‹ ÉgypteChapitre 87 sur 185 · LES TOMBES ROYALES DE THEBES · texte numérisé non relu

LES TOMBES ROYALES DE THEBES

FiG. 284. — Un prêtre en prières.

(Ostracon au Musée du Caire.)

(Cliché E. Brugsch.)

couloir en cul-de-sac, au fond duquel siégeaient les statues du mort et de sa famille, épargnées dans la masse. Le caveau se dissimulait quelque part au-dessous, tantôt ici, tantôt là, et l'on y accédait soit par un puits perpendiculaire, soit par des corridors ou par des escaliers raides. Les grosses fortunes étaient évidemment plus rares à Thebes qu'elles ne l'avaient été jadis â Memphis, mais les demi-fortunes y abondaient, et ce sont leurs possesseurs qui peuplèrent les cimetières de l'Assassif, de Cheikh- Abd-el-Gournah, de Déir-el-Médinéh, de Gournét- Mourrai :

presque tous les hypogées d'une couleur si gaie ou d'une ciselure si

fine que les voyageurs admirent dans ces lieux sont l'œuvre des

artistes que ces gens-là payaient.

Les tombes des premiers Pharaons de la XVI IL Dynastie, Ka-

môsis, Ahmôsis, Aménôthès I ,

étaient des mastabas à pyramide

du genre de celui de Mantouhat-

pou à Déir-el-Bahari, mais situés

près de Drah-abou'1-Neggah, sur

la lisière des terres cultivées ; avec

Thoutmôsis r"^, la conception

changea, et un système nouveau

s'établit, qu'on appliqua fidèlement pendant près de cinq siècles. Les parties de la tombe se

scindèrent en deux groupes : les

souterraines s'exilèrent au désert,

derrière les hauteurs qui bornent

la plaine au Nord, dans le vallon

qui s'appelle aujourd'hui Bibàn-

el-Molouk, les Portes des Rois ;

les visibles demeurèrent sur le

FiG. 285. — Deux lutteurs.

(Ostracon au Musée du Caire.)

(Cliché E. Brugsch.)

FiG. 286. — TÊTE AU TRAIT NOIK

RELEVÉ DE ROLGE.

(Ostracon au Musée du Caire.)

(Cliché E. Hruffscli.)

versant méridional de la montagne ou dans la plaine, à Déir-el-Baharî, a Cheikh-Abd-el-Gournah, à Médinet-Habou. Comme jadis le corps ou le sous-sol de la pyramide Memphite, la colline thébaine n'abrite que le couloir et les caveaux qui y conduisent. Cet hypogée est d'abord assez petit : celui de Thoutmôsis I"^ se dissimule au fond d'un trou, dans la base même de la falaise. On descend par un escalier rapide dans une antichambre carrée, d'où un second escalier mène au caveau.

Celui-ci est un parallélogramme allongé, aux angles arrondis de manière à simuler un cartouche, et une cellule ménagée vers l'extrémité, dans la paroi gauche, lui fait comme un serdab. L'entrée est à l'Est, mais l'axe des couloirs et des salles va toujours déviant sur la gauche, de manière a ramener le cercueil a l'Ouest par une sorte d'arc de cercle imparfait, et la même orientation persiste jusqu'à la fin de la dynastie, en se régularisant de telle sorte que l'axe, au lieu de décrire une courbe, trace sur le terrain deux lignes droites qui se raccordent à angle plus ou moins aigu. Les

couloirs et les escaliers descendants aboutissent à un puits carré, profond d'une dizaine de mètres a l'ordinaire, et qui était destiné aussi bien à engouffrer les eaux d'orage lorsqu'elles envahissaient le souterrain qu'à arrêter les entreprises des violateurs de sépultures. Au delà de cet obstacle, juste en face du couloir d'arrivée et au

FiG. 287. — Une baladine.

(Ostracon au Musée de Turin.}

(Cliché Lan^one.)

LES HYPOGEES ROYAUX

FiG. 288. — Un couple de bourgeois

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