DE SA1NT-GÉDÉON, CORINE
CORINE
Là, c’est bien fait pour vous, vieux mauvais sujet.
DE SAINT-GÉDÉON
Mauvais sujet, oui, mais vieux...
CORINE, riant.
C’est juste, j’oubliais que vous n’avez que trente-neuf ans.
DE SAINT-GÉDÉON
J’ai triché un peu, allons, j’ai triché un peu... Méchante; qu'est-ce que ça fait si je ne parais pas plus!
CORINE
Oh! vous êtes charmant!
DE SAINT-GÉDÉON
Charmant, non... Mais quand on pense qu’étant petit j 'étais affreux !... Comme je me suis conservé, nein ?
CORINE
Vous n!avez pas changé !
DE SAINT-GÉDÉON
Air: Le premier pas.
Un cheveu blanc,
Chez moi rien ne l'indique,
Je suis très-franc,
Je n’ai pas un ch'veu blanc.
Chrisloph’ Culomb, qui trouva l'Amérique,
N’eût pas trouvé, sur mon front magnifique Un cheveu blanc.
CORINE
Vous n’en aurez jamais.
DE SAINT-GÉDÉON, s’oubliant.
Jamais ! (Elle rit aux éclats. Se reprenant.) Si... si... plus tard. (Lui prenant la taille.) Lutin.
(Chantant.)
Allons, ma belle,
Paie à ton tour...
D’un peu d amour Le troubadour Comme dans Jean de Paris.
CORINE (se débattant).
Je no connais pas Jean de Paris, finissez.
DE SAINT-GÉDÉON
Vous ne connaissez pas Jean de Paris! c’est dans la Grdce- - de-Dieu I
(Chantant.)
L’enfant que le ciel vous envoie Vous le gardez gens de Paris.
Voyons, retournons vers le polygone... je connais un petit chemin qui abrège.
Kil I I.AMBKHT I
« CORIXE.
Il abrège trop... j'aime mieux la grande roule.
DE SAIXT-GÉDÉOX.
Oh ! la grande route, on ne peut pas causer.
CORIXE.
Causer de quoi ?
nE SAIXT-GÉDÉOX.
Causer... de ce que je vous donnerai pour votre fête.
CORIXE.
Je veux cette jolie pendule... vous savez... qui marque les jours, les mois...
DE SAIXT-GÉDÉOX.
Vous aurez une pendule qui marque les heures, les jours, les mois... et le linge; allons venez... nous irons souper après-nous mangerons du macaroni, que vous aimez tant.
CORIXE.
Avec du fromage de parles moi z’en.
DE SAIXT-GÉDÉOX.
Je vous en parlerai si vous voulez, je n’ai pas un mauvais caractère ; venez, chère belle.