‹ Eilhart d'Oberg et sa source francaiseChapitre 23 sur 56 · Ed. onques · texte numérisé non relu

Ed. onques

allemand. L'esprit héroïque et militaire dont il est pénétré devait réprouver la subtile casuistique qui règne dans ces passages.

Dans Eilhart, la réponse de Tristan ne se compose que de quatre vers :

« frowe, daz ir helpint niir, « Dame, je vos en cri merci,

« daz mir mîn hère sîne hulde gebe, « Tenez moi bien a mon ami.

« und mili abir lâze wesin, « Qant je vinc ça a lui premier,

« als ich ê was, an sîneme hobe. « « Com a seignor i vol torner(?).)) 119-123 10, 17-20; cf. p. II.

Béroul (p. 7-10) motive longuement cette prière, en rappelant les services de son héros et en affirmant hautement, comme Gottfried (14797-832), l'innocence de Tristan. Iseut refuse avec dureté (B. p. 11-12) de se compromettre pour lui; elle feint même, dans l'ancienne version allemande (IX, 123-138), d'éprouver de la haine pour son amant. Les motifs que lui prête Eilhart appartiennent originairement, si nous en croyons l'accord de Béroul et de Gottfried, au premier discours d'Iseut :

« wane ich bin ze worte comen « Et il ont fait entendre au roi

« von dir âne mine scolt. « Que vos m'amez d'amor vilaine.

IX, 129-130; cf. 135-136 6,1-2

« man liât sô michel maere « von iu gemachet und von mir.

G. 14750-51 « ich was dir durch mînin hêren holt, « Por ce qu'ères du parenté, « wane dû sîn nebe wêrist. « Vos avoie je en chierté.

Dans le récit d'Eilhart, Tristan interrompt sa maîtresse, pour se plaindre de l'injustice de Marc, et réitère sa demande :

« wiltû mir eine wesin guot, « Fors a vos ne sai a qui plaindre.

« Et il autretant me priout

« sô werdint mir sîn hulde, « Que l'acordase a mon seignor,

« wane er âne sculde « Qui a grant tort ert a error

« hât gezornit wider mich. » « Vers lui de moi.... »

IX, 145-148 ; cf. 143-144 20, 5-8 ; cf. 9, 10-12 et 10, i — 4.

Cependant Iseut s'adoucit un peu, tout en persistant dans son refus :

« ich ne helfe dir niht dâ zô. « Par foi , ja n'en dirai parole.

« Et si vos dirai une rien, « Si vuel que vos le saciés bien, « wil dir mîn hêrre genâde tuo, « Se il vos pardounot, beau sire,

« des gan ich dir wol und ist mir lieb, « Por Deu, son mautalent et s'ire, « ich ne biten in aber dar umbe niet, « J'en seroie joiose et lie. »

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