I. Lichtenstein, p. CXCVII
dit-elle (19,20), en racontant Tentrevue à Brangien. Suivant Thomas, Tristan demeure immobile, au lieu d'aller, comme d'habitude, à la rencontre d'Iseut; au dire d'Eilhart (P 72,
Herr Tristrant stonde nitt auffgegen ir, als die kùnigin das von jm gewon war, und wincket ir verholen, als vil er dann mochte.
Iseut parle la première ^ C'est ici que commence le texte de Béroul; lui seul et Gottfried ont un récit détaillé. L'entretien des amants, omis par la saga, fort écourté dans le Sir Tristrem, est abrégé par Eilhart :
der frowin wîsheit des scein,
daz siu ir ouge dar niht ne kârte , . . .
und rehte alsô gebârte, Que nul semblant de rien en face,
aise si ir dà niht ne wiste, Corne ele aprisme son ami,
und sprach mit grôzir liste : Oiez com el l'adevanci. « Tristrant, waz sold ich her zô dir ?» « Sire Tristran, por Deu le roi ! .... » IX, 113-118 3, 1-4
Cette question qu'Eilhart met dans la bouche d'Iseut et quelques traits épars tiennent seuls lieu des longs développements de Béroul (p. 3-7) et de Gottfried (14720-96). Là, Iseut accable de reproches Tristan et se justifie habilement des soupçons du roi Marc.
« Mais Dex plevis ma loiauté, »
lui font dire les deux poètes (G 14768-70) et le traducteur anglais (2133-34),
« Qui sor[e] moi mete flaele,
« S'aucuns*, fors cil qui m'ot pucele,
« Out m'amistié encor nul jor. » B. 4, 11-14
C'est probablement à dessein qu'Eilhart ou sa source a effacé du rôle d'Iseut ce trait de duphcité. L'épisode du jugement de Dieu et du serment trompeur de la reine, raconté dans Thomas et dans Béroul, fait également défaut dans le vieux poème