‹ ÉgypteChapitre 88 sur 185 · THÉBAINS · texte numérisé non relu

THÉBAINS

Ih'après une aquarelle de H. Carter.)

niveau de celui-ci, une porte

était masquée dans la paroi, qui

livrait accès à une salle de deux

piliers : c'est là d'ordinaire que

l'axe, se repliant sur lui-même,

dévie a l'Ouest. Nouvel escalier

dans l'angle de gauche de l'hy-

postyle, puis couloir en pente

légère, enfin caveau : celui-ci a

tantôt des piliers d'étai ou tantôt

n'en a pas, et il est flanqué de

chambres de débarras pour les

offrandes, quatre en général.

Les tombeaux d'Hatchopsouî-

tou, de Thoutmôsis 1 1 1 (fig. 264)

et IV, d'Aménôthes II (fig. 266)

et III, d'Harmhabi, et plus tard

celui de Ramsès II ont été

dressés sur ce plan, avec des

différences plus ou moins sensibles dans le nombre des pièces et

dans l'étendue des parties : le corridor qui mène aux chambres

d'Hatchopsouîtou atteint la longueur de 215 mètres. Vers le début

de la XIX*" Dynastie, les architectes simplifièrent les lignes, et,

redressant l'axe, ils le firent courir droit d'une extrémité à l'autre,

ou avec un simple écart de côté vers l'endroit où le puits se serait trouvé.

L'exemple le plus connu en est l'hypogée de Sétouî r , avec son enfilade de pièces dont la dernière, demeurée inachevée, est à cent mètres de la porte extérieure.

Chaque Pharaon exécuta pour soi une variation plus ou moins heureuse sur ce thème, les uns tels que Ramsès III multipliant les cellules à droite

Fig. 289. — Deux prêtresses musiciennes. (D'après une aquarelle de Howard Carter.)

et à gauche du couloir initial, les autres, au contraire, en réduisant le nombre comme les derniers Ramsès de la XX"^ Dynastie. L'intérêt principal ne réside donc pas dans les dispositions architecturales qui sont, on le voit, assez simples : il est dans le décor de peinture et de sculpture et dans les scènes et les inscriptions (fig. 265) qui nous instruisent avec précision aux doctrines mystiques de làge Ramesside.

Les chapelles furent conçues sur un plan si ambitieux qu'elles sont pour la plupart des temples comparables à ceux de la rive droite. La plus ancienne, celle des deux Thoutmôsis et de la reine Hatchopsouîtou, est l'une des œuvres les plus originales et les

plus achevées de l'art égyptien, ce qu'on appelle aujourd'hui Déirel-Bahari, d'après le nom du couvent copte qui s'installa sur ses ruines au v\' siècle de notre ère (fig. 267). Les sanctuaires qu'elle renferme, sanctuaire central d'Amon de Thoutmôsis et de la Reine, sanctuaire d'Hathor, sanctuaire d'Anubis, sont creusés dans le rocher et la rangent parmi les demispéos : le reste est en maçonnerie libre. Placée à côté du mastaba-pyramide de Mantouhatpou, on pourrait croire qu'elle lui a emprunté quelques-uns de ses éléments : il n'en est rien, et jamais édifices n'ont été plus dissemblables. Elle remplissait tout le creux Nord du vallon, et elle se présentait sous l'aspect le plus imposant à qui l'abordait par la plaine : trois terrasses s'étagent en retrait l'un? au-dessus de l'autre, réunies par deux rampes douces le long desquelles montait, en guise de main courante, un serpent aux replis écailleux sculpté dans le calcaire. Les inférieures étaient garnies de portiques sur trois de leurs côtés, mais les deux de l'Ouest sont soutenues de piliers carrés et celui du Nord de colonnes polygonales d'une blancheur éclatante : l'allure en est si noble et le

Fig. 290. — Les deux petites filles

D'AiMÉNÔTHÈS IV, A El-AmARNA.

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