corps, dos et tête engagés dans une dalle verticale. La nécessité de faire solide l'emportait sur toute autre considération, chez le sculpteur comme chez l'architecte.

Elle imprima à leurs œuvres une unité, et, confessons-le de

bonne foi, une uniformité d'invention et d'exécution constante : les dérogations même qu'on y croit remarquer au principe déterminant découlent de lui et le confirment, lorsqu'on les étudie avec attention. Si, en effet, le tombeau et le temple, répondant aux mêmes besoins, se composent dans l'ensemble des mêmes éléments que le château, il convient pourtant qu'ils soient accommodés exactement aux conditions individuelles de l'existence posthume et de la vie divine. Ils contenaient chacun un logis personnel.

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FiG. 22. — La BOUCHERIK AU lOMBEAU DE Tl.

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Fio. 23. — Les nomf.s apportant l'offrande, a Edfou. (l'.luiic licalK)

des chambres dhôtes ou d esclaves, des magasins, des salles d'audience ; mais, au lieu que le dieu consent à recevoir ses prêtres et a se montrer aux peuples quelquefois, le mort est inabordable à tous et ne paraît plus jamais en public, passée l'heure de son entrée dans ses appartements intimes. Le sanctuaire est donc ainsi place qu'il communique avec le dehors et que l'humanité vivante y pénètre de plain-pied aux jours prescrits ; le caveau, au contraire, ne se rouvre plus après qu'on y a couché le cadavre, et bientôt, pour achever de le rendre inaccessible, on le relègue sous terre, à l'extrémité d'un couloir ou au fond d'un puits que l'on remblaye jusqu'au niveau du sol. Des lors, tandis que le temple, habite par un être a qui sa nature n'interdisait pas de se mêler officiellement au monde, tendait a se déployer et à . s'étaler au soleil, le tombeau, fuyant le jour, diminua de plus en plus ses points de contact avec l'extérieur et finit par ne plus lui présenter qu'une façade étroite, un panneau dégrossi tant bien que mal, une baie de porte ou un orifice rectangulaire taille dans le roc. A mesure que le changement s'cpéra, !j plan commun se modifia. Comme le logis princier se convertit, d'un côté en sanctuaire, de l'autre en caveau, les chambres d'hôtes, les magasins, les pièces de réception, s'altérèrent et s'ajustèrent aux circonstances. Les magasins en partie furent rejetés sur les côtés, et, s'assimilant en partie aux chambres d'hôtes, ils devinrent avec elles les entrepôts de l'offrande journalière ou les chapelles des divinités parèdres. Les salons de réception se transformèrent alors en salles hypostyles ou en cours échelonnées d'enfilade sur l'axe long du monument, d'autant plus spacieuses qu'elles furent plus éloignées du Saint des Saints. Aussi bien, pas plus que les courtisans de Pharaon, les dévots du dieu n'avaient des facilités égales à l'approcher ; peu étaient admis dans son privé, beaucoup s'arrêtaient a des salles plus ou moins voisines de lui selon que la hiérarchie les y autorisait, et le reste ne s'avançait pas plus loin que les cours ou que le parvis. Le mort de race non

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