G et P. X 427 f ia;( dritte kint
l8 ERNEST MURET
Molt les vi ja taisant et muz, Qant li Morhot fut avenuz. 9, 14-15 Qiint le Morhout prist ja ci port, Qui ça venoit por nos enfanz, Nos barons fist si toz taisanz, Qiie onques n'ot .1. si hardi Qiie s'en osast armer vers lui.
Vos enpreïstes la bataille Por nos trestoz de Cornoualle Et oceïstes le Morhout, 40, 4-1 1.
Il ne faudrait pas donner un sens trop précis aux mots taisant et mai, qui ne répondent à aucun détail des autres récits. C'est par une expression analogue que M. Hertz (p. 133) traduit en les résumant les vers 6280-90 de Gottfried de Strasbourg :
Wir muszten sttimnr den zwang ertragen.
Selon Gottfried et la saga, le Morhout est présent à l'assemblée des Cornouaillais où les jeunes victimes doivent être désignées par le sort ; après beaucoup de discours, le combat singulier est fixé à trois jours. Dans la version d'Eilhart et la prose, les messagers irlandais déclarent que leur chef ne se battra qu'avec un homme de son rang ; c'est alors seulement que Tristan fait connaître sa parenté avec le roi Marc. Celui-ci, au moins d'après Eilhart, s'est engagé par serment à laisser combattre quiconque oserait affronter le Morhout. Comme dans la version de Gottfried, il essaye en vain de détourner son neveu d'une si dangereuse entreprise.
La mise en prose et le remaniement d'Eilhart, le poème de Berne (v. 100)^ les traducteurs allemand et anglais de Thomas placent le lieu de la rencontre sur une petite île; Chrétien de Troyes et le roman français nomment l'île Saint-Samson, l'une des Scilly^ Au témoignage de Thomas et du prosateur, Tristan repousse son bateau à la mer :
« sô hât ouch jener, der dâ gesiget,
« an disem einen genuoc,
« daz dich dâ her zem werde truoc. » G 6808-10.
Les manuscrits d'Eilhart sont fort corrompus en cet endroit;