Cf. Romania, XV, p. 517, nos 26 et
deux données contradictoires. L'homme et la femme, dit-il (2279-300), qui avaient goûté le breuvage amoureux, devaient s'aimer toujours; mais durant les quatre premières années leur amour était si violent que, si on les avait séparés, ils en seraient morts.
La mère disent a confié le boivre à Brangien, qui en a la garde durant la traversée. Elle est donc responsable de la fatale méprise, que les amants déplorent tant de fois dans la suite de leur vie :
« Ce fist Brangien qui dut garder,
« Lasse ! si maie garde en fist. » B 107, 8-9.
Béroul veut-il donner à entendre que c'est Brangien, comme dans le Sir Tristrem, qui a apporté le breuvage à Tristan et Iseut? Des allusions du poème de Berne (vv. 174 et 3 16) le font supposer. Dans la saga et le petit poème du manuscrit Douce, c'est un valet. Mais le récit norvégien, décrivant plus tard « une petite figure modelée d'après Bringvet, la suivante de la reine, » et placée dans la salle des images, offre un accord inattendu avec la version anglaise :
Elle tenait à la main un vase couvert, qu'elle offrait d'un air riant à la reine Isond; tout autour du vase se trouvaient les paroles qu'elle avait prononcées : « Reine Isond, prends ce breuvage, qui a été préparé en Irlande pour le roi Markis. » (ch. LXXX.)
A ce que raconte J. Maugin, Tristan et Iseut, jouant aux échecs en mer, ont soif. Gouvernai va chercher à boire; Brangienne lui remet le vase ou estoit la mixtion incitative à t Amour (f° 181). La faute de Brangien est, peut-être à dessein, atténuée autant que possible dans la version d'Eilhart, visiblement imitée par Gottfried :
nune was dâ niemen inné dô was der schenke achtir wegin. âne die kùniginne
dô sprach'ein juncfrauwelîn^ : wan kleiniu juncfrouwelîn.
« ich wéne, hère, hie steit wîn. >•> der einez sprach : « seht, hiestàtwîn.
Selon la saga et le Sir Tristrem, le roi Marc boit le soir des noces ce qui reste du philtre; selon Gottfried, il boit du vin