A TERRE, UNE JAMBE A PLAT
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
Ramesséum, à la gauche de la première cour, on voit se dessiner sur le sol les arases d'un édifice que l'arrangement des pièces nous prouve avoir été un lieu d'habitation, une des maisons de Ramsès 11. A Médinét-Habou, on retrouve des ruines analogues dans la même situation ; le portique méridional de la première cour, avec ses huit colonnes campaniformes, était comme la face religieuse d'un palais de Ramsès III détruit aujourd'hui (fig. 275). Trois portes y accédaient, et, d'une sorte de tribune dont le balcon saillait au milieu de la muraille. Pharaon assistait aux pompes du culte sans avoir besoin de se mêler a la foule. La bâtisse était en briques, avec des éléments de pierre et de terre émaillée : elle a été bouleversée par les chercheurs d'engrais et les fouilleurs d'antiquités, mais les restes d'une villa d'Aménôthés 111, visibles encore à près d'un millier de mètres vers le Sud, nous donnent lidée de ce qu'elle était. Comme le château féodal d'autrefois, le palais thébain affectait la forme du rectangle, et un mur de bonne épaisseur, presque sans portes m fenêtres, l'enveloppait. Le mur franchi, on s'enfonçait dans un labyrinthe de courettes, de salies à colonnes, d'alcôves, de réduits sombres, se commandant l'un à l'autre et aboutissant parfois â des culs-de-sac. Le gros œuvre est de briques sèches, dont quelques-unes sont estampillées aux cartouches du roi. Le sol est d'une argile damée fortement et devenue, sous le pilon, presque aussi dure que la pierre. Les murs étaient enduits d'un crépi de boue sem-
Fig. 299. — Arpenteur
portant son cordeau.
(Cliché E. Brugsch.)
FiG. 3oo. — Ramsès poussant une barque (détruite). (Musée du Caire.) (Cliché E. Bruffsch.)
blable à celui qu'on emploie aujourd'hui dans les villages. L'aspect des lieux ne nous permet pas de conjecturer partout comment la vie domestique y était répartie. On devine pourtant que deux halles oblongues, soutenues par deux files parallèles de colonnes en bois à bases de calcaire, étaient des salles de gardes : la foule des courtisans et des officiers de la couronne s'y amassait et y prenait position selon l'ordre hiérarchique, les jours d'audience. Une antichambre modeste conduisait de là au cabinet privé : les personnes admises à l'honneur de la présence royale apercevaient devant elles, encadré entre deux colonnes de bois peint, le dais où Pharaon daignait s'exposer à leurs regards. Les cabinets de bain étaient nombreux : trois d'entre eux contiennent encore les conduites d'eau et les dalles de pierre sur lesquelles le baigneur s'accroupissait ou se couchait pour qu'on l'essuyât ou qu'on le massât. Quelques chambres à coucher se succèdent dans le voisinage avec la plate-forme sur laquelle le lit se dressait. D'autres pièces, petites et nues, paraissent avoir appartenu à la domesticité : on ne sait pas où étaient les cuisines et les magasins. Somme toute, nous avons là, sur le terrain, l'une de ces résidences princieres dont
FiG. 3oi. — Aménôthès II
ET LE SERPENT MaRÎTSAKRO.
(Musée du Caire.) (Cliché E. Brugsch.)
fiG. 3o2. — Deux prisonniers liés