‹ Eilhart d'Oberg et sa source francaiseChapitre 14 sur 56 · Page · texte numérisé non relu

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décrit le combat de Tristan avec un monstre marin et la confusion du sénéchal Aguinguerrant. Comme dans la version de Thomas, la reine Iseut assiste à la découverte de Tristan, empoisonné par le venin du monstre et mourant au bord d'une source. Les autres rédactions du roman ne semblent avoir gardé aucun souvenir du combat avec le dragon. C'est dans cet épisode qu'on rencontre pour la première fois un personnage secondaire de la version arthurienne, récu3^er Perinis ÇPeronîs R, Perenîs X), mentionné à deux reprises seulement dans Gottfried, nulle part dans la saga ni dans le Sir Tristrem. Brangien (^Brangêne) est commune à toutes les versions.

Les mêmes scrupules rationalistes qui ont donné lieu à la polémique de Thomas et de Gottfried contre leurs prédécesseurs ont effacé de la prose le beau conte des deux hirondelles, se disputant le cheveu d'or, et de la seconde navigation aventureuse de Tristan. Des allusions de Béroul et du poème de Berne concordent bien avec la version d'Eilhart^ Les ennemis de Tristan ne sont que vaguement désignés dans cet épisode. D'après la traduction tchèque, ce sont les grands seigneurs qui s'opposent à ce que Marc le fasse son héritier. La même expression se retrouve dans un vers (1420) du remaniement :

ez was den hêren ungemach.

Mais ce texte nomme habituellement les parents du roi^

des koninges nêste mage, 1345

préparant ainsi le rôle d'Audret, le cousin et l'ennemi le plus acharné de Tristan.

Le philtre d'amour et le mariage d'Iseut (2259-2862 et fg. IV). La vertu du philtre est limitée dans la version d'Eilhart à quatre ans, à trois dans celle de Béroul. Ailleurs l'effet en a une durée iUimitée : aussi l'amour de Tristan et disent ne finit pas même avec leur vie. Le poète allemand redit timidement cette belle histoire de la vigne et du rosier qui, plantés sur chacune des deux tombes, se rejoignent et croissent inséparablement : 7nan sagt aher es geschehe ans krafft und luiirckung des trancks (P 20 1 , 19). Il est curieux de voir comment Eilhart cherche à conciHer les

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