ÉVOLUTION DU TEMPLE DE PETITE VILLE
FiG. 256.
- La façade de l'hémi-spéos de béît-oually.
(Cliché Oropesa.)
Il n'est pas téméraire de penser que le temple de Montou, bâti par Aménôthès III, présentait des dispositions semblables, mais les ruines n'en ont pas été étudiées assez sérieusement pour qu'on se hasarde à l'affirmer. Ce que l'on peut dire sans trop s'aventurer, c'est que le temple de petite ville, tel que nous le voyons à Amada, était simplement une réduction du temple de grande ville, et que celui-ci était dans 1 ensemble agencé comme lui. Le sanctuaire y était relégué à l'extrémité, contre la muraille extrême, entre deux chambres ou séries de chambres où l'on plaçait, avec les services secondaires du culte, le logis des autres dieux de la triade. Un vestibule tracé en travers de l'édifice séparait ces appartements intimes des régions accessibles au public, salles hypostyles, cours, portes monumentales encadrées de tours; des obélisques ou une garde de sphinx se dressaient en avant, sur le parvis.
Les exemples intacts de ce type sont si peu nombreux que nous ne pouvons pas suivre exactement l'évolution qu'il subit entre la
A.V111 et la P[Q 257. — L'allée de sphinx de Séboua.
XIX*^ Dynastie. (CUché Oropesa.)
FiG. 258.
La corpE de l'hémi-spéos de Gerf-Husséîn. th'après Gau.)
Elle aboutit, vers la fin de la XIX\ à une conception dont le temple de Khonsou a Thèbes est la réalisation la plus claire et la plus complète (fig. 246). La distinction y est marquée très nettement entre ce qui est accessible au public et le privé du dieu. L'un est séparé de l'autre par un mur ou deux portes sont percées : la première, sur l'axe longitudinal, est toute d'apparat, pour les cérémonies solennelles où Khonsou sort de chez lui, et pour les visites officielles des Pharaons ; la seconde, retirée vers l'extrémité Ouest, est la poterne de service, par laquelle les prêtres allaient et venaient chaque jour, et le souverain lui-même lorsqu'il se rendait familièrement chez la divinité. Au delà de cette barrière, on retrouve la division tripartite que j'ai signalée plus haut : au milieu, le logis de Khonsou, et sur les bas-côtés les chapelles des dieux paredres, puis les salles de service, mais avec des combinaisons nouvelles. Chez Ramses ill, à Karnak, on s'était contenté pour le Saint des Saints dune pièce unique où non seulement l'idole était close, mais la bari sur laquelle l'idole siégeait lorsqu'elle quittait sa retraite afin de se montrer en public. Chez Khonsou,
il y a partage en trois chambres échelonnées sur l'axe : d'abord, contre le mur du fond, un cabinet sombre qui est la résidence mystérieuse du maître de céans, puis, en avant, une antichambre
à quatre colonnes, et tiG. 259. — Façade du petit speos ri r • 1
DiBSAMBouL. «"h»^' ^ev^"t ' anticham-
(Ciiché oropesa.) bre. Une vaste salle au