IV (M) 23-25 = X
Gottfried et le frère Robert ^ disent seulement qu'Iseut est confiée à la garde de Tristan.
Tentative de meurtre sur Brangien (2863-3080 et fgs V, VI, VII et VIII, 1-57). Les deux principales versions ne présentent pas de différences notables. Il faut cependant remarquer que le lieu du guet-apens n'est pas le même. D'après la version de Thomas, Brangien va dans une forêt cueillir des simples pour sa maîtresse, qui se dit souffrante. Sous le même prétexte, Iseut l'envoie, dans le récit d'Eilhart, puiser de l'eau à la fontaine du verger, cette même fontaine auprès de laquelle Tristan et la reine auront plus tard leurs entrevues. Le touchant et poétique apologue auquel Brangien doit son salut a sans doute choqué le prosateur par sa naïveté franche et un peu populaire. Ecrivant pour un public distingué et délicat, il a cru devoir remplacer les deux chemises par deux lis. La haute société du xii^ siècle n'avait pas de ces scrupules de pruderie; Raimbaut d'Orange dit à sa dame (JSIon chant per au^eï) : 3
Sobre lotz aurai gran valor, S'aitals camisa m'es dada Cum Iseus det a l'amador, Que mais non era portada.
Tristan moût prezet gen prezen....
D'aital sui eu enquistaire.
C'est là sans doute une allusion au poème perdu de Chrétien de Tro3^es ou à celui de Béroul. La forme Iseut, habituelle en
1 . C'est à ce vers que s'arrête la plus ancienne traduction tchèque. Dans les épisodes suivants, le continuateur imite Gottfried de Strasbourg.