I. Béroul, 5, II et passim
d'amour, ne retrouve la santé qu'après que Brangien lui a ménagé des entretiens avec Iseut; afin de dérouter les soupçons, il feint cependant d'être encore souffrant. La chasse, conseillée par le nain, n'est qu'une ruse pour surprendre les coupables. Comme Thomas, Eilhart et Béroul les font se rencontrer dans un jardin planté d'arbres :
und was in detn bômgarten « Tristran, tes nies, vint soz cel pin
als dicke, als in des luste. « Qui est laienz en cel jardin.
Le court passage descriptif de la seconde partie du fragment de Béroul (p. 205) s'accorde mieux avec les descriptions de Thomas qu'avec celles d'Eilhart. On parvient sous la fenêtre de la reine
Par la fraite du nuef jardin. 205, 8
C'est par le même chemin que, dans la saga, Tristan pénètre auprès d'Iseut et que Mériadoc suit ses traces dans la neige :
Lorsqu'il vint à la clôture du verger, il poussa une planche à l'endroit où
il avait accoutumé d'entrer^ Et quand il vint au verger, il trouva
aussitôt l'ouverture par où Tristram s'était glissé à l'intérieur (ch. LI).
Un ruisseau coule au pied des murs de l'appartement :
Triés la chanbre est grant la doiz. 205,5
Dans l'opinion de Thomas, ce ruisseau sort de la fontaine du verger, au bord de laquelle les amants se donnent des rendezvous; le courant porte sous les yeux de la reine les copeaux marqués de runes, d'après la version anglaise, ou bien d'un T et d'un I, d'après Gottfried, au moyen desquels Tristan annonce à Iseut sa présence auprès de la fontaine. Le récit d'Eilhart semble bien conserver ici l'empreinte d'un état de civihsation moins avancé :